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22 juin 2014 : Journée Nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe

L’année 2014 marque la 14e édition de la Journée Nationale de réflexion sur le don d’organes, de moelle osseuse, la greffe et de reconnaissance aux donneurs. Il s’agit d’inciter chacun à transmettre sa position à ses proches sur le don de ses organes après la mort.

Donneur ou pas ? Etre pour ou contre le don d’organes post-mortem est un choix qui engage chacun, mais aussi les proches. Il est donc essentiel de faire connaître votre position à son entourage. Le 22 juin, l’Agence de Biomédecine invite le grand public à exprimer son opinion. Même si vous portez une carte de donneur sur vous, sachez qu’elle n’a aucune valeur légale. Elle constitue une trace de votre accord, mais l’équipe médicale consultera, malgré tout, vos proches avant d’envisager tout prélèvement.

Si une grande majorité de Français (81%) se déclarent favorables au don d’organes, ils sont bien moins nombreux à faire connaître leur position à leurs proches. Cette Journée est donc l’occasion d’exprimer sa position à sa famille et de réfléchir sur le sujet.

Le prélèvement d’organes n’est possible que dans des conditions rares. Le greffon (ou organe greffé) provient d’une personne décédée, au sein d’un service de réanimation, en état de mort encéphalique. Ce type de décès survient suite à l’arrêt définitif du fonctionnement du cerveau, le plus souvent après un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme crânien. Or, cette situation représente à peine plus de 1% des décès hospitaliers enregistrés en court séjour. Le greffon est donc un bien précieux pour les patients en attente de greffe.

Le rein est l’organe le plus greffé.

Depuis 1991, le nombre de patients greffés s’élève à 88 188. En 21 ans, le nombre de greffes a augmenté de 42%. Le rein est l’organe le plus greffé avec une hausse de 53% sur 20 ans,  suivi par le foie qui a augmenté de plus de 66%. La greffe de poumon a, quant à elle, augmenté de 32% entre 2010 et 2012, grâce à des critères de prélèvement redéfinis en profondeur. La greffe du cœur a bien diminué en raison de l’amélioration de techniques alternatives. Quant aux greffes de l’intestin et du pancréas, elles se font plus rares. 

Pourtant, même si le nombre de greffes s’est accru, il ne suffit toujours pas à résorber l’attente. En 1997, 8 733 personnes étaient en attente d’une greffe, contre 17 626 en 2012, soit plus du double. Par ailleurs, les progrès des techniques médicales et chirurgicales ont permis d’élargir les cibles. En 1996, le donneur était âgé, en moyenne, de 37 ans, contre 55 ans en 2012. Le receveur, quant à lui, avait 42 ans, en moyenne, en 1991, contre 50 ans en 2012.

Patients de tous âges, du bébé à des personnes de plus de 70 ans.

La mobilisation de tous reste donc indispensable. Actuellement, les greffes d’organes sont le seul moyen envisageable pour sauver la vie de certains patients ou remédier à des astreintes très éprouvantes, comme les séances répétées de dialyse. En 2004, Mgr Jean-Pierre Ricard a publié un Editorial dans l’Aquitaine, sur l’importance de ce geste. 

« Les organes vitaux ne peuvent être prélevés (à part le don d'un rein dans certaines circonstances) que sur des personnes décédées en état de mort cérébrale, souvent après un accident. Les médecins s'adressent alors aux proches parents. Ceux-ci, déjà bouleversés par la soudaineté de la mort, voient leur souffrance ravivée par la demande de prélèvement d'organes sur un être cher. Un tel désarroi amène plus d'une famille à refuser un tel prélèvement. On peut comprendre une telle souffrance. Celle-ci pourrait être moindre si l'éventualité de prélèvement avait fait l'objet d'une réflexion personnelle et d'échanges en divers lieux, et d'abord au sein de la famille ».

Parmi les malades qui peuvent être amenés à recevoir un jour une greffe d’organes, on rencontre des personnes atteintes de malformation cardiaque, de mucoviscidose, d’insuffisance rénale terminale, ou encore de certains cancers… On rencontre également des patients de tous âges, du bébé à des personnes de plus de 70 ans. 

Le greffon est attribué en priorité aux malades répondant aux critères d’urgence.

La décision de greffer est prise par un médecin, au cas par cas. Tout dépend de l’évolution de la maladie, de l’efficacité des traitements prescrits, et de l’état de santé général du patient. Pour certaines pathologies, la greffe d’organes peut représenter le seul traitement. C’est le cas pour les maladies virales du foie (cirrhose) ou aiguë du foie, pour certaines tumeurs cancéreuses du foie à un stade précoce ou encore certaines maladies du cœur (infarctus, pathologies ischémiques) ou atteintes pulmonaires.

Le médecin envisage le remplacement de l’organe déficient lorsque plus aucun traitement ne fonctionne. La greffe devient alors vitale pour le patient, d’autant plus si elle concerne le cœur, le foie ou les poumons. Une fois que la décision de greffer est prise, le médecin inscrit le patient sur la liste nationale d’attente de greffe, gérée par l’Agence de la Biomédecine. L’attente peut durer des mois, voire des années, en raison de la pénurie d’organes à greffer. Une fois qu’un greffon est disponible, il est attribué en priorité aux malades répondant aux critères d’urgence, définis dans les règles d’attribution. Malheureusement, il arrive que certains malades décèdent en liste d’attente. 

La répartition des greffons tient compte des priorités médicales.

La répartition des greffons tient compte des priorités médicales et des déplacements géographiques auxquels seront soumis les greffons. Certains patients de la liste d’attente sont toutefois prioritaires : les enfants, les receveurs dont la vie est menacée à très court terme, les receveurs pour lesquels la probabilité d’obtenir un greffon est très faible du fait de caractéristiques morphologiques ou immunogénétiques particulières.

En l’absence de receveur prioritaire, l’attribution s’effectue par échelons géographiques successifs : local, régional et national, en tenant compte des règles spécifiques à chaque organe. L’Agence de la Biomédecine s’attache à réduire le temps entre le prélèvement et la greffe, en diminuant au maximum la distance à parcourir pour le greffon. Elle vise, ainsi, à préserver la qualité du greffon et optimiser les réussites de la greffe. Un greffon, adapté à aucun patient français en attente, sera proposé à l’échelon international aux organismes européens homologues de l’Agence de la Biomédecine.

Nous sommes tous présumés donneurs.

En France, le don d’organes se situe sous le régime du consentement présumé : nous sommes tous présumés donneurs. Jusqu’à 18 ans, ce sont les parents, ou les tuteurs légaux, qui prennent la décision de prélever. Cependant, si l’enfant avait fait part d’une volonté personnelle sur le don d’organes, elle sera prise en compte. 

Le registre national des refus répertorie les personnes qui ont souhaité laisser une trace légale de leur opposition à toute forme de prélèvement d’organes ou de tissus après leur décès. Ces personnes peuvent s’y inscrire dès l’âge de 13 ans. Il suffit de télécharger le formulaire proposé sur cette page, et de l’envoyer à l’adresse indiquée, en joignant la copie d’une pièce d’identité officielle (carte d’identité, permis de conduire, titre de séjour, ou encore passeport). L’équipe médicale, qui fait face à un donneur d’organes potentiel, consulte systématiquement ce registre, et arrête immédiatement les démarches de prélèvement si le nom de ce patient apparaît.

Consentement présumé, gratuité du don et anonymat entre le donneur et le receveur.

Les principes juridiques qui encadrent le don, le prélèvement et la greffe d’organes sont énoncés par la loi relative à la bioéthique du 6 août 2004, modifiée le 7 juillet 2011. Trois principes majeurs ont été posés : le consentement présumé, la gratuité du don, ainsi que l’anonymat entre le donneur et le receveur.

Chaque année, une campagne télévisée est lancée, en faisant appel à la générosité d’un comédien reconnu. Cette année, c’est le comédien Gilles Lellouche qui s’adresse aux Français pour les inciter à transmettre leur position.

Et vous, avez-vous fait part de votre position ? N’attendez plus, et parlez-en avec vos proches !

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