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Canicule : Marisol Touraine annonce une surmortalité de 7% entre le 29 juin et le 5 juillet

La ministre de la santé Marisol Touraine a annoncé jeudi que la semaine de canicule, du 29 juin au 5 juillet, avait provoqué 7% de décès de plus par rapport à la moyenne observée à la même période de l'année sans épisode de canicule, soit 700 décès.

Marisol Touraine a dressé jeudi lors d'une conférence de presse "un premier bilan transparent" de la canicule qui a frappé la France fin juin-début juillet.

Elle a expliqué que ce bilan était effectué à l'aune de deux critères : "la capacité de notre système de santé à faire face à des sollicitations accrues" et "l'impact sanitaire de la canicule, notamment en matière de surmortalité".

Cette vague de chaleur a été "précoce", a-t-elle rappelé. Elle a débuté le 29 juin et s'est terminée le 8 juillet. "Les épisodes caniculaires sont rares à cette période de l'année", a-t-elle commenté.

"Cet épisode a aussi été particulier par l'intensité de certains pics de température", a-t-elle précisé, citant "des records absolus de températures autour de 40 degrés", notamment dans les régions Lorraine, Alsace, Bourgogne et Rhône-Alpes, "plus particulièrement exposées".

Elle a annoncé que les "premières données définitives" transmises par l'Institut de veille sanitaire (InVS) sur la période 29 juin-5 juillet confirment une surmortalité. "Tout épisode de canicule s'accompagne nécessairement d'une surmortalité", a-t-elle prévenu. "L'enjeu est de tout faire pour que celle-ci soit la plus contenue possible".

Pendant cet épisode, 700 décès de plus ont été enregistrés, soit 7% de plus que la moyenne à la même période les années précédentes. Elle a comparé ces chiffres avec les 15.000 morts (soit 55% de décès supplémentaires) de 2003 et les 2.100 décès (soit 9% de décès supplémentaires) de 2006.

Elle a souligné que ce nombre de 700 morts comprenaient aussi "des décès qui sont indirectement liés à la canicule [...] par exemple les noyades".

"Notre pays a su faire face et contenir très fortement l'impact sanitaire de ces chaleurs", a-t-elle insisté.

Elle a "remercié à nouveau celles et ceux qui se sont engagés et qui ont été en première ligne au cours de cette période", citant "les professionnels de santé, en ville comme à l'hôpital ou dans les établissements médico-sociaux", ainsi que "le tissu associatif, les collectivités locales", les administrations centrales et les agences.

Elle a signalé que des messages d'alerte avaient été envoyés aux agences régionales de santé (ARS) "dès le 25 juin", qu'elle avait activé, le 29 juin, "la cellule de crise du ministère de la santé, le Corruss", soulignant que "la clé" était "l'anticipation et la mobilisation collective".

La plateforme téléphonique d'information sur la canicule a par ailleurs traité "près de 2.500 appels".

PRES DE 3.600 PASSAGES AUX URGENCES

Marisol Touraine a expliqué que la progression de l'activité globale des Samu-centres 15 dans les départements en vigilance orange "a été de l'ordre de 30% à 40% en moyenne", et que les consultations de SOS Médecins en lien avec la chaleur "ont été dix fois plus nombreuses qu'habituellement", soit 1.464 consultations dénombrées. Pour ces consultations, "toutes les classes d'âges ont été concernées, mais particulièrement les enfants de moins de 15 ans", a-t-elle précisé.

Quant aux passages aux urgences en lien avec la chaleur, ils ont été "trois fois plus nombreux que la moyenne habituellement observée en cette période de l'année", avec 3.577 passages. "Là encore, toutes les classes d'âges ont été concernées, mais particulièrement les plus de 75 ans"; a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, "56% des personnes passées par les urgences en lien avec la chaleur ont été hospitalisées" et "ces hospitalisations liées à la chaleur ont atteint 76% chez les plus de 75 ans", a-t-elle souligné. "Ces chiffres témoignent de l'impact réel de la chaleur sur la santé de nos concitoyens et de la tension qui peut être induite pour notre système de santé", a-t-elle commenté. "La chaleur c'est un enjeu sanitaire", a-t-elle insisté.

François Bourdillon, le directeur général de l'InVS, a précisé que les syndromes observés chez les personnes âgées étaient des syndromes de déshydratation, suivi d'hyponatrémie, et chez les enfants, une hyperthermie.

Marisol Touraine s'est réjouie d'avoir "pris en amont la décision de maintenir toutes les capacités de prise en charge en médecine dans les hôpitaux", ce qui a permis "d'éviter tout engorgement dans les services des urgences".

Elle a précisé de ne pas disposer de chiffres consolidés concernant les appels au 18.

La ministre a souligné que ce premier bilan était fait "à un moment où, de nouveau, de fortes chaleurs sont attendues sur une partie de la France, sans qu'il soit possible de dire à l'heure [actuelle] s'il s'agira d'une canicule".

www.apmnews.com - vl/san/APM polsan

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