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Les stages des étudiants infirmiers menacés

La Fédération de l'Hospitalisation Privée décide de suspendre les stages des Etudiants en Soins Infirmiers à compter du samedi 1er mars, provoquant de vives réactions du côté de l’Ordre Infirmier et de la Fédération Nationale des Etudiants en Soins Infirmiers.

De nombreux directeurs d'IFSI partenaires des 1 100 cliniques adhérentes à la Fédération de l'Hospitalisation Privée ont reçu il y a quelques jours, une lettre leur indiquant que l'accueil de leurs étudiants en stage professionnel était « suspendu pour une période indéterminée »

Ces stages de cinq à dix semaines qui étaient prévus à partir du 1er mars 2014, obligent certaines écoles de formation à revoir très rapidement l’organisation des stages de leurs étudiants. Une décision brutale que les directeurs d’IFSI ne comprennent pas, leurs partenariats avec les cliniques privées étant efficaces depuis des années.

La FHP est actuellement en pleine négociation de convention annuelle tarifaire avec le Ministère de la Santé et la Sécurité sociale. Les discussions, très tendues, font que depuis le 5 février, la FHP est « entrée en résistance » et menace de suspendre son plan pour l'emploi dans le secteur, si le projet du gouvernement sur les tarifs est appliqué.

C’est un moyen, pour les cliniques privées, de protester et de « démontrer leur utilité au sein du système hospitalier »

La deuxième répercussion de cet ultimatum touche donc les ESI. La FNESI s’indigne de cette « prise en otage » et n'accepte pas cette pénalisation des étudiants. Elle s’adresse aux pouvoirs publics, ainsi qu'à la FHP, et leur demande de « prendre leurs responsabilités et d'entreprendre les actions nécessaires ».

Selon les cliniques privées, cette décision est un moyen de protester et de « démontrer leur utilité au sein du système hospitalier ». « On ne peut pas arrêter de soigner nos patients. C’est donc la seule possibilité qu’on a de manifester notre colère », signale Karelle Rouff, directrice de la clinique Sainte-Colombe dans l’Yonne. Elle poursuit « Les étudiants pourront reprendre leur stage à la clinique une fois le mouvement terminé. Ou seront en tout cas replacés au sein d’un service équivalent d’un établissement non-gréviste ».

La Fédération Hospitalière de France a tenu à faire savoir dans un communiqué que « par respect pour les étudiants et conformément à leur tradition de responsabilité, les hôpitaux publics suppléeront si nécessaire, comme ils le font dans d'autres domaines, les carences du secteur privé commercial ». Le délégué général de la FHF, Gérard Vincent a saisi cette occasion pour pointer du doigt les cliniques privées qui « ne peuvent revendiquer leur participation au service public et se prêter à un chantage irresponsable ». La FHF espère ainsi que « les pouvoirs publics auront la lucidité d'en tirer les conséquences ».

Les étudiants ont besoin d'être encadrés

Pour l’Ordre infirmier même si la proposition de la FHF d'accueillir tous les stagiaires est « louable, cela n'est pas une bonne solution ». « On ne peut pas surcharger les services. C'est un principe de réalité. Les étudiants ont besoin d'être encadrés. Comment pourraient-ils être bien accueillis si on augmente brutalement le nombre d'étudiants en stage dans le public », explique Karim Mameri, secrétaire général de l'Ordre. Il trouve « inquiétant pour le système de soins » que la Fédération de l’Hospitalisation Privée en vienne « à de telles extrémités », par manque de dialogue avec le Ministère.

L'ultimatum de la FHP risque cependant de leur porter préjudice car ces stages sont, pour les ESI, l'occasion de mieux connaître l'offre du privé et pour les cliniques à but lucratif de se constituer une source importante en matière de recrutement.

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