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Polémique après la découverte de photos de bébés morts dans l'ancien hôpital de Saint-Nazaire

Une polémique s'est déclenchée après la découverte de diapositives de bébés morts in utero dans les anciens locaux de l'hôpital de Saint-Nazaire.

Sur un blog, baptisé "Punk-Art gallery", Alexis Doré, un photographe dijonnais qui travaille sur des lieux désaffectés, relate avoir pénétré dans les anciens locaux sur le site du Moulin du Pé.

Dans un entretien accordé au quotidien Ouest France, publié lundi dernier, il indique être entré dans ces locaux à l'été 2014, "facilement, sans effraction".

Sur son blog, dans un court texte intitulé "Bienvenue sur le site de l'hôpital abandonné 'Moulin du Pé' à Saint-Nazaire", il raconte que l'endroit est "peu rassurant, hanté par des bruits de courants d'air et de nombreuses fuites d'eau".

"Le plus stupéfiant restant cette quantité impressionnante de matériels médicaux laissée sur place, ainsi que des téléphones mobiles, des casques de secrétariat encore sous leurs plastiques d'origine, des imprimantes lasers, des télévisions, des données personnelles de patients, un carton entier de diapositives d'enfants mort-nés...", ajoute-t-il.

Le photographe publie plusieurs images de l'endroit. Sur l'une d'elles, on peut aisément voir un amas de diapositives dont une, éclairée par lui, étant la photgraphie d'un nourrisson mort.

Il prévient d'emblée que sa série "n'est pas artistique mais dénonce simplement ce qu'[il] juge comme une très grosse bêtise".

L'HOPITAL RECONNAIT UN DYSFONCTIONNEMENT MAIS PORTE PLAINTE

Le centre hospitalier de Saint-Nazaire a réagi dans deux communiqués.

Dans le premier, diffusé vendredi, il a fait part de sa "stupéfaction et indignation" face à la publication de la photographie du bébé décédé, "après avoir été volée suite à une intrusion dans son ancien site hospitalier".

Il a annoncé qu'il a "immédiatement porté plainte". La plainte contre le photographe a été déposée mardi 2 juin, a précisé un membre de sa direction à l'APM. Elle concerne "la divulgation de données à caractère personnel portant atteinte à la considération ou l'intimité de la personne".

"Il n'est pas acceptable de tenter de se réfugier derrière la 'création artistique' pour masquer un comportement irrespectueux de la douleur des parents", a dénoncé le CH dans son communiqué.

Le centre hospitalier a cependant reconnu "sans réserve" que les diapositives, prises entre 1993 et 2004, "auraient dû être récupérées". "De ce point de vue, il s'est produit au moment du déménagement [en 2012] un dysfonctionnement sur lequel il souhaite faire toute la lumière dans les plus brefs délais".

Le CH a également contesté la qualification d'"abandonné" pour son ancien site.

Il a assuré que le déménagement avait suivi "un ensemble de procédures très strictes" et que les dossiers médicaux et l'ensemble des archives médicales "ont été traités en lien avec le service des archives départementales de façon à respecter strictement les procédures fixées par la loi".

Lundi, dans un nouveau communiqué, il réaffirme qu'il "assurera toute la responsabilité du dysfonctionnement" survenu au sujet des diapositives.

Il tient toutefois à souligner que "rien ne [pouvait] justifier l'intrusion dans une propriété privée, le vol et l'usage de données confidentielles à caractère médical qui portent atteinte à la dignité des familles endeuillées".

Il précise que les diapositives, qu'il a récupérées la semaine dernière, sont des "doubles qui étaient destinés à des analyses cliniques". "Il ne s'agit pas de pertes de dossiers médicaux qui, eux, ont été déménagés en toute sécurité dans les nouveaux locaux d'archives lors du déménagement", affirme-t-il.

Il assure aussi que son ancien site "a toujours fait l'objet d'une surveillance 24 heures sur 24 dans le cadre d'un marché confié à une société spécialisée".

Dès la semaine dernière, le CH a fait part aux familles de son "soutien attristé vis-à-vis d'un acte qui ne peut que raviver les peines" et mis en place un numéro d'appel pour les familles (02.72.27.89.55) ainsi qu'une cellule de soutien.

Le CH a précisé à l'APM que le site concerné avait été vendu en novembre-décembre 2014 à la communauté de communes.

De son côté, le photographe affirme sur son blog avoir le soutien d'associations et de "nombreuses mamanges", mamans qui ont perdu leur bébé, in utero ou après leur naissance (et sont partis "rejoindre les anges" comme elles le disent).

Ainsi, l'association Hespéranges appelle, sur un site, à signer une pétition demandant la restitution des photos des bébés décédés aux familles ou leur placement dans des lieux sécurisés ainsi que le retrait de la plainte contre le photographe.

www.apmnews.com - san/ab/APM polsan

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