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Les hôpitaux lyonnais aux petits soins pour les patients étrangers

Chaque année, ils sont plus de 2 000 étrangers à venir se faire soigner dans les hôpitaux de Lyon. Une manière de développer leur image, les établissements de santé sont friands de ce tourisme médical. Les cliniques vont jusqu’à créer des « carrés VIP » pour attirer les clients les plus aisés.

Sur le modèle hôtelier, les hôpitaux privés inaugurent des chambres de standing - plus spacieuses, lits plus confortables. C’est ainsi que des sportifs Italiens viennent se faire soigner à la clinique Mermoz, que des Américains sont opérés à la clinique de La Sauvegarde, qu’une Mexicaine ou une Koweïtienne optent pour un lifting à la clinique du Parc, ou encore qu’un Néo-Zélandais se fait greffer une main aux Hospices Civils de Lyon.

Chaque année, plus de 2 000 étrangers viennent expressément à Lyon pour une intervention médicale. Les habitants d’Europe de l’Est ou du Maghreb, eux, viennent pour accéder à une meilleure offre de soins qui, dans leur pays, est rapidement limitée. Ils sont désormais quelques-uns, dans le monde, à parcourir des milliers de kilomètres pour être suivis par des chirurgiens de renommée internationale.

Réputation internationale du service de chirurgie orthopédique.

En effet, la ville de Lyon regorge de « stars » de la médecine, connus dans le monde entier et dont le réseau dépasse les frontières. Certains donnent des conférences ou enseignent à l’étranger. En retour, leurs confrères étrangers peuvent leur envoyer des cas complexes, et parfois des personnalités qui seront choyées par les établissements de santé lyonnais. 

Par exemple, l’hôpital privé Jean-Mermoz (Lyon 8e) bénéficie de la réputation internationale de son service de chirurgie orthopédique auprès de sportifs de haut niveau. « L’an dernier, nous avons reçu 537 patients étrangers. Cela reste un volume trop modeste pour peser financièrement. Cela rapporte surtout en termes d’image d’excellence de notre établissement », rapporte Patrick Mignot, directeur général de cet hôpital.

Ces chambres sont facturées deux fois plus cher que les chambres classiques.

Le nombre de patients étrangers a progressé de près de 10% chaque année. L’établissement a lui aussi fait des efforts pour accueillir ces patients. Début juin 2014, le centre hospitalier a inauguré une sorte de « carré VIP », à la hauteur du standing de ses patients, dans l’une de ses ailes. On pourrait même établir une comparaison avec un hôtel. Les chambres disposent davantage d’espace que dans une chambre standard, et les lits sont plus confortables. 

De plus, les patients privilégiés reçoivent un cadeau de bienvenue. Ils ont également à disposition des journaux gratuits, des repas commandés tout droit chez le traiteur, et même … deux gouvernantes ! Toutefois, ce luxe n’est pas gratuit. Ces chambres sont facturées deux fois plus cher que les chambres classiques : 210 euros la journée. 

« Un patient reste un patient ».

« Dans le bloc opératoire, un patient reste un patient, les praticiens ne font évidemment aucune différence. C’est l’environnement de la prise en charge qui est spécifique », explique le directeur de la clinique Mermoz. Habituée aux clients fortunés, la clinique a déjà reçu un riche émir, il y a quelques années. Celui-ci avait réservé trois chambres, dont deux pour ses enfants et ses gardes du corps. Récemment, son épouse s’est renseignée pour venir à l’hôpital.

La clinique du Parc (Lyon 6e) est un autre exemple d’établissement qui travaille avec une patientèle internationale. A l’arrivée de ces patients, un « Welcome Pack » leur est remis. Les documents d’admission leur sont traduits en anglais. Tout est fait pour que les patients étrangers soient aussi bien reçus que les francophones, notamment avec la barrière de la langue.

« Les patients étrangers pourront séjourner à proximité de la clinique ».

« L’ensemble des médecins parlent anglais. Ce qui n’est pas forcément le cas des infirmières au contact des patients. Nous proposons donc une formation pour nos salariés », explique Géraldine Charoy, la responsable du développement de la clinique du Parc. Par ailleurs, afin d’attirer une patientèle étrangère, la clinique vante ses mérites auprès des ambassades et des clubs d’expatriés lyonnais. « Un expatrié qui se fait bien soigner chez nous le dira ensuite à son réseau et sa famille qui n’habitent pas forcément en France ».

Quant à la clinique de La Sauvegarde (Lyon 9e), la direction réfléchit sur une stratégie, depuis un an, pour attirer les étrangers. Actuellement, près de 200 étrangers, sur 45 000 admis, optent, chaque année, pour La Sauvegarde. Prochainement, un hôtel, situé juste en face de la clinique, devrait être construit. « Les patients étrangers pourront séjourner à proximité de la clinique, avant et après leur opération, dans un cadre agréable, cela compte », a expliqué Olivier Bénéton, le nouveau directeur de la clinique, depuis février 2014.

Faciliter le tourisme médical entre les pays de l’Union européenne.

Du côté des Hospices Civils de Lyon, ils accueillent près de 700 étrangers par an, soit plus de deux patients par jour. « Nous ne cherchons pas à développer cette activité de manière offensive. C’est une réalité de fait, que l’on doit, par exemple, à la renommée de nos services de greffes ou de maladies rares, qui attirent des patients de tous les continents. Les patients internationaux ne représentent peut-être que 0,4% du total des admissions, mais nous devons savoir répondre à leurs attentes », a commenté Laurence Caille, gestionnaire des HCL.

Il est possible que le nombre de patients internationaux augmente avec l’adoption, l’année dernière, d’une directive européenne, censée faciliter le tourisme médical entre les pays de l’Union européenne. Les HCL ont donc pris les devants et pilotent un observatoire européen sur les soins transfrontaliers. « L’idée est de définir pourquoi ces patients se déplacent à l’étranger pour se faire soigner. L’objectif final est d’augmenter la qualité de l’accueil des étrangers », a ajouté Laurence Caille.

Les médecins lyonnais restent en contact avec leurs homologues du pays du patient.

L’Office de Tourisme de Lyon est lui aussi mis à contribution, en communiquant sur la qualité et le savoir-faire de ses établissements de santé. Les médecins lyonnais appartiendraient ainsi au patrimoine de la ville. Avec la possible ouverture de la ligne aérienne Lyon-Dubaï, la ville de Lyon pourrait attirer de riches familles des pays du Golfe. « Tous les établissements sont favorables, chacun a des équipes de haut niveau », a exprimé le directeur général de l’hôpital privé Jean-Mermoz.

En ce qui concerne le suivi des patients, il est fréquent que des chirurgiens exigent à leurs patients de rester, quelques jours, à proximité de l’hôpital, avant de reprendre l’avion. Par-là, les médecins s’assurent qu’aucune complication ne viendra perturber le patient. « Je demande à mes clientes étrangères (le médecin interrogé est un chirurgien esthétique) de rester une nuit de plus dans la région après une opération afin de m’assurer que tout va bien », explique Vincent Auchane. Ce dernier a d’ailleurs développé une clientèle Suisse et Maghrébine, dans sa clinique, près de Villefranche, via le bouche-à-oreille. Une fois le patient rentré chez lui, les médecins lyonnais restent en contact avec leurs homologues du pays du patient. Ces derniers prennent alors le relais en cas de problèmes.

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