Bienvenue

Burn-outs en série au Centre Hospitalier de Fontainebleau

Le personnel soignant de l’hôpital est à bout. Faute d’un nombre suffisant de remplaçants, les soignants sont appelés à leur domicile pour combler les vides. Contacté par l’Intersyndicale, le journal « La République » fait état du désarroi de ces professionnels de santé. 

A bout, les traits tirés, le visage fermé, ce sont de lourds stigmates laissés par le retour à l’équilibre financier … Les soignants de l’hôpital n’en peuvent plus. « Nous sommes au bord de la rupture », s’inquiète une infirmière. 

En mars 2013, les soignants avaient tenté d’alerter l’opinion publique sur les conséquences du retour à l’équilibre financier de l’hôpital. Plus d’un an après, la situation ne semble pas s’être améliorée. 

« Cela fait deux ans que nous sommes passées en 12 heures, contre 8. La politique de gestion des ressources humaines est inexistante, on compte sur la bonne volonté des agents pour boucher les trous »

Des appels incessants.

En fait, les soignants sont très souvent appelés pendant leurs congés pour dépanner, faute de remplaçants disponibles. « Ce sont des appels incessants », déplore une aide-soignante. « Ils jouent sur la culpabilité. Mais cela ne marche plus, et la plupart ne répondent plus. Moi, je filtre mes appels. C’est très dangereux car le jour où le plan Blanc sera déclenché, quand il y aura un gros pépin, personne ne répondra ! »

L’absentéisme ne cesse d’augmenter. Les départs ne sont pas non plus remplacés ; la pression est forte pour les soignants. « Un de nos collègues est parti à 20h30 après une journée de travail de 12h45. On lui a demandé de revenir à 4h45 par manque de personnel. Comment voulez-vous travailler correctement dans ces conditions ? ». « Tout le monde est stressé et fatigué. Certains craquent et se cachent pour pleurer ! »

J'aurais dû mieux faire.

Le personnel déplore de ne pas être écouté par la direction. Le directeur intérimaire actuel, Dominique Blot, doit gérer seul trois hôpitaux, suite au départ de Jérémie Sécher. Le 11 mai dernier, le personnel a adressé un courrier à Stéphane Blot pour lui faire part de leurs ressentis. « Quand je 

rentre chez moi, je ne suis pas contente de mon travail. Je me dis que j’aurais dû mieux faire. On aime notre métier et nos patients. C’est pourquoi, on vit aussi mal cette situation », explique un agent de service. 

Les faits relatés dans le courrier ont déjà été corrigés, via des actions correctives, telle que la mise en place de procédures de gestion de l’absentéisme. Ces outils tendent à améliorer les conditions de travail, tout en veillant en permanence à garantir la continuité du service public hospitalier. 

Mise en place d'un pool de remplacement suffisant.

Dominique Lecerf, de l’Intersyndicale, réclame « la mise en place d’un pool de remplacement suffisant, en respectant le planning de travail et les temps de repos ». L’effectif du pool de remplacement doit être renforcé, en passant de trois à cinq infirmiers à temps plein, et ceci, à compter du début de la période estivale. 

Il est également prévu que l’hôpital se dote de moyens pérennes de remplacement de l’absentéisme de courte durée. L’objectif est de concilier et atteindre l’amélioration des conditions de travail, ainsi que d’atteindre la continuité du service public hospitalier. Une première évaluation devrait être réalisée en octobre, en étroite concertation avec les représentants du personnel.

1 commentaire

Déjà inscrit

 Se souvenir de moi

Pas encore inscrit ? Rejoignez La Passion du Soin !

 J'accepte les conditions générales d'utilisation de La Passion du Soin

A lire aussi

Le mouvement de grève dans les blocs opératoires se poursuit à l’hôpital toulousain Pierre-Paul Riquet. Plus d’une opération sur deux est reportée. Les grévistes boudent la configuration des salles du nouvel hôpital qui les oblige à parcourir de nombreux kilomètres chaque jour.