Bienvenue

Nouvelle poussée du pessimisme chez les professionnels de santé libéraux en 2014

53 % des professionnels de santé libéraux affirment qu'ils ne recommanderaient pas à un jeune d'exercer leur profession en libéral. Les charges, la fiscalité et les contraintes administratives en sont les principales raisons.

PARIS, 22 avril 2015 (APM) - Les professionnels de santé libéraux portaient fin 2014 un regard de plus en plus négatif sur la situation de leur profession et sur son évolution dans les années à venir, selon un sondage CMV Médiforce réalisé pour la quatrième année consécutive, dont les résultats ont été présentés mardi.

Intitulée "Observatoire CMV Médiforce des professions libérales de santé 2015", cette enquête a été réalisée du 23 octobre au 7 novembre 2014 auprès de 486 professionnels de santé: médecins généralistes, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes, ostéopathes, biologistes, radiologues et vétérinaires. CMV Médiforce est une filiale de la banque BNP Paribas spécialisée dans le financement des professions libérales de santé.

Ce sondage a donc été réalisé à un moment où le projet de réforme des professions réglementées suscitait de vives protestations de la part des libéraux, notamment dans le champ de la santé, note-t-on. Une importante journée de mobilisation avait eu lieu le 30 septembre 2014.

L'observatoire Médiforce avait déjà montré une aggravation du pessimisme des professionnels de santé libéraux en 2013, rappelle-t-on.

En 2014, "pour la première fois", ces professionnels "s'accordent dans leur ensemble sur une note inférieure à la moyenne", signale l'organisme dans un communiqué. Cette note globale se situe à 4,8 sur 10, contre 5,2 en 2013 ou encore 5,7 en 2011. Elle a baissé dans les huit professions interrogées, particulièrement "chez les généralistes et les chirurgiens-dentistes, dont la note perd quasiment un point en un an (passant respectivement de 5,8 à 4,7 et de 5 à 4,2 sur 10)".

Les infirmiers "s'affirment toujours comme les plus positifs", à 5,6, "quand les pharmaciens et les biologistes se rejoignent dans leur vision plus négative de la situation" (4,2 sur 10).

Interrogés sur leur vision de leur profession dans les années à venir, les professionnels donnent globalement une note de 3,9 sur 10, allant de 3,1 sur 10 chez les chirurgiens-dentistes et 5 sur 10 chez les infirmiers.

Tandis qu'en 2011, 29% des professionnels affirmaient qu'ils ne recommanderaient pas à un jeune d'exercer leur profession en libéral, ce taux est passé à 53% en 2014.

L'enquête leur demandait de classer leurs sources de préoccupations parmi plusieurs propositions. La hiérarchie "ne varie pas d'une année sur l'autre": 97% placent au premier rang "les charges et la fiscalité" qui pèsent sur eux, puis viennent les "contraintes administratives" et la "baisse du pouvoir d'achat des Français" (respectivement 94 et 93%), suivies par la baisse de leurs propres revenus (87%).

Les professionnels ont été sondés sur des propositions du rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) de 2013 sur les professions réglementées. Ils manifestent globalement une forte opposition: par exemple, 71% rejettent l'idée de supprimer les numerus clausus. Cette proposition du rapport n'a pas été retenue par le gouvernement, rappelle-t-on.

Interrogés sur un éventuel élargissement des prérogatives des infirmiers et opticiens en matière de prescription, six professionnels sur 10 s'y montrent favorables. Ce taux varie entre 63% chez généralistes et les chirurgiens-dentistes, et 88% chez les infirmiers.

www.apmnews.com - nc/sl/APM polsan

0 commentaire

Déjà inscrit

 Se souvenir de moi

Pas encore inscrit ? Rejoignez La Passion du Soin !

 J'accepte les conditions générales d'utilisation de La Passion du Soin

A lire aussi

Cinq jours après les faits, Marisol Touraine témoigne (enfin!) son soutien à l'infirmière libérale agressée sauvagement en Bretagne.