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Chirurgie in utero : une première en France

L’AP-HP a annoncé avoir réalisé, en juillet dernier, une opération sur la moelle épinière d’un fœtus. Une opération inédite en France, qui s’est déroulée avec succès. 

C’est une première en France. Les équipes de l’hôpital Trousseau et de l’hôpital Necker ont opéré, cet été, un fœtus au 5ème mois de grossesse de la mère. L’intervention, d’une durée de deux heures, avait pour but de corriger une malformation congénitale : le spina bifida. 

Le Spina Bifida est une ouverture anormale des vertèbres de la colonne vertébrale, provoquant une sortie de la moelle épinière et une fuite de liquide remontant jusqu'au cerveau. Pour le futur nouveau-né, les conséquences sont graves : « Ce sont des enfants qui ne peuvent pas marcher, qui sont totalement incontinents et qui souffrent d'un retard cérébral très important », explique le professeur Philippe Deruelle. 

La majorité des couples opte pour une IMG

La malformation est en général détectée à partir de quatre mois de grossesse, soit par une échographie, soit par un examen sanguin. Compte-tenu de la sévérité de la maladie, la majorité des couples opte pour une Interruption Médicale de la Grossesse. 

En revanche, s'ils préfèrent garder leur enfant, l'opération peut être réalisée lors du cinquième mois. Elle consiste à ouvrir l'utérus, comme si l'on pratiquait une césarienne, afin d'accéder au fœtus et de réparer la malformation. « Le chirurgien recouvre la moelle épinière en soudant l’enveloppe qui normalement la recouvre. Puis il suture la peau du fœtus », précise le gynéco-obstétricien Jean-Marie Jouannic, qui a dirigé l’opération.

« Pour pouvoir proposer cette intervention en France, il a fallu adapter la technique »

L’opération in utero du spina bifida se pratique déjà depuis des années aux États-Unis, mais également au Brésil, en Suisse, en Belgique et en Espagne. Mais pour pouvoir proposer cette intervention en France, il a fallu adapter la technique. « Il faut que l'utérus de la patiente soit relaxé à l'aide d'un traitement médicamenteux. Nous avons dû réécrire entièrement le protocole américain car les médicaments sur le marché ne sont pas les mêmes » explique le Pr Jouannic.

L’intervention, très délicate, implique un risque supplémentaire de naissance prématurée, causé par l’ouverture de l’utérus, qui peut influencer de manière défavorable l’évolution de l’enfant. Cela expose également la mère à un risque de saignement voire d’infection. La cicatrice laissée sur l’utérus implique également une naissance par césarienne sur toutes les grossesses à venir. 

L'opération fait naître de grands espoirs

Habituellement cet acte médical est réalisé dans les premiers jours qui suivent la naissance. Mais des études ont démontré que la chirurgie prénatale diminue fortement les risques de développer des handicaps moteurs et mentaux. Même si le bébé ne présente plus d’anomalies cérébrales, l’équipe médicale rappelle que l’opération ne permet pas de guérir la malformation, notamment les risques moteurs.

L’opération s’est néanmoins déroulée avec succès et c’est au cours d’une conférence de presse que les médecins de l’AP-HP ont annoncé avec soulagement que le bébé est né le 9 Novembre et que lui et sa mère se portent bien. L'opération fait naître de grands espoirs car jusqu'à présent, les mamans n'avaient pas d'autres choix que d'interrompre leur grossesse ou d'accepter un handicap parfois lourd.

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