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Les parents de Vincent Lambert déposent une plainte pour tentative d'assassinat

Les avocats des parents de Vincent Lambert, patient en état végétatif, ont déposé vendredi une plainte pénale contre les médecins en charge de son suivi et le CHU de Reims, soulevant notamment le motif de "tentative d'assassinat".

L'équipe du service de médecine palliative du CHU a lancé une nouvelle procédure collégiale en vue d'une "éventuelle" décision d'arrêt des traitements qui maintiennent Vincent Lambert en vie. Elle a reçu des membres de sa famille mercredi pour recueillir leur avis et une concertation avec l'équipe soignante et des médecins consultants a été initiée.

De nouvelles rencontres avec l'entourage du patient sont prévues jeudi prochain. L'objectif sera "de vous informer des conclusions de la procédure collégiale menée et de la décision que j'aurai prise", écrit la cheffe de service, le Dr Daniéla Simon, dans une convocation datée de jeudi dont l'APM a eu copie.

Joints vendredi, Jean Paillot et Jérôme Triomphe, les avocats des parents de Vincent Lambert, partisans de son maintien en vie, se sont dits certains du fait que l'équipe déciderait à nouveau l'arrêt des traitements.

L'ancien chef du service, le Dr Eric Kariger, avait décidé une première fois l'arrêt de l'alimentation en avril 2013, mais il a été invalidé par le tribunal administratif parce que les parents n'avaient pas été informés de la mise en oeuvre de la procédure collégiale.

Le praticien a pris une deuxième décision en ce sens en janvier 2014. Le Conseil d'Etat en juin 2014, puis la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) en juin 2015 ont validé la procédure.

Le CHU n'a pas expliqué les raisons du déclenchement de la troisième procédure collégiale. Les avocats des parents de Vincent Lambert avaient soulevé le fait que le Dr Kariger n'était plus dans le service et soutenu que l'état du patient s'était amélioré depuis l'expertise médicale réalisée en avril 2014 à la demande du Conseil d'Etat.

Les parents ont demandé au CHU de transférer Vincent Lambert vers un autre établissement. N'ayant pas été entendus, ils ont décidé de porter plainte au pénal, explique leurs avocats jeudi dans un communiqué.

Leur plainte de 35 pages accuse le Dr Kariger, le Dr Simon et un autre médecin du service de "délaissement et tentative d'assassinat sur personne vulnérable" pour le premier arrêt de l'alimentation artificielle, qui avait duré 31 jours en 2013.

Parmi les autres motifs cités figurent ceux de "délaissement de personne vulnérable", "violences sur personne vulnérable", "non-assistance à personne en danger", "séquestration et atteinte arbitraire à la liberté individuelle" et "faux et usage de faux et faux témoignage".

Les parents reprochent notamment à l'équipe d'avoir arrêté les séances de kinésithérapie et de ne pas avoir entrepris de rééducation à l'alimentation orale.

De plus, ils accusent le Dr Kariger de "violation du secret médical" dans un livre qu'il a publié en janvier 2015.

REPROCHE DE CONFLIT D'INTERETS

Par ailleurs, les deux avocats envisagent de porter plainte contre le Dr Simon devant l'ordre des médecins.

Ils lui reprochent notamment d'avoir été médecin-conseil de l'épouse de Vincent Lambert devant la CEDH, ce qui apparaît dans son arrêt du 5 juin. Ils pointent un conflit d'intérêts dans la mesure où la praticienne est en charge de recueillir les avis "de manière impartiale" dans la procédure collégiale en cours.

Cité par Le Monde vendredi, l'avocat de Rachel Lambert, Me Laurent Pettiti, rétorque qu'il avait simplement demandé que le Dr Simon et une autre praticienne du service puissent assister à l'audience publique du 7 janvier devant la CEDH. Il a demandé une rectification de l'arrêt, mais la juridiction n'a pas encore répondu.

Me Paillot a confirmé à l'APM que l'unité de vie spécialisée d'Oberhausbergen (Bas-Rhin) vers laquelle les parents souhaitaient transférer Vincent Lambert ne souhaitait plus l'accueillir. Il a cependant rapporté qu'une "clinique, dans le Nord de la France", était prête à le faire. Les parents envisageraient à terme de le prendre en charge à domicile ou de le placer en maison d'accueil spécialisée (MAS).

A ce jour, les deux avocats n'ont pas déposé de demande en révision de l'arrêt du Conseil d'Etat, alors qu'ils avaient annoncé ce recours. "Nous avons suffisamment de choses à faire pour nous concentrer sur l'essentiel", a fait valoir Me Paillot.

Contactés par l'APM vendredi matin, le Dr Simon et le CHU de Reims n'ont pu être joints.

www.apmnews.com - nc/gb/APM polsan

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