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La carte de secours au « triangle jaune » qui scandalise

Destinée à faciliter la prise en charge sanitaire des personnes vivant dans la rue, la carte de secours distribuée par le SAMU social de la ville de Marseille fait polémique. A l’origine du scandale, la symbolique utilisée pour cette carte : un triangle jaune.

Le 3 décembre, une centaine de personnes, issues majoritairement du monde associatif, se sont regroupées devant l’Hôtel de ville de Marseille pour protester contre une « carte de secours » actuellement distribuée aux SDF.

Selon eux, cette « carte d’identité sanitaire » serait discriminante. Elle détaille le nom, prénom, numéro de sécurité sociale, état de santé et maladies chroniques de la personne. Elle est recommandée d’être portée « à vue » comme le précise le mode d’emploi « Accrochez-là à l'extérieur d'un sac à main, d'une sacoche… »

Une stigmatisation et un problème de confidentialité

De nombreuses associations dénoncent une stigmatisation et un problème de confidentialité. « L'exercice de la médecine, même dans la rue, respecte l'éthique et le secret médical est dû aux SDF comme aux autres », indique Pierre-François Pernet, qui travaille pour l'association médecins du Monde.

Marisol Touraine a d’ailleurs rejoint cet avis en déclarant « qu'il n'est pas acceptable que l'état de santé, les pathologies des citoyens soient inscrites noir sur blanc sur leur poitrine. Cette démarche me paraît absolument contraire à toute l'éthique qui doit présider à la prise en charge sanitaire de nos concitoyens et je souhaite que les initiateurs de cette démarche y mettent fin le plus rapidement possible ».

« Avec ça, les gens vont reculer »

Le triangle jaune situé au dos de la carte a également été très mal perçu et comparé à l’étoile jaune imposée par les nazis aux Juifs. « A quoi sert cette carte ? A montrer du doigt qu'on est SDF ? », questionne Eddy, un sans-abri. « Dans le regard des autres, je vois que les gens ont peur. Avec ça, les gens vont reculer. Si ça peut servir, tant mieux, mais je n'ai pas envie qu'on nous montre du doigt ».

« Quand j’ai créé ce logo, j’ai utilisé la couleur jaune, car c’est la couleur des secours en Europe. La forme du triangle rappelle juste un panneau de signalisation pour faciliter le travail des secouristes en cas d’urgence », explique Philippe Grivola, le créateur de la carte de secours. Il ne comprend pas les polémiques autour de la carte, qu’il a créée après que sa femme, allergique à la morphine, a failli mourir : les secours ne connaissaient pas son état de santé.

L’adjoint au Maire de Marseille, scandalisé par les polémiques autour de la carte

Xavier Mery, adjoint au Maire de Marseille, délégué à l'intégration et à la lutte contre l'exclusion, s'est dit « scandalisé par les polémiques absurdes autour de la carte de secours distribuée par le Samu Social ».

« Cette carte, qui n'a pas vocation à être visible de tous, permet avant tout aux pompiers et au personnel soignant de recueillir des données essentielles afin d'identifier, d'aider efficacement et souvent de sauver la vie de ces personnes dépourvues de tout lien social », explique-t-il, affirmant en outre qu'elle ne contenait « aucune information médicale destinée à rester confidentielle autre que le groupe sanguin du porteur ».

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