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Monde : entre la hausse de l’espérance de vie et la montée en puissance de certaines maladies

L'espérance de vie de la population mondiale a progressé en moyenne de six ans depuis 1990, selon une étude publiée dans le journal médical britannique The Lancet. Mais cette hausse de la longévité masque l’augmentation du taux de mortalité causée par certaines pathologies.

L’homme vit toujours plus vieux, et ce, partout dans le monde. L’espérance de vie moyenne est passée de 65,3 ans en 1990 à 71,5 ans en 2013, selon une analyse publiée dans The Lancet. Cette gigantesque étude a impliqué 800 chercheurs internationaux qui ont passé en revue 240 causes de décès dans 188 pays dans le monde.

Le principal résultat de cette recherche est que nous vivons donc plus longtemps. L’espérance de vie des femmes atteint aujourd’hui la moyenne de 74,3 ans, soit 6,6 ans de plus qu’en 1990. Pour les hommes, c’est toujours un peu moins, avec une moyenne de 68,8 ans, soit tout de même une progression de 5,8 ans.

Des pays en développement ont gagné plus de douze ans

« Les progrès réalisés face à un grand nombre de maladies et blessures sont bons et même remarquables, mais nous pouvons et devons faire encore mieux » a estimé le Dr Christopher Murray, auteur principal de l’étude et professeur à l'Université de Washington.

D’ailleurs c’est auprès de pays en développement que la longévité s’est particulièrement accrue, notamment au Népal, Rwanda, Ethiopie, Niger ou encore l’Iran, qui ont gagné plus de douze ans. Dans ces pays, les progrès s’expliquent surtout par le recul des décès dû, entre autres, au paludisme ou aux maladies respiratoires, en particulier chez les nouveaux-nés et les enfants.

La mortalité infantile a été quasiment divisée par deux

La plus grosse baisse de décès concerne d’ailleurs la mortalité infantile qui a quasiment été divisée par deux, passant de 7,6 millions d’enfants de moins de cinq ans morts en 1990 à 3,7 millions en 2013.

A l’inverse, le sud du continent africain a vu son espérance de vie décroître. Les ravages du sida ont notamment fait baisser l’espérance de vie de 5 ans en Afrique du Sud, au Botswana ou encore en Namibie, où la maladie reste la première cause de mortalité prématurée.

Aux niveaux des pays riches, c'est la baisse des décès par cancers et par maladies cardiovasculaires, qui ont diminué respectivement en moyenne de 15 % et de 22 %, qui permet de relever l'espérance de vie. 

Les trois premières causes de décès restent inchangées

« C’est la preuve que la majorité de la planète, à l’exception de l’Afrique subsaharienne, a accompli une transition épidémiologique. Nous sommes passés d’une prédominance des maladies infectieuses à un poids majoritaire de celles non transmissibles, sous l’effet du vieillissement de la population et des avancées dans le domaine sanitaire » assure le Dr Murray.

Depuis plus de 20 ans, les trois premières causes de décès restent inchangées : infarctus du myocarde, AVC et maladies pulmonaires. Mais cette hausse de la longévité cache une montée en puissance de certaines maladies ou troubles dans les causes de décès.

« La progression de ces pathologies s’explique en partie par les conditions de vie »

Cela concerne tout d’abord les cancers du foie provoqués par des hépatites C qui augmentent de manière impressionnante (+ 125%), puis, les troubles graves du rythme cardiaque (+ 100%), les maladies liées à la consommation de drogues (+ 63%), l'insuffisance rénale chronique (+ 37%) et le diabète (+ 9%).

« La progression de ces pathologies s’explique en partie par le vieillissement de la population, mais également par les conditions de vie : tabagisme et alcoolisme, hypertension artérielle, cholestérolémie, sédentarité et alimentation mal équilibrée » explique François Alla, professeur en santé publique à l’université de Lorraine et au CHU de Nancy.

Un Français sur cinq meurt avant 65 ans

Ces problèmes de santé publique expliquent notamment pourquoi aujourd’hui encore un Français sur cinq meurt avant 65 ans. Les causes sont toujours les mêmes depuis 1990 : infarctus et AVC. Mais depuis 23 ans, la maladie d’Alzheimer a également doublé son taux de mortalité, ainsi que les cancers du poumon à 49% et les diabètes (70%).

Mais comme dans le reste du monde, l’espérance de vie en France connaît une hausse de 4,6 ans depuis 1990. Les hommes vivent désormais jusqu’à 78 ans et les femmes vivent jusqu’à 85 ans, le troisième record au monde, après l’Andorre et le Qatar. 

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