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Le chirurgien asperge le contenu d'une seringue sur l'infirmière : 3.000 € d'amende requis

L’Est Républicain révèle dans son édition du 24 juin qu’un chirurgien de 46 ans était poursuivi mardi au tribunal correctionnel de Bar-Le-Duc pour avoir projeté, à deux reprises, le contenu d’une seringue au visage d’une infirmière, le 27 mars 2013 au bloc opératoire de la Polyclinique du Parc, lors d’une intervention sur une prothèse de hanche.

Le chirurgien n’a pas contesté ce que l’un de ses deux avocats qualifiera de « geste maladroit ». « C’était une journée très lourde. En revenant au bloc en début d’après-midi, mon patient n’était pas installé », note-il en désignant l’infirmière.

L’intervention se déroule mais une altercation verbale éclate entre les deux. Le ton monte. « Je lui ai demandé de se taire, elle a refusé. À ce moment-là, pour terminer d’opérer dans le calme, je n’ai pas trouvé d’autre solution que de l’asperger avec la seringue, au niveau du ventre », affirme le praticien, d’un calme olympien à la barre.

« Une ambiance froide et hypertendue »

Si le débat autour de la seringue de 60 ml n’a pas permis de clarifier son contenu, « de l’eau limpide et propre » d’un côté, « un mélange souillé d’eau, de sang et de résidus osseux » de l’autre, la plaignante a fait état une « ambiance froide et hypertendue depuis le matin » du 27 mars 2013.

Son retard dans la préparation du patient, elle l’assume. « Je discutais avec le patient pour le rassurer, c’est mon rôle d’infirmière ». Avant de décrire son « état de sidération » face aux deux jets de seringue. « C’était une humiliation sans précédent pour moi », tremble-t-elle encore.

« Mépris et dénigrement »

Le rapport de l’inspecteur du travail conclut à une projection « sur la partie haute du corps », à la « probabilité d’un liquide souillé » facteur de risque sanitaire, à un « grave manquement dans la prise en charge de l’infirmière » et à la « volonté de taire le comportement du chirurgien ».

Les témoins apportent chacun leur vérité : le PDG de la Polyclinique dénonce une « insuffisance professionnelle chronique » de l'infirmière plaignante, une IADE compagne du prévenu certifie que le contenu de la seringue était clair, une autre parle d’une « chape de plomb de la direction », une étudiante infirmière de 1ère année « une ambiance délétère » durant son stage.

 « On a voulu la salir avec du mépris, de la froideur et du dénigrement dans un contexte où on opère à la chaîne », a ajouté l’avocat de l’Ordre national des infirmiers, en réclamant une expertise médicale.

3 000 euros d'amende requis

« On a là un chirurgien qui humilie sa collègue de travail de manière délibérée », appuie la substitut Sophie Partouche, évoquant « la nocivité d’un corporatisme ». Et de requérir une amende de 3.000 euros.

En défense, les avocats du chirurgien ont plaidé la relaxe de leur client en dépeignant « l’attitude frondeuse » de la plaignante pour compenser, chez elle, une « situation d’insécurité permanente au bloc orthopédique ». « Il a utilisé la seringue comme un pistolet à eau », soumet un des avocats du chirurgien.

Le tribunal rendra son délibéré vendredi 10 juillet, affaire à suivre.

Retrouvez l’article dans son intégralité : www.estrepublicain.fr 

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