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Les internes en grève pour la réforme de leur temps de travail

Plus d’un quart des internes hospitaliers sont en grève ce lundi, et réclament à Marisol Touraine le respect de leur repos de sécurité. Ces futurs médecins sont excédés par leurs conditions et leur temps de travail, qui atteint en moyenne 60 heures par semaine.

« Nous ne laisserons pas la ministre de la Santé mépriser et insulter les internes. La gronde ne fait que commencer. » C'est le tweet posté mercredi soir par l'Inter Syndicat National des Internes (ISNI) à la sortie d'une réunion avec le cabinet de Marisol Touraine. Le syndicat a appelé aujourd’hui les internes à manifester, partout en France. Au menu de ce mouvement : des revendications portant tout à la fois sur les rémunérations, les effectifs et le temps de travail.

En 2013, Bruxelles avait mis la France en demeure de se conformer au droit européen, qui impose un temps de travail hebdomadaire de 48 heures maximum. Mais selon une enquête menée par l’ISNI, les futurs médecins travailleraient en moyenne 60 heures par semaine. 

Certains étudiants atteignent même les 90 heures par semaine

Certains étudiants atteignent même les 90 heures par semaine lorsqu’ils effectuent des stages aux urgences ou en chirurgie. Obligatoire depuis 2002, le repos de sécurité est une pause de 11 heures dont doit bénéficier un interne en médecine à la fin de chaque garde de nuit, afin qu’il ne travaille pas 24h d’affilée. Ce repos n’est d’ailleurs toujours pas respecté dans 1 hôpital sur 5 (20 %), et atteint parfois même les 70 % en chirurgie. 57 % des internes n’ayant pas eu de repos de sécurité enchaînent avec une autre journée de travail. 

L’ISNI pointe du doigt, depuis longtemps, la surcharge de travail et le repos insuffisant dont sont victimes les étudiants, propices aux erreurs médicales. « Il ne faut pas dire que les internes ne veulent pas travailler. Nous on demande juste à être mis en sécurité avec l'application du repos de sécurité...» explique Emmanuel Loeb, président de l’Inter Syndicat. Il propose une mesure simple : « une semaine de travail commençant le lundi matin et se terminant le vendredi soir. Le samedi matin serait ainsi compté comme une garde, mieux rémunéré »

Un dispositif de sanctions va être mis en place contre les établissements hospitaliers

La ministre de la santé, Marisol Touraine, est divisée. Elle doit, bien entendu, s’assurer que la législation européenne est bien appliquée nationalement. Mais également écouter les avertissements des dirigeants hospitaliers, qui lui rapportent qu’un tel changement n’est pas envisageable et que cela aura « un impact organisationnel considérable dans les services de soins ».

Mais comme l’avait reconnu Marisol Touraine il y a un an : « Il n'est plus acceptable que les internes soient corvéables à merci ». Face à ces conditions de travail illégales, la ministre a finalement décidé de faire un geste en faveur des internes, en fin de semaine. Un dispositif de sanctions, visiblement d’ordre financier, va être mis en place contre les établissements hospitaliers ne respectant pas ce repos de sécurité.

L’exode des internes à l’étranger

Mais l'ISNI avait maintenu son appel à la grève face à l'absence d'annonce concernant sa revendication principale sur le samedi matin. Cette situation pousse Emmanuel Loeb à alerter les pouvoir publics sur un phénomène récent et qui se généralise : l’exode des internes à l’étranger. Le Canada et la Suisse font partie des destinations privilégiées par les futurs médecins, attirés par les meilleures conditions de travail de ces pays. 

« C'est un phénomène encore mineur mais ça risque de prendre de l'ampleur dans les années à venir si rien n'est fait en faveur des internes. Surtout qu'il n'y a pas de barrière de la langue », indique-t-il. Si aucun changement ne se fait ressentir rapidement, « d’autres mobilisations plus longues sont à prévoir dans les semaines à venir », conclut le président de l’ISNI.

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