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Une majorité de Français contre la libre installation des médecins

Six Français sur dix considèrent que la liberté d'installation des médecins est une mauvaise chose car certaines zones du territoire manquent de professionnels de santé, selon le baromètre santé 2015 de Deloitte, publié mardi 14 mars 2015.

PARIS, 14 avril 2015 (APM) - Six Français sur dix considèrent que la liberté d'installation des médecins est une mauvaise chose car certaines zones du territoire manquent de professionnels de santé, selon le baromètre santé 2015 de Deloitte, publié mardi.

Ce sondage a été réalisé par l'Ifop pour Deloitte du 20 au 26 mars sur internet, auprès d'un panel de 2.000 personnes représentatif de la population de 18 ans et plus. Elles ont été interrogées sur leur perception du système de santé en général, ainsi que sur l'évolution de leur budget santé, sur l'efficacité de la prévention, leurs attentes des complémentaires santé et l'e-santé.

L'étude montre une satisfaction très forte (86%) des Français sur la qualité de leur système de santé, malgré une progression de l'inquiétude sur l'accès aux soins : 30% des sondés se disent insatisfaits de leur accessibilité (proximité géographique et temps d'attente) et 33% des conditions financières d'accès aux soins (prix et niveau de remboursement).

Plus d'un Français sur deux a le sentiment que le nombre de médecin généralistes et spécialistes baisse dans leur région et 42% pensent que c'est le cas aussi pour les établissements de santé. "Cette inquiétude se retrouve surtout dans les zones rurales, où 70% des Français croient à une diminution du nombre de médecins généralistes, contre 40% des habitants de l'agglomération parisienne", a observé Michel Sebbane, associé conseil secteur public chez Deloitte, mardi lors d'un point presse.

De fait, 62% des Français pensent que la liberté d'installation des médecins est "une mauvaise chose, car certaines zones du territoire manquent actuellement de médecins", contre 38% qui considèrent que "c'est une bonne chose, car on ne peut pas les obliger à s'installer où ils ne le souhaitent pas".

Les sondés se disent aussi à 62% opposés au regroupement d'hôpitaux au niveau territorial.

Concernant l'aspect financier, 86% des Français estiment que la part des dépenses santé restant à leur charge va augmenter, alors que 54% pensent même qu'elle va "augmenter fortement". Un tiers des sondés dit avoir déjà reporté ou renoncé à consulter un dentiste pour des raisons financières, 27% un médecin spécialiste et 21% un kinésithérapeute. Dans une moindre mesure, 14% ont déjà reporté ou renoncé à consulter un médecin généraliste et 13% à subir une intervention chirurgicale.

Seuls 15% des Français sont favorables à des mesures visant à réserver les remboursements de l'assurance maladie aux personnes plus fragiles (physiquement ou financièrement) et 63% sont contre la mise en place d'une modulation des remboursements en fonction des revenus.

Néanmoins, 70% sont pour "des mesures obligeant ceux qui mènent une vie plus risquée (tabac, alcool, sports violents, etc.) à participer davantage aux dépenses de santé qu'ils engendrent".

L'étude montre un "plébiscite" de la chirurgie ambulatoire par les personnes qui y ont déjà eu recours (46% de l'échantillon). Ils sont très majoritairement satisfaits sur l'ensemble des éléments étudiés: qualité et efficacité des soins (95% de satisfaction), sécurité de la prise en charge (94%), information reçue sur l'état de santé et les soins (92%), relations avec les soignants (89%), information reçue à la sortie (88%).

Invités à définir leurs "priorités" en matière d'orientations portées par les pouvoirs publics, les sondés citent d'abord la "lutte contre les barrières financières à l'accès aux soins" (90% la jugent "primordiale" ou "importante"), à égalité avec la "facilitation des échanges de données médicales entre les différents professionnels de santé". La "facilitation au quotidien du parcours de santé" est jugée primordiale ou importante pour 89% des sondés et le développement des actions de prévention pour 88%.

UN FRANÇAIS SUR DEUX INTERESSE PAR UNE SURCOMPLEMENTAIRE SANTE

La proportion de Français ayant adopté des gestes de prévention est stable par rapport à l'an passé (87%). Pour agir sur leur santé, ils sont désormais 49% à manger plus sainement et 43% à pratiquer une activité physique régulière.

Parmi les motivations possibles pour suivre un programme de prévention personnalisé, 40% des sondés citent le fait de pouvoir être récompensé, par exemple en bénéficiant de réductions de cotisations chez leur assureur.

Neuf sondés sur dix pensent que la prévention peut aider à retarder l'âge de l'entrée en dépendance et qu'elle peut contribuer à la baisse du déficit de l'Assurance Maladie.

Sept interviewés sur dix déclarent avoir entendu parler de la loi de généralisation de la complémentaire santé à l'ensemble des salariés d'ici à 2016 (contre 50% en 2014).

Environ trois quart estiment que le niveau des remboursements de leurs mutuelles sur les postes clefs (consultation de médecin généraliste, dépenses de pharmacie, hospitalisation) est satisfaisant. C'est moins le cas pour le remboursement des soins dentaires (53% de satisfaction), orthodentaires (35%) ou optiques (46%).

Un Français sur deux montre un intérêt pour une éventuelle souscription à une surcomplémentaire santé financée par leurs soins. La dépense moyenne envisagée est de 22 euros par mois. Au-delà d'un renforcement des remboursements, qui intéresse huit français sur dix, ils attentent surtout plus d'information et de conseils et un "accompagnement au parcours de vie au bien vieillir".

LA FRANCE CONSIDEREE "EN RETARD" SUR L'E-SANTE

Dernier volet de l'étude, l'e-santé est largement perçue comme un moyen efficace pour améliorer certains axes du système de santé. Elle permet notamment, selon les sondés, d'améliorer la coordination des professionnels de santé (81%), de mieux suivre les indicateurs biologiques de santé (77%) et de limiter les coûts liés au transport sanitaire et aux déplacements des patients (74%).

Pour autant, plus de la moitié des sondés jugent la France "en retard" sur différents domaines de l'e-santé: la télémédecine (55%), les échanges électroniques entre professionnels de santé (53%), les applications mobiles de santé (53%) ou les échanges électroniques entre les médecins et les patients (59%).

Cette impression de retard peut être liée au manque de connaissance des Français sur les actions menées. Seulement 10% ont entendu parler du programme Hôpital numérique, 8% de l'appel à projets Territoire de soins numérique (TSN) et 24% du programme Télémédecine.

Au niveau personnel, 47% des sondés n'utilisent "aucun outil" de e-santé, 35% utilisent des sites internet d'information en santé et 8% utilisent des applications mobiles en santé.

Interrogés sur les obstacles à l'utilisation des technologies de communication en matière de santé, 41% des sondés citent des "craintes quant à la confidentialité des données personnelles" et 38% des risques de problèmes techniques ou d'erreurs. En revanche, 24% ne voient "aucune raison de ne pas utiliser les TIC" (technologies de l'information et de la communication) en santé.

mb/gb/APM polsan - www.apmnews.com 

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