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Pose de voies veineuses centrales : les infirmières aussi

Et une délégation d’actes de plus pour les infirmières ! Le centre Léon-Bérard de Lyon a décidé de mettre en place un protocole de coopération qui permet aujourd’hui aux soignantes de poser des voies veineuses centrales.

Le manque de temps médical a poussé l’établissement de santé Léon-Bérard à mettre en place un protocole de coopération entre les infirmières et les médecins du centre. Autorisé par l’ARS (Agence Régionale de Santé) Rhône-Alpes, et après 3 ans de combat, les soignantes ont obtenu gain de cause il y a environ un mois.

Inscrite dans les coopérations prévues par l’article 51 de la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé et Territoires), cette délégation permet une augmentation d’acteurs de santé intermédiaires afin d’épauler les médecins dans leur travail. Auparavant dans l’obligation d’externaliser une grande partie des poses de voies veineuses centrales vers les cliniques environnantes, le centre de lutte contre le cancer peut à présent gérer ces pratiques en interne. 

Pour cela, les soignantes concernées, deux IADE et une IDE, ont dû suivre une formation théorique et plusieurs mois de pratique, en étroite collaboration avec les Médecins Anesthésistes Réanimateurs (MAR) de l’établissement.

« Nous nous sommes entraînées sur des cuisses de dinde, sur nos bras ou sur ceux des collègues quand elles voulaient bien nous les prêter. Nous avons observé une bonne trentaine de poses, avant de les réaliser en partie puis en totalité, sous la surveillance d’un médecin » explique Camille, l’une des trois soignantes.

« Nous voulions surtout améliorer la lisibilité de la trajectoire des patients et aussi permettre une évolution professionnelle pour ces soignants… »

Dans le cadre de la mise en place du protocole, les trois infirmières ont assuré pendant deux ans des vacations, et ont pris en charge la pose des VVC habituellement effectuées par les médecins. En 2012, dans le centre lyonnais, sur les 2324 voies veineuses centrales posées, 1588 ont été accomplies par des infirmières. Un bilan qui a réduit de moitié les externalisations que le centre avait l’habitude de pratiquer.

« Nous voulions surtout améliorer la lisibilité de la trajectoire des patients et aussi permettre une évolution professionnelle pour ces soignants, Actuellement, les infirmiers réalisent 70% des poses de voie veineuse centrale, 1 700 en 2013. Cela libère du temps médical et nous avons pu augmenter le nombre de poses réalisées de 1 000 depuis 2004. Il n'y a aucune complication. Toutes les voies sont posées sous échographie » explique Hervé Rosay, un des MAR qui participe au protocole, contacté par l'APM.

Cette délégation a été plutôt bien accueillie par les patients, qui ont d’ailleurs la possibilité de refuser le transfert d’actes à l’infirmière. Mais cela n’est jamais arrivé et les patients révèlent être satisfaits de la prise en charge de la douleur. La mise en place de cette délégation n’a pas entrainé une augmentation d’effets indésirables ou de complications. Réservé aux infirmières de plus de 5 ans d’ancienneté et aux établissements réalisant au moins 1000 VVC par an, le protocole est en bonne voie pour être adopté par les établissements régionaux. 

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