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Hôpital de Sarlat : le directeur s'adresse aux médecins libéraux

Thierry Lefèbvre, le directeur des hôpitaux de Sarlat-Périgueux-Lanmary, a réuni, le lundi 23 juin, les médecins libéraux du bassin sarladais, afin de répondre à leurs interrogations, leurs doutes et leurs inquiétudes exprimées par certains d’entre eux.

Souvent critiquée pour son manque de communication, la direction de l’hôpital de Sarlat a convié médias et professionnels de santé du Sarladais, pour une rencontre ce lundi 23 juin, à la salle Pierre-Denoix, au Colombier, l’ancien hôpital. Pharmaciens, médecins libéraux, kinésithérapeutes, médecins biologistes, ou encore dentistes, tous, ont reçu un mail, un carton d’invitation et des appels téléphoniques, pour assister à la présentation d’un projet médical. 

Ce projet, résumé comme « La nouvelle voie, le nouveau chemin » par Jean-Jacques de Peretti, maire de Sarlat et président du conseil de surveillance, est basé sur la territorialisation, la mutualisation des effectifs avec les professionnels de santé de Périgueux, et Brive à un moindre degré. De plus, dans ce projet, la chirurgie traditionnelle disparaît pour laisser place à l’ambulatoire.

Lors de cette réunion, étaient présents : 

 - Thierry Lefèbvre, le directeur des hôpitaux de Sarlat-Périgueux-Lanmary, 

 - Catherine Lonquety, sa directrice déléguée,

 - Karine Trouvain, directrice de la délégation territoriale de l’Agence Régionale de Santé Aquitaine,

 - Philippe Eymerit et Yannick Monseau, les présidents respectifs des Commissions Médicales d’Etablissement de Sarlat et Périgueux,

 - Et de nombreux chefs de service des deux hôpitaux.

Durant la rencontre, la direction a présenté l’offre de soins, service par service, devant une salle presque remplie, dans le but de convaincre ces praticiens de la pertinence des orientations médicales choisies. Pourtant, certains médecins ont insisté sur les points faibles, à améliorer rapidement, comme la vétusté du troisième étage, consacré aux personnes du 3e âge, évoquée par le docteur en gériatrie, Jean-Pierre Martin. 

La réunion visait également à montrer que les professionnels de santé de Périgueux se déplaçaient, « avec plaisir », en Périgord Noir, par soucis du service public. « Nous nous sentons concernés », a affirmé le Dr Philippe Jarnier, responsable de l’unité médicale de Périgueux.

La présentation s’est achevée par le détail des consultations de spécialistes, celles déjà mises en application dans la cité et celles qui sont à venir. Le docteur Edgar Moitsinga, spécialisé en gastro-entérologie, en a profité pour évoquer le projet de proposer, d’ici peu, aux patients de l’Hôpital de Sarlat, des séances de chimiothérapie intraveineuse au sein-même de l’établissement, pour éviter leur déplacement à Brive ou une autre ville à proximité.

Une fois l’exposé terminé, la parole a été donnée aux médecins. Patrick Fournier, médecin libéral à Sarlat, a regretté, pour le cas d’un patient devant se faire opérer à Périgueux, qu’une consultation pré-anesthésiste à Sarlat n’ait pu être possible. « Comment voulez-vous faire ? On manque déjà de médecins à Périgueux… ». Quant à Thierry Lefèbvre, il explique que « l’hôpital d’il y a trente ans, c’est fini. C’est en constituant des équipes médicales structurées comme nous le faisons que nous serons plus attractifs pour recruter des praticiens ». Le docteur Jarnier en profite pour donner son avis, « il faut augmenter l’équipe d’anesthésie globalement pour couvrir les besoins, mais pas secteur par secteur »

Lors de cette réunion, les agacements et gestes de mécontentement de certains ne sont pas passés inaperçus. Une infirmière présente à cette soirée a raconté son cas récent. Victime d’une fracture au bras droit, elle s’est rendue aux urgences de Sarlat. « Il y avait déplacement, il fallait opérer. Mais, il n’y avait pas de place, ni à Brive, ni à Périgueux. On m’a renvoyé chez moi avec des cachets… ». Cette soignante a pu obtenir une place dans le privé, à la Clinique Francheville de Périgueux, grâce à ses relations professionnelles. En tout, elle a dû attendre deux semaines pour se faire opérer et poser une broche. Se pose alors la question d’envoyer ou non les patients vers le privé. 

21h45. L’heure qu’il était lorsque le son de voix du docteur Nourredine Jalal, chef de l’imagerie médicale à Sarlat, a retenti. « On n’a pas le choix, il y a une dimension politique. Nous ne sommes que des petits soldats. Soit l’hôpital va complètement fermer, soit on tente de limiter les dégâts avec ces mesures car, au-dessus de nous, on n’a pas d’aides vu le contexte de coupes budgétaires »

« Ce fut une décision difficile de fermer la chirurgie traditionnelle, mais comment vouliez-vous faire vu les problèmes rencontrés pour recruter les praticiens ? Ce n’est pas propre à notre ville. On opère un mouvement avec cette territorialisation qui tient à la France, à l’Europe même » a rappelé le maire de Sarlat. 

Quant à Karine Trouvain, elle a insisté sur l’importance du « travail d’équipe ». « L’heure n’est plus à la polémique, mais au collectif entre la communauté médicale hospitalière et la communauté médicale libérale. Sinon, on n’y arrivera pas ». Le maire conclut en s’adressant aux praticiens de Sarlat, « on compte sur vous »

Malgré cette réunion, l’inquiétude persiste chez les praticiens, d’autant plus avec l’arrivée prochaine des touristes. « L’hôpital de Périgueux n’aura pas la possibilité d’absorber tous les patients en provenance de Sarlat ». Deux, voire trois réunions de ce type, se dérouleront chaque année pour impliquer davantage les médecins libéraux dans le projet médical.

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