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Daniela Poggiali, l’infirmière italienne suspectée d’avoir tué 38 de ses patients

Accusée d’avoir assassiné une patiente de 78 ans, la justice italienne soupçonne également l’infirmière italienne en gériatrie, Daniela Poggiali, d’être à l’origine des 38 décès suspects de son service. Pour le moment, un seul mobile a été retenu : la méchanceté.

Le 9 octobre, à l’est de Bologne, à Forli, la police italienne a arrêté l’infirmière de 42 ans, suite au décès inattendu d’une patiente, admise à l’hôpital de Lugo pour une visite de routine. Accusée d’avoir tué de sang-froid plusieurs dizaines de ses patients, l’infirmière serait restée de marbre lorsque les gendarmes sont venus l’arrêter. 

Poursuivie pour homicide volontaire aggravé sur cette patiente, l’infirmière est au cœur de l’actualité italienne. Depuis son arrestation, les langues se délient au sein de l’établissement hospitalier. « L’Ange de la Mort », comme l’a surnomme la presse italienne, aurait déclaré au sujet d’un patient : « Son cas pourrait se résoudre avec deux fioles de potassium ». De plus, à la fin de son service, elle avait l’habitude d’administrer des laxatifs aux patients pour « embarrasser » ses collègues.

26 des 38 décès constatés se seraient produits dans le service dans lequel elle exerçait.

Le 9 avril 2014, Daniela Poggiali aurait prié les enfants de Rosa Calderoni de sortir de la chambre, pour être seule avec elle. « En rentrant plus tard dans la chambre, raconte la fille de la patiente de 78 ans, j’ai vu que l’infirmière avait installé une perfusion à ma mère. Un quart d’heure plus tard, maman était morte ». C’est cette mort suspecte qui a alerté les enquêteurs, car rien ne laissait prévoir le décès soudain de Rosa Calderoni. Pour le parquet de Ravenne, il n’y a aucun doute. Daniela Poggiali a injecté une dose mortelle de chlorure de potassium à sa patiente.

Depuis plusieurs mois, le taux de mortalité dans le service de gériatrie de l’hôpital aurait grimpé en flèche. 26 des 38 décès constatés se seraient produits dans le service dans lequel elle exerçait, et 12 dans des services voisins, dans lesquels elle pouvait intervenir.

L’établissement avait retiré les gardes nocturnes de l’infirmière.

En mars dernier, une première enquête interne de l’hôpital avait été ouverte, à la suite de trois morts suspectes, en moins de 24 heures, pendant lesquelles, l’infirmière était de service. Dans la nuit du 4 au 5 avril, alors que Daniela Poggiali assurait seule le service, deux autres patients perdaient la vie. L’établissement avait alors retiré les gardes nocturnes de l’infirmière.  Cette mesure semblait bien légère, puisque les indices se multipliaient contre l’infirmière.

L’enquête ouverte, portant sur 38 décès, est ardue. Le chlorure de potassium n’est plus décelable, chez un cadavre, après 48 heures. En plus du nombre important de victimes, c’est le mobile qui frappe les enquêteurs. L’infirmière aurait agi cyniquement, pour se débarrasser de ses « patients difficile », et parfois, pour se venger de la famille de patients.

Une infirmière sadique, aux pulsions macabres.

Les preuves saisies à son domicile ne font que l’accabler davantage. Les gendarmes ont trouvé, dans son téléphone, des selfies, la montrant faire des grimaces aux côtés du cadavre d’un de ses patients, et un commentaire : « Brrr, la vie et la mort ». Une découverte qui fait froid dans le dos. Décrite depuis comme une infirmière sadique, aux pulsions macabres, la presse s’emballe. 

« Ces photos entreront dans les annales de la criminologie », affirme Alessandro Mancini, le procureur chargé du dossier. « Elles démontrent que Daniela a agi froidement. Une attitude qu’elle a maintenue durant toute l’enquête. Rien ne nous permet de penser qu’elle était incapable d’entendre et de vouloir au moment des faits »

Elle « tire du plaisir et de la satisfaction à humilier son prochain ».

Quant au juge d’instruction, selon lui, elle « tire du plaisir et de la satisfaction à humilier son prochain ». Il ajoute qu’elle pourrait « tuer à tout moment pour mettre en œuvre son propre désir de réussite ». Elle est également accusée d’avoir volé plusieurs de ses patients. Parfois, pour éviter d’être dérangée dans la nuit, elle doublait leur dose de somnifères. 

Actuellement, l’enquête continue. La police cherche à comprendre pourquoi il aura fallu 38 décès pour que l’hôpital réagisse.

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