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Les médecins au bord de la crise de nerfs

Corde autour du cou et masque blanc sur le visage, les blouses blanches se sont effondrées l’une après l’autre, hier, devant le ministère de la Santé.

Une vingtaine de médecins en colère ont mimé des suicides ce mardi à la mi-journée devant le ministère de la Santé pour lancer un cri d'alerte sur les risques de surmenage et de suicides qui menacent, selon eux, la profession.

Surcharge de travail, pression administrative, charges financières, insultes, solitude… A chacune de ces raisons qui pousse au burn-out, un médecin s’est allongé, une corde autour du cou, sur le trottoir en face du ministère de la Santé.

« Le burn-out est une réalité qui n’intéresse pas les caisses d’assurance maladie, ni le gouvernement, qui ne cessent de nous encadrer et de nous pressuriser »

L’Union Française pour une Médecine Libre, un mouvement né des « médecins pigeons » en octobre 2012, a mis en place ce mardi, « un jour noir » pour sensibiliser l’opinion sur le problème du burn-out et de l’épuisement professionnel. Selon l’association, ces raisons pousseraient les médecins au suicide, qui sont de plus de 40 par an dans la profession.

« Le burn-out est une réalité qui n’intéresse pas les caisses d’assurance maladie, ni le gouvernement, qui ne cessent de nous encadrer et de nous pressuriser » a dénoncé le Dr Jean Marty. Ce médecin généraliste et président de l’UFML, estime que les nouvelles mesures prises par l’Etat et l’assurance maladie bouleversent la profession. Le mouvement s’oppose notamment à la généralisation du tiers payant, dont la concertation a débuté hier.

« Le taux de suicide est 2,48 fois plus élevé chez les médecins que sur l’ensemble de la population »

Selon une récente étude de l’association « Parole de professionnels » portée auprès de 120 médecins la charge de travail est pour 46 % des praticiens la principale cause d’épuisement professionnel. La relation avec le patient est à la deuxième place avec 41 %, juste devant les contraintes administratives (31 %) et les problèmes de gestion du cabinet (15 %).

« Le taux de suicide est 2,48 fois plus élevé chez les médecins que sur l’ensemble de la population » poursuit le Dr Marty. « Le médecin est pris à son propre jeu de soignant. Il est écrasé par le poids professionnel, par le nombre d’heures, écrasé par le fait qu’il ne peut pas s’arrêter, il a choisi cette profession pour se donner aux autres, et tout cela l’amène à l’épuisement voire à des tentatives de suicide. (…)Nous voulons être entendus et, chaque année, nous serons là » conclut-il. 

Un burn-out dénoncé aujourd’hui par de nombreux soignants, à l’instar des actions du mouvement Ni Bonnes Ni Nonnes Ni Pigeonnes pour les infirmières et aides-soignantes.

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