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Les médecines alternatives entrent à l’hôpital

Hypnose, acupuncture, homéopathie, relaxation.. 4 Français sur 10 ont déjà eu recours à ces médecines douces. Aujourd’hui on recense en France plus de 400 pratiques non conventionnelles, qui font leur entrée dans les hôpitaux : 16 CHU proposent une quinzaine d’entre elles.

Médecines douces, alternatives, naturelles, non conventionnelles : de nombreux noms leur ont déjà été attribués jusqu’à ce que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) choisisse les termes « médecines complémentaires et alternatives ». Son objectif principal consiste à utiliser tout ce qui peut améliorer le suivi du patient, sans jamais négliger son traitement allopathique. Elle joue à la fois sur le curatif et le préventif. Elle peut s’associer à des soins de bien être sans pour autant être médicale : par exemple la relaxation, les massages, la sophrologie ou la musicothérapie.

« L’acupuncture, elle, est reconnue par l’OMS comme bénéfique sur 43 maladies »

On peut classer les traitements en quatre types :

- Les traitements biologiques naturels : plantes, compléments alimentaires…

- Les traitements psychocorporels : hypnose, yoga…

- Les traitements physiques naturels : ostéopathie, massages…

- Les autres pratiques et approches de la santé : acupuncture, médecines chinoises…

L’Académie Nationale de Médecine ne reconnait cependant que quatre d’entre elles : l’acupuncture et l’homéopathie pour traiter les douleurs du dos, du cou et de la tête, le taï-chi pour la prévention des chutes des personnes âgées et l’hypnose pour les effets secondaires de la chimiothérapie. Pour cette dernière il en existe d’ailleurs différents types : l’hypnose conversationnelle, l’hypnose formelle, l’hypnoanalgésie.

Elle se développe tellement qu’à l’hôpital d’Aix-en-Provence, elle est incluse dans la prise en charge du patient. Une soixantaine de professionnels de santé sont déjà formés, et à terme ils seront 800.

Si la médecine complémentaire est aujourd’hui largement reconnue, elle peut parfois laisser place à des dérives sectaires

L’acupuncture, elle, est reconnue par l’OMS comme bénéfique sur 43 maladies. Au niveau de la cancérologie, elle s’attaque d’abord aux effets secondaires (fatigue, vomissements, brûlures, troubles de l’humeur), et est propre à chaque type de cancer. Cela permet donc au patient de suivre son traitement dans de meilleures conditions.

Si la médecine complémentaire est aujourd’hui largement reconnue, elle peut parfois laisser place à des dérives sectaires. En hôpital, le cadre et la règlementation mettent le patient à l’abri des charlatans. Mais ce sont surtout les offres qui prolifèrent dans le secteur libéral qui n’ont aucune validation scientifique et qui peuvent toucher les patients les plus fragiles. L’exemple actuel est le Reiki, une technique japonaise d’imposition des mains, qui dissiperait les nœuds énergétiques à l’origine de nos blocages. Il prétend guérir des cancers en détectant un choc émotionnel à l’origine du mal. Ou encore l’harmonisation, qui guérirait la maladie par la prière.

Le sénateur Jacques Mézard recommande donc une certaine vigilance car « ces pratiques entrainent les malades vers le refus des soins médicaux, et certains en meurent ».

C’est pour cela qu’il est nécessaire de mieux intégrer les médecines complémentaires dans le système de soin hospitalier. Pour Jean-Yves Fagon, chef de clinique à l’Hôpital Européen Georges Pompidou « Il faut encore surmonter les réticences de certains médecins ou soignants sceptiques vis-à-vis des thérapeutiques que l’on ne maîtrise pas encore totalement, et qui doivent être réellement évaluées ».

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