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L'avenir de l'Ordre National des Infirmiers est clairement menacé

L'avenir de l'Ordre National Infirmier est « clairement menacé », a déclaré la ministre de la santé, Marisol Touraine, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale le 13 mai 2014, en réponse à l’interrogation du député UMP Jean Luc Reitzer. 

Pour débuter le face-à-face, Jean-Luc Reitzer (député UMP du Haut-Rhin) a évoqué l’affaire qui a ébranlé le milieu infirmier. Six infirmières du département du Haut-Rhin ont été convoquées par la gendarmerie sur décision de justice. « Quel crime ont-elles bien pu commettre ? » s’interroge le député. Elles n’ont tout simplement pas adhéré à l’Ordre National des Infirmiers…

Il leur a été signifié de rejoindre l’ONI sous soixante jours, sous peine d’être condamnées à un an de prison et de payer une amende de 15 000€, pour exercice illégal de la profession d’infirmière. Certaines d’entre elles, rappelons-le, ont été traitées comme de véritables criminelles, subissant prises de photos et empreintes digitales. Des faits similaires se sont reproduits la semaine dernière, conduisant à une convocation ce dimanche 18 mai à la gendarmerie, à 15h. Jean-Luc Reitzer s’insurge de cet acharnement. « Je vous laisse imaginer, madame la ministre, l’état psychologique de ces infirmières, dont chacun reconnaît ici la difficulté du travail et le dévouement exemplaire ! »

L’ONI est aujourd’hui contesté, « sans légitimité ».

Il s’adresse alors à la ministre. « Vous avez, à plusieurs reprises, affirmé que l’adhésion à l’Ordre National des Infirmiers devait être facultative. Pourriez-vous aujourd’hui clarifier votre position à cet égard ? ». La ministre répond alors en esquivant la question posée. « Monsieur le député, je voudrais, au lendemain de la Journée Mondiale des Infirmiers, rendre ici hommage au travail quotidien des quelques 550 000 infirmières et infirmiers qui, dans notre pays, travaillent auprès des patients de façon remarquable ». Une esquive qui agace le député de la 5e Circonscription de l’Eure, monsieur Franck Gilard, « ce n’est pas la question ! »

La ministre continue sa réponse, et affirme « se réjouir » des propos tenus par Jean-Luc Reitzer. « S’il y a aujourd’hui un Ordre, c’est parce que votre majorité a souhaité l’instaurer en 2006, alors même que m’écrasante majorité des infirmiers ont marqué, depuis le départ, leur opposition à sa création ». Bouleversement dans la salle, Marisol Touraine confirme que l’Ordre National des Infirmiers est aujourd’hui contesté, « sans légitimité », pour ainsi dire menacé. Elle conclut en disant que la mise en place de cet Ordre, avec adhésion obligatoire, ne correspond pas à la situation vécue par les infirmiers, dont 85% travaillent en établissement.

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