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Dialogue rompu entre le 18 et le 15

Rien de ne va plus entre les sapeurs-pompiers, l’ARS et le SAMU. Les pompiers dénoncent la politique incohérente, « unilatérale et hégémonique », du gouvernement, qui les a écartés des concertations.

Le jeudi 10 juin, la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France (FNSPF) a appelé, via un communiqué, l’ensemble des sapeurs-pompiers français à « geler toute relation de coopération et collaboration, hors cadre opérationnel, des services d’incendie et de secours » avec les Agences Régionales de Santé et le SAMU. La raison : les pompiers dénoncent « l’incohérence » entre le discours présidentiel d’octobre, à Chambéry, de garantir l’accès aux soins urgents en moins de 30 minutes, et celui de la ministre de la Santé.

Les sapeurs-pompiers sont les premiers acteurs du secours d’urgence auprès des personnes blessées, accidentées, malades, en dehors de l’hôpital, mais ne sont pas associés aux travaux en cours. Pour le colonel Éric Faure, président de la FNSPF, le but est de rétablir un « dialogue partenarial respectueux » au niveau national. 

En France, c’est le SAMU qui est censé gérer et organiser le secours à personnes.

Les médecins sapeurs-pompiers appartiennent aux Services de Soins et de Secours Médicaux, mais sont trop peu nombreux pour répondre à la demande. L’activité des infirmiers sapeurs-pompiers s’est donc développée, pour permettre aux infirmiers d’administrer des soins plus avancés, en attendant l’intervention d’un renfort médical. Les sapeurs-pompiers ont alors tenté d’adapter leur offre de secours à la demande. Or, en France, c’est le SAMU qui est censé gérer et organiser le secours à personnes. Le SAMU, quant à lui, organise l’orientation et la prise en charge de la victime en fonction des éléments dont ils disposent sur son état. Ce sont des médecins du Centre de réception et de régulation des appels (CRRA) qui décident. 

Le SAMU dispose également d’antennes de Services Médicaux d’Urgence et de Réanimation (SMUR), d’ambulances mais aussi de véhicules légers, capables de contenir un médecin, un infirmier et un ambulancier à bord. Selon la gravité décrite lors de l’appel, le médecin peut envoyer des sapeurs-pompiers, une ambulance privée ou un médecin en consultation. Cette organisation engendre de nombreuses frictions entre le 18 et le 15. 

Les sapeurs-pompiers ne doivent pas « être au service de ceux qui les appellent quand c’est nécessaire et rester ignorés le reste du temps ».

Les conflits entre les sapeurs-pompiers et les ARS ne dateraient pas d’hier. Cependant, l’intervention du 4 juin de la ministre des Affaires Sociales et de la Santé, Marisol Touraine, lors du Congrès de la Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU), serait à l’origine de cette dégradation, n’ayant pas évoqué une fois les sapeurs-pompiers. Le dialogue entre le 15 et le 18 est depuis rompu. La fédération souligne que les sapeurs-pompiers ne doivent pas « être au service de ceux qui les appellent quand c’est nécessaire et rester ignorés le reste du temps ».

Selon la FNSPF, il existe une « contradiction totale » entre les directives données en octobre 2013, à Chambéry, par le président de la République, François Hollande, censées améliorer l’organisation du secours d’urgence aux personnes, et l’action du ministère de la Santé. La FNSPF cite le développement des hélicoptères sanitaires « sans coordination ni pilotage global », le déploiement intensifié des médecins correspondants du SAMU (MCS), en concurrence avec les 4 500 médecins sapeurs-pompiers volontaires. 

Les sapeurs-pompiers dépendent du ministère de l’Intérieur, alors que les médecins du SAMU dépendent du ministère des Affaires Sociales et de la Santé.

La Fédération évoque également le développement des expérimentations sur des transports sanitaires urgents sans concertation avec les Services Départementaux d’Incendie et de Secours (SDIS) qui, selon elle, sont « ravalés au rang de sous-traitants, sans voix au chapitre de la réorganisation territoriale de la politique des soins urgents ». Elle parle enfin de la mise en place d’un système national d’informations des SAMU, supposé rassembler l’ensemble des acteurs des soins urgents, « à l’exception des pompiers »

Les divergences entre les sapeurs-pompiers et le SAMU sont également accrues du fait qu’ils ne dépendent pas du même ministère. En effet, les sapeurs-pompiers dépendent du ministère de l’Intérieur, alors que les médecins du SAMU dépendent du ministère des Affaires Sociales et de la Santé. Une concurrence s’est installée entre les deux corps médicaux, notamment en ce qui concerne les restrictions budgétaires.

Pourtant, les SDIS, SSSM et SAMU sont souvent amenés à collaborer. Autour d’une même victime, infirmiers, médecins, ambulanciers et sapeurs-pompiers peuvent se retrouver et travailler ensemble, dans l’optique de soigner la victime et lui administrer les soins nécessaires. Sur le terrain, la vie de la victime doit rester la seule et unique préoccupation de ces soignants. Par conséquent, les frictions doivent rester sur le côté.

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