Bienvenue

Manque d'urgentistes : Samu-Urgences de France dénonce des absurdités administratives, Avenir hospitalier l'attentisme de l'Etat

Samu-Urgences de France et Avenir hospitalier ont critiqué l'attitude des pouvoirs publics quant au manque d'urgentistes, le premier dénonçant des absurdités administratives empêchant de recruter des médecins européens et le second déplorant un attentisme face au développement de l'intérim, dans des communiqués diffusés mardi et lundi.

Alors que plusieurs services d'urgences ont dû fermer partiellement ou totalement pendant la période estivale (Valognes -Manche-, Firminy -Loire-, Saint-Vallier -Drôme) en raison de problème d'effectifs médicaux, Samu-Urgences de France estime que la pénurie actuelle d'urgentistes "ne pourra se régler rapidement sans le recours possible à des médecins spécialistes de la médecine d'urgence issus d'autres pays de la communauté européenne ayant reconnu cette spécialité".

Il juge "ubuesque" de ne pas pouvoir actuellement recruter d'"excellents médecins urgentistes européens".

Pour lui, cette situation est la conséquence de la non-reconnaissance en France de la spécialité de médecine d'urgence, "imposant à des médecins spécialistes urgentistes d'autres pays de la communauté européenne la validation d'une spécialité française de médecine générale (un an de stage...) avant de pouvoir exercer dans nos hôpitaux".

Le syndicat réclame l'annonce "immédiate" de la création de la spécialité de médecine d'urgence sous la forme d'un diplôme d'études spécialisées (DES), et non plus d'un diplôme d'études spécialisées complémentaires (DESC), demande constante des urgentistes depuis de nombreuses années.

Il souhaite aussi que cette spécialité soit reconnue par le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom) pour les médecins européens spécialistes en médecine d'urgence.

Enfin, il juge nécessaire que les hôpitaux aient la possibilité de recruter ces médecins européens dans les structures de médecine d'urgence.

UN "ELECTROCHOC" CONTRE LA DEPENDANCE A L'INTERIM

Avenir hospitalier pointe la place prise par l'intérim au cours des dernières années. "De mal en pis! Après le manque de praticiens titulaires… le manque d'intérimaires oblige à fermer des activités à l'hôpital public!".

Pour le syndicat, les difficultés des urgences de Valognes mettent en lumière la "situation -non exceptionnelle- de dépendance complète vis-à-vis de médecins intérimaires pour assurer l'accueil des urgences mais pas seulement".

"Combien d'hôpitaux, combien de services en France sont-ils aujourd'hui placés en dépendance totale de l'intérim médical, et du manque chronique d'effectifs médicaux notamment pour les spécialités à permanence des soins?", interroge-t-il en appelant à rendre publiques les données recueillies par les agences régionales de santé (ARS) sur les "fermetures ou fortes limitations d'activités, contraintes par la pénurie".

Il juge que, "par l'absence de mesures concrètes, les pouvoirs publics portent la responsabilité d'un attentisme qui fait à présent de l'intérim une forme d'exercice plus attractive que la prise d'un poste hospitalier".

Avenir hospitalier observe que les mesures du projet de loi de santé ne seront pas suffisantes pour améliorer l'attractivité des carrières et trouver une solution à l'intérim médical.

Il appelle les praticiens et les usagers "à exiger rapidement des mesures tangibles pour que l'hôpital public, formidable outil social et bien commun, 'ne devienne pas un désert dans le désert'".

Il attend un "électrochoc" à la rentrée afin de ne pas "capituler" face à "ce qui est présenté comme une fatalité saisonnière mais relève plutôt d'une incurie prévisionnelle depuis des années et d'un refus actuel d'entendre les propositions sérieuses des professionnels du terrain".

Le syndicat indique avoir formulé des propositions qui ont été discutées lors des auditions par la mission de Jacky Le Menn sur l'attractivité des carrières médicales.

www.apmnews.com - cb/nc/APM polsan

0 commentaire

Déjà inscrit

 Se souvenir de moi

Pas encore inscrit ? Rejoignez La Passion du Soin !

 J'accepte les conditions générales d'utilisation de La Passion du Soin

A lire aussi

Pour sept patients sur 10, les soins débutent dans l'heure qui suit leur arrivée dans le service des urgences, constate la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) dans une étude publiée jeudi.