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L'erreur médicale

En France, entre 10 000 et 20 000 personnes meurent chaque année des suites d'une erreur médicale. Selon une enquête nationale, menée fin 2010 par le Ministère de la Santé, un Événement Indésirable Grave (EIG) lié aux soins survient tous les 5 jours. Parmi ces EIG, environ la moitié a été considérée comme étant évitable.

En 2008, la veille de Noël, le petit Ilyès, 3 ans, est décédé suite à l'administration d'une perfusion de chlorure de magnésium au lieu de sérum glucosé censé le réhydrater, provoquant un arrêt cardiaque. En 2009, un bébé de 6 mois meurt des conséquences du surdosage dans un hôpital des Yvelines. Une vieille dame décède en 2012 suite à une injection de potassium au lieu de sérum physiologique. Ces histoires ont marqué les esprits pourtant elles ne sont pas isolées. Et ces drames ont un point commun : ils sont survenus suite au geste d'une infirmière.

Une grande partie de ces soignants ont été mis en examen pour homicide involontaire. Pourtant l'erreur médicale ne peut être assimilée à une initiative personnelle, elle naît bien souvent d'une chaîne de responsabilités.

Le mois de juillet provoque chaque année une hausse de 10% des décès 

Les facteurs pouvant la provoquer sont multiples. Dans un cas sur quatre, c'est le fruit des défaillances humaines des professionnels, de la supervision insuffisante des collaborateurs et du manque de communication entre les soignants.

D'autres facteurs entrent en cause comme des infrastructures inappropriées, une mauvaise composition d'équipe, une répartition des tâches et une organisation inadéquate...

Un facteur plus étonnant a été décelé par une étude américaine qui relate que le mois de juillet provoque chaque année une hausse de 10% des décès.

Cet « effet juillet » trouve sa principale explication dans le fait que c'est au cours de ce mois qu'arrivent les nouveaux internes encore peu expérimentés.

Les erreurs commises par des infirmières sont provoquées, la plupart du temps, lors de l'administration des médicaments. Ce manque de vigilance est déclenché par des conditions de travail difficiles où l’infirmière est sollicitée de toute part, pressée et souvent seule.

Chez les médecins, l'erreur peut prendre un sens plus large car elle peut passer du mauvais diagnostic entraînant un accident chirurgical, à la prescription de médicaments contre indiqués.

L'erreur tient d'une part au risque suicidaire, et d'autre part au fait de ne pas hospitaliser quelqu'un qui devrait l'être

Mais les spécialités les plus « à risque » restent l'obstétrique, la chirurgie et la psychiatrie. Car pour cette dernière l'effet engendré est tout autre. L'erreur tient d'une part au risque suicidaire, et d'autre part au fait de ne pas hospitaliser quelqu'un qui devrait l'être. Des conséquences qu'a dû payer la psychiatre Danièle Canarelli, coupable d'homicide involontaire et condamnée à un an de prison avec sursis après qu'un de ses patients a commis un meurtre.

La lutte la plus efficace contre les erreurs médicales semble être la formation initiale et continue. En IFSI, l'erreur est abordée sans tabou, en étudiant des situations concrètes afin de trouver l’enchaînement de faits qui mène à l'erreur. La tendance est donc plutôt à la pédagogie, afin d'éviter de stresser des professionnels de santé qui travaillent déjà dans des conditions difficiles.

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