Bienvenue

Prélèvement d’organes : autorisé sur les patients morts d’un arrêt de leur traitement

L’hôpital d’Annecy est le premier centre hospitalier français autorisé à prélever des organes sur un patient décédé après un arrêt, ou une limitation, des traitements qui le maintenaient en vie.

Jusqu’à aujourd’hui, en France, les prélèvements d’organes à destination de greffe n’étaient autorisés qu’en cas de mort encéphalique et d’arrêt cardiaque non contrôlé, comme un infarctus. L’Agence de la BioMédecine a ouvert le 2 décembre une troisième voie. 

Il s'agit de prélèvements d'organes effectués sur des personnes, généralement plongées dans des comas irréversibles, qui décèdent à la suite d'une limitation ou d'un arrêt complet des soins qui les maintenaient en vie.

Synonyme d’espoir pour les associations de patients en attente de greffe

La loi Léonetti de 2005 autorise en effet l’arrêt des traitements vitaux dans le cadre d’un acharnement thérapeutique c’est-à-dire lorsque ces soins « apparaissent inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ».

Dans un contexte actuel de pénurie d’organes, cette décision est synonyme d’espoir pour les associations de patients en attente de greffe, qui l’attendent depuis longtemps. Mais pour encadrer ce changement règlementaire et éviter tout abus, l’Agence de la BioMédecine apporte certaines précisions dans son règlement.

« Une stricte étanchéité » entre l’équipe de réanimation et l’équipe de coordination hospitalière

Il ne devra y avoir aucun lien, « une stricte étanchéité », entre l’équipe de réanimation, qui prend la décision d’arrêter de stopper les traitements, et l’équipe de coordination hospitalière qui se chargera de prélever et de procéder au don d’organes.

« C'est absolument fondamental, comme l’explique le professeur Denis Glotz, chef du service de néphrologie transplantation rénale à l'hôpital Saint-Louis. D'abord sur le plan humain. Quand on se bat des jours et des jours pour sauver un patient, c'est très difficile de changer totalement de casaque et de s'occuper de le prélever. C'est extrêmement important pour les familles. Donc il faut séparer les deux. Ce qui permettra en plus qu'il n'y ait aucune arrière-pensée sur « vous l'avez laissé mourir car vous avez besoin d'organes… » »

La France souhaite réduire le déficit important en matière de transplantation

Cette nouvelle possibilité pourrait augmenter le nombre de poumons, foies et reins disponibles pour les greffes. Un objectif important pour la France, qui souhaite réduire le déficit important en matière de transplantation. En 2013, 5 123 greffes ont été réalisées alors que 18 976 personnes étaient en attente d'une greffe. En moyenne, le temps d’attente pour une greffe de rein est de 3 ans.

Une avancée donc pour le milieu médical, où ce type de prélèvement sera d’abord réservé à « quelques sites hospitaliers pilotes ». Dans chaque cas, les hôpitaux participants doivent signer une convention par laquelle ils s'engagent à respecter le protocole édicté par l'ABM. D’autres établissements devraient suivre rapidement l’exemple d’Annecy…

0 commentaire

Déjà inscrit

 Se souvenir de moi

Pas encore inscrit ? Rejoignez La Passion du Soin !

 J'accepte les conditions générales d'utilisation de La Passion du Soin

A lire aussi

Destinée à faciliter la prise en charge sanitaire des personnes vivant dans la rue, la carte de secours distribuée par le SAMU social de la ville de Marseille fait polémique. A l’origine du scandale, la symbolique utilisée pour cette carte : un triangle jaune.