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La surcharge de travail des infirmiers joue sur la mortalité des patients

Si le constat a toujours été évident, il est aujourd’hui prouvé. Une étude démontre le lien entre le taux de réussite des opérations chirurgicales et le niveau d’étude des infirmières et leur surcharge de travail.

Pour leur étude les chercheurs ont relevé les taux de survie après des opérations chirurgicales dans 300 hôpitaux, entre 2007 et 2010, et les ont mis en relation avec la charge de travail et le niveau d'éducation et de formation des infirmières. 

Les interventions chirurgicales concernaient plus de 420 000 patients de plus de 50 ans. Cette étude européenne a été réalisée dans neuf pays : Belgique, Angleterre, Finlande, Irlande, Pays-Bas, Norvège, Espagne, Suède et Suisse, et publiée mercredi 26 février dans la revue britannique The Lancet.

Au sein d'un même pays, le taux de mortalité varie largement, allant jusqu'à plus de 7 %

Les patients analysés ont subi des opérations courantes comme celles de la hanche ou du genou, de la vésicule biliaire, des interventions vasculaires ou encore de l'appendicite. Le nombre de patients morts à l'hôpital dans les trente jours suivant l'admission était très faible : en moyenne entre 1 à 1,5 %, selon les pays. Cependant, au sein d'un même pays, ce taux de mortalité varie largement, allant jusqu'à plus de 7 % pour certains établissements hospitaliers.

Deux facteurs majeurs sont liés à cette mortalité plus élevée : une charge de travail plus importante et un niveau d'éducation plus faible du personnel infirmier. L’étude a mis en valeur qu’un hôpital où 60 % des infirmières ont une licence et prennent en charge une moyenne de six patients, présente une mortalité hospitalière inférieure de 30 % par rapport à un hôpital où seulement 30 % des infirmiers ont ce degré d’éducation et s'occupent de huit patients en moyenne.

Les chercheurs mettent en avant le niveau d’éducation très disparate selon les hôpitaux et les pays

Selon les résultats de l’étude, la charge d’un patient supplémentaire par infirmier équivaut à une hausse de 7 % du risque de décès du patient. A l’inverse chaque augmentation de 10 % de la proportion d'infirmières qualifiées niveau licence se traduit par une baisse de 7% de la mortalité.

Les chercheurs mettent en avant le niveau d’éducation très disparate selon les hôpitaux et les pays. En Espagne et en Norvège, par exemple, toutes les infirmières ont l'équivalent du niveau licence, en Angleterre elles sont seulement 28 % à l’avoir. L’étude met en avant la nécessité d'accroître la formation de la profession infirmière, pour le bien des patients. 

L’étude met donc le doigt sur le point sensible des budgets de santé et la surcharge de travail

« Ces résultats suggèrent qu'un niveau sûr de personnel infirmier pourrait contribuer à réduire la mortalité chirurgicale, et remettre en question l'idée largement répandue que l'expérience des infirmières est plus importante que leur formation/éducation » estime le Pr Linda Aiken, responsable de ce travail.

La réduction des effectifs infirmiers par souci d'économie pourrait ainsi affecter l'état de santé des malades et réduire des décès évitables. L’étude met donc le doigt sur le point sensible des budgets de santé et la surcharge de travail auquel est confronté le personnel hospitalier.

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