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Les parents d'Ayana acceptent le protocole d'arrêt de la réanimation lourde

Les parents d'un nourrisson dans le coma depuis plus de 40 jours ont accepté dimanche le protocole d'arrêt de la réanimation lourde proposé par l'équipe médicale devant l'état gravissime du bébé et les douleurs qu'il endure, a annoncé le CHU d'Angers dimanche dans un communiqué.

La petite Ayana est prise en charge au CHU d'Angers dans le service de réanimation pédiatrique, depuis 45 jours à la suite d'une forte fièvre.

Devant l'état gravissime du bébé et pour soulager des douleurs extrêmes, il avait été convenu avec la famille de procéder à un arrêt de la réanimation lourde mais à la veille du week-end, l'équipe médicale a appris par la presse que les parents s'y opposaient.

"Dans le cadre de l'interpellation médiatique des parents d'Ayana", le CHU a tenu à préciser les conditions d'accompagnement des parents et la nature de la prise en charge du bébé, dans un communiqué diffusé vendredi soir.

"Durant ces six semaines, l'équipe a longtemps discuté -et à de nombreuses reprises- avec les parents d'Ayana des protocoles thérapeutiques à envisager à terme face à l'état gravissime de leur enfant et notamment à sa douleur croissante, le devoir premier de l'équipe étant de lutter contre la souffrance de ce bébé", indique le CHU d'Angers.

"Les douleurs d'Ayana devenant extrêmes et rebelles au traitement, l'équipe a reformulé aux parents mercredi 17 juin -de la manière la plus juste, la plus loyale et la plus compréhensible- les alternatives thérapeutiques. A cette occasion, l'équipe leur a de nouveau présenté les décisions envisagées qui visent à suspendre une réanimation lourde devenant douloureuse pour Ayana", précise le CHU.

"C'est donc en concertation avec les parents que la date de l'arrêt de la réanimation lourde a été convenue. A aucun moment, les parents n'ont manifesté de désaccord ou d'opposition", relate le CHU qui mentionne "la douleur, la douleur indicible de la perte probable d'un enfant" qui a transparu lors de l'entretien.

Toutefois, à la demande de l'avocat des parents, Me Emmanuel Ludot, un expert a été missionné par le tribunal administratif de Caen et il a établi, dimanche, que le cerveau du bébé était "irrémédiablement détruit", a indiqué lundi à l'APM Me Ludot.

"Cette expertise a été très utile pour les parents, pour qu'ils comprennent la situation. Il faut maintenant organiser la fin de vie de cette petite", a-t-il ajouté.

Dans un nouveau communiqué, le CHU d'Angers a indiqué dimanche soir qu'"à l'issue des conclusions de l'expert qui a examiné Ayana cet après-midi, ses parents viennent de confirmer qu'ils acceptaient d'accompagner leur petite fille selon le protocole proposé par l'équipe de réanimation pédiatrique d'Angers".

"L'équipe qui s'occupe d'Ayana depuis 44 jours, est soulagée de pouvoir reprendre une relation de confiance avec ses parents, en toute sérénité et loin de tout emballement médiatique. L'équipe médicale et paramédicale peut continuer ainsi à prodiguer à Ayana les soins les plus appropriés dans le respect de sa dignité et de l'écoute de ses parents", a ajouté le CHU.

"L'objet de la médiatisation ne trouve pas sa source dans la prise en charge que nous proposons au CHU d'Angers mais plutôt dans les causes qui ont amené Ayana au CHU", a déclaré à la presse dimanche Sébastien Troguenard, secrétaire général du CHU d'Angers.

Il a parlé d'une "instrumentalisation du conseil des parents" avec "un tout autre objectif" qui est de mettre en cause la vaccination dont elle a fait l'objet.

Interrogé par l'APM, Me Ludot souhaite que l'expert puisse compléter sa mission en étant présent auprès des parents et en les accompagnant pendant cette fin de vie.

"Il reste à ce que le président du tribunal administratif accepte ce complément de mission", a-t-il déclaré dans un entretien à Ouest France.

"Ce sont des parents très jeunes -ils ont 22 ans- qui doivent faire face à cette épreuve. Ils ont besoin d'être épaulés par l'expertise pour mieux comprendre", a-t-il déclaré à l'APM.

L'avocat va s'atteler à la recherche de responsabilités. Une plainte a été déposée le 5 mai par la mère d'Ayana contre le Samu de l'hôpital d'Alençon qu'elle accuse de ne pas être intervenu rapidement lorsqu'elle l'a sollicité pour son bébé qui avait une fièvre de 42,5°C.

Pour l'avocat, le Samu a "commis une négligence". "Il ne pouvait pas ignorer qu'une très forte fièvre ne serait pas irrémédiablement destructrice si elle n'était pas traitée en temps et en heure", a-t-il déclaré à l'APM. Il précise que le Parquet d'Alençon a demandé les enregistrements des échanges avec le Samu.

De plus, l'avocat estime qu'"il y a des questions à se poser" sur l'administration concomitante de deux vaccins chez ce nourrisson de sept mois qui réunissent "19 valences". L'avocat accuse l'Etat sur sa politique vaccinale qui "manque de transparence" alors que "des témoignages affluent" de parents qui auraient observé de fortes fièvres après l'administration de deux vaccins avec dans certains cas des séquelles graves. Il met aussi en cause "les vaccins et Sanofi Pasteur (sic)".

Le bébé a reçu en même temps les vaccins Infanrix Hexa* et Prevenar*, a-t-il indiqué. Le premier vaccin, commercialisé par GlaxoSmithKline, protège contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l'hépatite B et les infections à Haemophilus influenzae, et le second, commercialisé par Pfizer, est un vaccin antipneumococcique (13 valences), note-t-on.

www.apmnews.com - sl/san/APM polsan

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