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Effets indésirables : une découverte étonnante

En France, les effets secondaires des médicaments sont la troisième cause d’Evènements Indésirables Graves (EIG) en hôpital. Les effets indésirables seraient responsables d’au moins 18 000 décès par an.

« C’est un fléau qui tue plus que les suicides et les accidents de la route réunis » déplore le professeur Bernard Bégaud, pharmaco-épidémiologiste à l’Inserm, et coauteur de cette estimation. Selon une étude espagnole, dans les pays occidentaux la mortalité liée aux effets indésirables est presque équivalente à celle du cancer ou des maladies cardiovasculaires.

Après le médiator et les pilules de 3ème génération et 4ème génération, le nouveau scandale sanitaire autour du Gardasil fait beaucoup parler de lui. Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus est aujourd’hui visé par des plaintes après avoir engendré de graves effets secondaires sur le système nerveux de plusieurs jeunes filles.

L’année dernière, près de 40 000 déclarations d’effets indésirables ont été enregistrées sur la base nationale de pharmacovigilance.

« Les autorités sanitaires ne reçoivent qu’une partie des effets indésirables qui pourraient être déclarés. Une plus grande exhaustivité améliorerait la réactivité et la pertinence des mesures à mettre en place » indique l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament. Pour remédier à cela, l’ANSM vient de mettre en ligne, sur son site internet, une rubrique permettant de déclarer les effets indésirables potentiels liés à l’utilisation d’un médicament. Ce service peut être utilisé par les industriels du médicament, les professionnels de santé, mais également les patients et les associations qui les représentent. L’année dernière, près de 40 000 déclarations d’effets indésirables ont été enregistrées sur la base nationale de pharmacovigilance. 

Aux Etats Unis, une équipe de pharmacologues a fait un constat intéressant : la combinaison de deux médicaments permettrait de réduire les effets indésirables. En effet, grâce à la base de pharmacovigilance américaine, l’équipe de recherche a constaté que sur 19 000 duos de médicaments, le second pouvait réduire les effets secondaires du premier. Cette incroyable découverte a été révélée après le constat d’une baisse des signalements d’infarctus lorsque les patients en question s’étaient vus prescrire de la rosiglitazone, avec en complément l’exénatide (Byetta), un autre médicament pour le diabète. 

« Nous avons trouvé près de 19 000 autres combinaisons de médicaments dans la base, où le second médicament semble réduire significativement l’effet indésirable redouté du premier. »

« Nous avons trouvé près de 19 000 autres combinaisons de médicaments dans la base, où le second médicament semble réduire significativement l’effet indésirable redouté du premier. Par exemple en ajoutant un anti-hypertenseur (du lisinopril) et une statine, on réduit le risque d’atteinte musculaire liée aux statines. En prescrivant un anti-histaminique en même temps qu’un anti-dépresseur de la famille Prozac, le risque de suicide est complétement réduit » explique le Dr Ravi Iyengar.

Une découverte significative pour l’avenir de la médecine, qui permettrait non seulement de sécuriser la prescription de médicaments, mais également de personnaliser des traitements, selon les antécédents et problèmes de santé de chaque patient. Actuellement la difficulté est d’accéder à la base de données française, qui contrairement à la base américaine, n’est pas en libre accès.

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