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Chômage et précarisation de l'emploi infirmier

La Fédération Nationale des Etudiants en Soins Infirmiers (FNESI) a été créée pour représenter et défendre les étudiants, sur l’information et la formation de ces derniers, ainsi que sur le développement des associations d’ESI.

En l’An 2000, le monde infirmier, et plus particulièrement des ESI, a été marqué par l’expression d’un mécontentement, à travers diverses manifestations dans plusieurs villes de France. A ses débuts, l’association s’attache à obtenir une reconnaissance du diplôme à Bac +3, correspondant à la durée des études, l’obtention d’indemnités compensatoires pour l’ensemble des stages à responsabilité et le remboursement des frais de transports engendrés par les stages éloignés. 

A cette époque, la FNESI manifeste également pour réclamer l’harmonisation des bourses sociales d’études avec celles de l’Education Nationale, tant au niveau des critères d’obtention qu’au niveau des montants, mais aussi une hausse conséquente des moyens pédagogiques, et la mise en conformité des locaux d’enseignement, en rapport avec la hausse des quotas d’étudiants admis en formation (+ 26 000 sur 3 ans).

Favoriser une cohésion entre les étudiants en soins infirmiers.

Ces manifestations ont donné lieu à des négociations entre le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité et la FNESI. Ces négociations ont débouché sur la signature d’un protocole d’accord, le 2 avril 2001, qui traite deux axes majeurs : « Mieux reconnaître le statut d’étudiant infirmier » et « Améliorer la situation de l’étudiant infirmier ».

La FNESI a donc vu le jour pour favoriser une cohésion entre les étudiants en soins infirmiers. Elle est, aujourd’hui, adhérente à la Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE). Dix ans après sa création, la FNESI reste la seule organisation représentative des ESI français, et veille au suivi de la réforme et à l’accession des étudiants à un réel statut d’étudiant. Ce statut comprend : 

 - la délivrance d’un réel diplôme de licence

 - l’accès aux services universitaires pour tous

 - le transfert des bourses aux CROUS

 - un guichet unique des aides sociales étudiantes

 - et bien d’autres causes.

14% des étudiants interrogés étaient à la recherche d’un emploi.

La FNESI défend l’intérêt des étudiants au quotidien dans l’ensemble des sujets sanitaires qui les concernent. En février 2013, la FNESI dénonce un accroissement du chômage dans la profession infirmière. L’association déplore le désintérêt et le désengagement des pouvoirs publics et des instances publiques quant aux difficultés d’embauche des jeunes diplômés. « Devant l’inertie des acteurs de la profession face à ce problème grave », la FNESI a décidé d’agir et d’enquêter. L’objectif était d’établir la nature de ce problème, pour y remédier, ou, du moins, tenter de l’endiguer.

Entre janvier et mars 2014, l’association a sondé 3 221 jeunes diplômés (promotions 2009 à 2013) au sujet de leur insertion professionnelle. Ce sondage, conçu par Alex Ollivier, Vice-président en charge des affaires sociales du mandat 2013-2014, visait à mesurer l’ampleur des difficultés d’insertion professionnelle, et analyser les freins à l’emploi, ainsi que les lieux et établissements dans lesquels il est encore possible de trouver un travail infirmier. Il a été relayé sur les réseaux sociaux, le site Internet de la FNESI, sur la presse internet spécialisée, et envoyé par mail aux IFSI. Le public visé était les professionnels diplômés depuis 2009. L’objectif était aussi de « donner aux lycéens et étudiants désirant entrer en formation un panorama réaliste des possibilités d’embauche post diplôme d’état ». Ainsi, 14% des étudiants interrogés étaient, au moment du sondage, à la recherche d’un emploi. Le sondage établit donc que « l’insertion professionnelle des infirmiers est en péril ».

45% des jeunes diplômés ont débuté leur activité professionnelle par un CDD non renouvelable.

Plus précisément, 34% des sondés disent avoir vécu des périodes de chômage d’un à trois mois, et 55% moins d’un mois. Près de la moitié (45%) des jeunes diplômés déplorent avoir débuté leur activité professionnelle par un CDD non renouvelable. Le sondage, mis en place par la FNESI, dénonce donc une précarisation de l’emploi infirmier, due à un manque de moyens alloués aux personnels du secteur de la santé.

L’enquête met également en évidence une désaffection de ces jeunes soignants pour certaines filières, très prometteuses à l’avenir. C’est le cas des Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) qui n’attirent presque pas les jeunes, mais qui, dans un contexte fort de vieillissement de la population, seront amenés à recruter. Près du tiers des sondés préfèreraient éviter les EHPAD. 35% des jeunes diplômés préfèreraient également éviter la psychiatrie, 19% les urgences, 6% la réanimation, 5% la gériatrie, 4% la pédiatrie, 4% le bloc opératoire. 

22% des étudiants envisagent une poursuite d’études.

Par ailleurs, le sondage fait apparaître que 22% des étudiants envisagent une poursuite d’études en Master ou en DU, 47,6% envisagent une spécialisation ou une formation pour devenir cadre de santé. Pourtant, actuellement, les étudiants sont « limités à la sortie du grade Licence que confère le Diplôme d’Etat à un exercice direct ou à une seule spécialisation en sortie de cursus : puéricultrice ». Les autres spécialisations, comme IBODE, IADE, ou encore cadre de santé, ne sont accessibles qu’après quelques années de pratique.

L’enquête souligne aussi la question de l’adéquation entre maillage territorial et bassins d’emploi. « Paradoxalement, depuis 1995, les quotas d’entrée des IFSI ont augmenté de 67%. En septembre 2013, 31 088 étudiants en soins infirmiers y ont été admis, et répartis dans les régions françaises sans aucune prise en compte de la mobilité géographique des étudiants, ni de l’arrivée massive d’étudiants formés à l’étranger »

Les effectifs d’étudiants, admis en école d’infirmier, ont augmenté de 67%.

Par ailleurs, les effectifs d’étudiants, admis en école d’infirmier, ont augmenté de 67% entre 1995 et 2013. Par conséquent, « certaines régions particulièrement attractives, comme la Bretagne ou l’Aquitaine, se retrouvent aujourd’hui en surproduction de jeunes diplômés » souligne l’association étudiante.

Les résultats de l’enquête provoquent un choc dans la profession, considérée jusqu’à présent comme un paradis, où diplôme rimait avec embauche immédiate. Mais, Frédéric Valletoux, président de la Fédération Hospitalière de France (FHF), ne semble pas étonné par ces conclusions. « La charge du personnel représente 70% du budget d’un hôpital. A l’heure où l’on demande aux établissements de santé d’ajuster leurs comptes, il est logique qu’ils jouent sur le levier des ressources humaines », constate-t-il.

Défense et représentation des ESI.

Les élections du nouveau bureau de la FNESI ont eu lieu fin mai. A l'issue de l'Assemblée Générale Ordinaire, c'est la liste, "Porter la voix des étudiants, imposer leur vision, préparer l'avenir", menée par Loïc Massardier, qui a été élue. 

La défense et la représentation des Étudiants en Soins Infirmiers, missions premières de la FNESI, seront les objectifs majeurs de ce mandat. Cette année sera l’occasion de faire entendre la voix des ESI de France, de promouvoir l’intégration universitaire et de porter les problématiques de la formation infirmière en termes de conditions sociales étudiantes.

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