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Mieux comprendre le Chlorure de Potassium

Suite à la tragique erreur d’administration de chlorure de potassium du 10 septembre dernier, il n’est pas de trop de rappeler les bons usages de ce produit, recommandés par l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France. 

Le chlorure de potassium injectable hypertonique est un médicament à haut risque. L’administration par voie intraveineuse de chlorure de potassium expose à des accidents graves, voire mortels, par arrêt cardiaque en cas de doses trop fortes ou trop rapidement administrées. 

La plupart du temps, ces accidents surviennent en cas d’erreurs dans la gestion du circuit de la prise en charge médicamenteuse, que ce soit au stade de la prescription, de son interprétation, de la préparation ou de l’administration du chlorure de potassium, rappelle l’ARS Ile-de-France (cf. http://lpds.re/JkNGiF8).

Cela peut concerner une confusion avec d’autres ampoules d’électrolytes, une absence de dilution, une erreur de conversion d’unités et de calcul de dilution, ou encore une injection trop rapide.

Recenser les unités de soins pour lesquelles un retrait complet des solutions concentrées de KCl est envisageable.

Afin de sécuriser le circuit de la prise en charge médicamenteuse, il est recommandé de recenser les unités de soins pour lesquelles un retrait complet des solutions concentrées de KCl est envisageable. Cette mesure ne concerne pas les services d’urgence et de réanimation.

Pour les unités de soins dans lesquelles le chlorure de potassium injectable concentré est maintenu à disposition, une seule et même présentation doit être utilisée au sein de l’établissement. Une première qui est réservée aux adultes : KCl 10% (10 mL), et une deuxième aux enfants : KCl 7,46% (10 mL).

Un affichage doit signaler qu’il s’agit d’un médicament à risque.

Les ampoules de KCl doivent être rangées dans un endroit spécifique de la pharmacie à usage intérieur (PUI), à distance des lieux de stockage des ampoules de chlorure de sodium, d’eau pour préparation injectable, ou de tout médicament d’apparence similaire.

Un affichage (étiquette d’alerte), sur ces ampoules, doit signaler qu’il s’agit d’un médicament à risque, avec une mention du type « doit être dilué ». De plus, ces ampoules ne doivent pas être présentes dans les chariots d’urgence.

Il est impérativement proscrit d’emprunter des ampoules de KCl injectable hypertonique entre unités de soins. 

Si le recours à une solution pré-diluée est impossible, la prescription du médecin doit comporter certaines précisions :

* la posologie à perfuser, exprimée en grammes de chlorure de potassium

* la concentration de la solution diluée à perfuser qui doit être inférieure ou égale à 4g/L de KCl

* la vitesse de perfusion (intraveineuse lente) qui doit être inférieure à 1g/h de KCl.

De plus, il est recommandé, au sein de l’établissement : 

- de standardiser les modalités de prescription du potassium par voie intraveineuse, de façon à éviter les erreurs de compréhension lors du passage de patients entre unités de soins différentes

- de proscrire les termes « bolus » et « IVD » pour les électrolytes concentrés

- de rappeler les règles de surveillance et les actions à conduire en cas d’hyperkaliémie secondaire

- de paramétrer des alertes, si la prescription est informatisée, pour la prescription, la dispensation et l’administration du chlorure de potassium concentré par voie parentérale.

Il est indispensable de toujours diluer la préparation.

Il est indispensable de toujours diluer la préparation. Celle-ci doit être réalisée par du personnel formé. La préparation de la solution diluée à partir d’une ampoule de chlorure de potassium injectable hypertonique doit être précédée de la lecture attentive des mentions gravées en rouge, figurant sur l’ampoule contenant la solution hypertonique concentrée.

L’ampoule concentrée est à diluer de préférence dans du chlorure de sodium (NaCl) istonique à 0,9%. La dilution dans du glucose à 5% est possible, mais à éviter en début de traitement car l’apport de glucose stimule la sécrétion d’insuline qui, elle-même, peut aggraver une hypokaliémie. 

ATTENTION, la densité du chlorure de potassium concentré est supérieure à celle du NaCl à 0,9% ou du glucose à 5%. Il faut donc homogénéiser la solution préparée avant emploi.

Dans TOUS LES CAS, un double contrôle est recommandé, par une deuxième personne qui vérifie l’ampoule initiale, ayant servi à la dilution, et la solution préparée : étiquetage, concentration et vitesse de perfusion.

L’administration ne doit JAMAIS se faire en intraveineuse directe, par voie sous-cutanée, ou par voie intramusculaire.

Surveiller la tolérance cardiovasculaire au minimum dans les minutes suivant la mise en place de la perfusion.

Enfin, les modalités de la surveillance du patient au plan cardiovasculaire dépendent du contexte clinique et du niveau de départ de l’hypokaliémie à traiter. L’important est de surveiller la tolérance cardiovasculaire au minimum dans les minutes suivant la mise en place de la perfusion, ainsi que dans les heures suivantes : mesure de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque au pouls radial, si nécessaire surveillance continue par monitoring de l’ECG (scope) avec alarme en cas de pause cardiaque par bloc auriculo-ventriculaire (risque principal d’une administration trop rapide de chlorure de potassium).

Le niveau de la kaliémie devra être mesuré dans les 12 à 24 heures après l’instauration de la perfusion de KCl, afin d’ajuster la posologie à administrer pour restaurer un niveau normal de kaliémie (4 mmoles/L).

Retrouvez davantage de recommandations sur le site de l'ARS d'Ile de France : http://lpds.re/JkNGiF8 

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