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AP-HP: la direction annonce une baisse de la mobilisation, les syndicats contestent

La direction de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé jeudi une baisse de la mobilisation au sein du personnel contre son projet de réorganisation des rythmes de travail, affirmation que les syndicats ont par la suite contestée.

Une troisième journée de protestation contre le projet de la direction générale de l'AP-HP était organisée jeudi par l'intersyndicale CGT-FO-SUD santé-CFDT-CFTC-Unsa-CFE-CGC, rappelle-t-on.

Après avoir annoncé vers 10 heures un taux de mobilisation de 18,8%, la direction de l'AP-HP a annoncé vers midi que le taux définitif s'établissait à 21,5%.

Elle a rappelé dans le même temps que le taux de mobilisation avait été de 34% le 21 mai, lors de la première journée de mobilisation contre le projet de réorganisation des temps de travail. Le 2 juin, à l'occasion de la deuxième journée, l'AP-HP avait annoncé un taux de 24%, rappelle-t-on.

Interrogés par l'APM lors du rassemblement qui s'est tenu jeudi matin devant le siège de l'AP-HP, avenue Victoria, des représentants des syndicats CGT et FO ont contesté le taux de mobilisation annoncé par l'institution, estimant que tous les grévistes qui se déclarent mais travaillent (notamment ceux faisant grève seulement une heure) n'étaient pas comptabilisés.

Comme les fois précédentes, les manifestants, qui étaient venus de tous les hôpitaux de l'AP-HP à plusieurs centaines, ont réclamé le "retrait" du projet de la direction.

"Nous exigeons le retrait de ce plan malgré les sanctions [prises] et les tribunaux [qui sont saisis] et nous réclamons le remboursement de tous les jours de grève", a affirmé au micro la représentante de l'Usap CGT, Rose-May Rousseau.

"Si Martin Hirsch ne retire pas son projet, le mouvement s'étendra demain à l'ensemble du territoire", a-t-elle prévu en indiquant que des délégations d'hôpitaux n'appartenant pas à l'AP-HP étaient présentes, notamment du centre hospitalier Sud-Francilien.

Un représentant des élus communistes de la ville de Paris a pris aussi la parole pour exprimer "le soutien et la solidarité" de ces élus, estimant que la mobilisation portait "un enjeu de société".

Vers 11h30, les manifestants ont quitté l'avenue Victoria pour se diriger le plus près possible du Palais de l'Elysée. Malgré la demande des syndicats, il n'était pas prévu qu'une délégation soit reçue au palais présidentiel, précise-t-on.

Lors du rassemblement, des responsables syndicaux ont regretté que le conseil de surveillance de l'AP-HP ne se tienne pas au siège mais à l'hôtel Scipion (Vème arrondissement) et ont estimé que ce transfert visait sans doute à éviter une rencontre avec les agents qui sont mobilisés.

Les deux représentants syndicaux (de la CGT et de SUD) qui sont membres de cette instance, ont annoncé qu'ils ne participaient pas à l'instance jeudi matin.

Les sept syndicats ont adressé mercredi à la présidente du conseil de surveillance, Anne Hidalgo, une lettre ouverte dans laquelle ils expliquent que le projet de réforme constitue "un tour de vis infligé à l'hôpital public, via ses personnels et au détriment de la qualité et sécurité des soins".

"C'est une réforme d'esprit ultra-libérale", dénoncent-ils.

Les syndicats demandent à Anne Hidalgo d'intervenir auprès du directeur général, Martin Hirsch, pour qu'il "retire définitivement son projet".

Ils font part aussi de leur souhait d'avoir "une discussion très sérieuse sur l'organisation et les conditions de travail, la reconnaissance du temps de travail accompli et sur la réévaluation des salaires gelés depuis de nombreuses années".

Lors du rassemblement, des représentants syndicaux ont relevé que l'AP-HP avait annoncé un excédent à son compte de résultat principal de 40 millions d'euros en 2015.

www.apmnews.com - san/ab/APM polsan

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