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Interview d'Isabel, infirmière en service cardiologie

Le salon infirmier 2013 a été l’occasion de rencontrer des soignants et de demander leur avis sur l’actualité et les reformes du monde de la Santé. Rencontre avec Isabel, infirmière dans un service de cardiologie à Clermont Ferrand et déléguée syndicale.

Auparavant aide-soignante, Isabel exerce le métier d’infirmière depuis un an. Une situation qui la désavantage dans sa vie actuelle : « La reprise d’ancienneté est de zéro, mes 15 années d’aide-soignante ne sont pas prises en compte, aujourd’hui je suis payée comme une personne de 21 ans qui vient de rentrer sur le marché du travail ».

« Aujourd’hui il y a plus d’activité et moins de personnel, avant le burn out arrivait au bout de 7-8 ans, aujourd’hui c’est au bout de 4-5 ans »

Concernant la reforme LMD qui permet aux infirmières une reconnaissance du niveau licence pour leur diplôme, elle émet quelques réserves : « elle est présentée comme quelque chose de bénéfique, avec une augmentation du salaire, mais la carrière est allongée, les gens partiront à la retraite à 67 ans. On gagne la reconnaissance du niveau licence, d’un bac + 3, mais à côté de cela on perd la reconnaissance de la pénibilité et Marisol Touraine ne veut pas revenir là-dessus ».

Face au débat actuel concernant les conditions de travail du métier d’infirmière, elle explique également « Aujourd’hui il y  a plus d’activité et moins de personnel, avant le burn out arrivait au bout de 7-8 ans aujourd’hui c’est au bout de 4-5 ans ». Des conditions de travail difficiles, physiquement et psychologiquement, qui favorisent le burn out mais également une fuite du personnel vers le libéral ou des filières différentes.

« Je suis contre l’Ordre Nationale des Infirmiers, je le vois comme un tribunal de double peine »

Quand on lui demande son avis sur l’ONI, il est plutôt tranché. « Je suis contre l’Ordre Nationale des Infirmiers, je le vois comme un tribunal de double peine ». Elle enchaîne, « Ils ne se battent pas pour de meilleures conditions, une hausse des salaires, mais juste pour juger les erreurs des infirmières, chose déjà faite par les Prud’hommes. Je ne vois pas d’intérêt à appliquer une double peine, ce sont des infirmiers, pas des juges, ils ne sont pas habilités à donner des sanctions »

Quant à sa participation à l’Ordre National des Infirmiers, la réponse est évidente : « Pour moi il n’existe pas. Je n’ai pas voté et je n’ai pas adhéré à l’Ordre. La Ministre avait rendu les ordres facultatifs, aucun employeur ne doit contraindre à en faire partie si c’est le cas, ils n’ont donc pas à forcer les gens. Pourtant 10% des infirmiers y ont adhéré mais sous la contrainte de trouver du boulot, pour la plupart des étudiants… »

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