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Les premiers IBODE habilités à pratiquer les actes exclusifs sont sortis de formation

Les premiers infirmiers de bloc opératoire diplômés d'Etat (Ibode) habilités à pratiquer les nouveaux actes exclusifs de cette spécialisation sont sortis de formation en avril, a indiqué à l'APM la présidente de l'Union nationale des associations d'Ibode (Unaibode), Brigitte Ludwig.

L'association se réunit à Lyon de mercredi à vendredi pour ses journées nationales d'étude et de perfectionnement annuelles. Un millier de participants étaient attendus, selon la présidente, jointe la semaine dernière.

Cette année, ces journées s'ouvrent sur "une note positive", la parution en janvier du décret permettant l'accès des Ibode à de nouveaux actes et activités délégués par le chirurgien, qu'ils exercent en exclusivité, a relevé Brigitte Ludwig. "Il y a enfin une différence d'exercice au bloc" entre les infirmiers de soins généraux et les Ibode, a-t-elle salué.

Pour accomplir ces actes, les Ibode doivent avoir suivi une formation de 49 heures. A la connaissance de Brigitte Ludwig, quatre écoles d'Ibode (soit environ 80 étudiants) l'ont intégrée à leur cursus dès cette année. Leurs promotions sont sorties début avril. Elle a fait part de retours "vraiment positifs" tant des Ibode que des chirurgiens.

A partir d'octobre, les 49 heures seront intégrées au programme de l'ensemble des écoles, a ajouté la présidente de l'Unaibode. Une journée inter-écoles est prévue en juin pour y travailler. Il faudra également former les professionnels déjà en poste. En tout, "plus de 9.000" professionnels doivent suivre la formation d'ici à 2020, a-t-elle ajouté.

Brigitte Ludwig espère que le nouveau décret incitera les établissements de santé à former davantage d'Ibode. "Beaucoup" de jeunes infirmiers qui voudraient faire cette spécialité y renoncent car ils n'arrivent pas à faire financer la formation par leur établissement, a-t-elle regretté.

LA REINGENIERIE TOUJOURS BLOQUEE

Brigitte Ludwig a pointé l'absence de reprise des travaux de réingénierie de la formation d'Ibode, bloqués depuis plusieurs années.

Elle a souligné que le gouvernement n'avait toujours pas rendu d'arbitrage à la suite du rapport des Inspections générales des affaires sociales (Igas) et des affaires de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR) sur l'universitarisation des formations paramédicales, paru en février 2014. Elle a dit relancer le ministère en charge de la santé à ce sujet, sans réponse.

L'Unaibode réclame une reconnaissance de la formation d'Ibode au niveau master, au sein d'une filière de formation infirmière allant de la licence au doctorat, a-t-elle rappelé. Il serait "vraiment intéressant" de créer, dans ce cadre, des axes de formation, cours et projets communs aux Ibode et aux infirmiers anesthésistes diplômés d'Etat (Iade), a plaidé Brigitte Ludwig.

Le blocage de la réingénierie se répercute aussi sur la validation des acquis de l'expérience (VAE) des Ibode, instaurée par un arrêté paru en mars 2014 .

Les candidats déposent des dossiers et les premiers jurys d'évaluation doivent se réunir à l'automne, mais "on ne peut pas aller au bout de la démarche", a-t-elle déploré. "Si les personnes n'ont validé qu'une partie des compétences, elles ne pourront pas aller en école pour valider les autres compétences d'Ibode" car le nouveau référentiel de formation n'est pas encore paru.

En effet, la formation d'Ibode ne fonctionne pas encore selon une logique de compétences (comme la formation initiale des infirmières par exemple) alors que l'arrêté sur la VAE y fait référence. "On valide encore des modules, des mises en situation professionnelle", a expliqué Brigitte Ludwig.

Quant à l'éventuelle suppression des deux ans d'exercice requis pour suivre la formation d'Ibode, il n'y a "pas d'avancée", a-t-elle regretté. Le Haut conseil des professions paramédicales (HCPP) avait donné en février 2012, sous l'ancienne majorité, un avis favorable à un projet de décret en ce sens, rappelle-t-on.

SOUTIEN A L'ORDRE INFIRMIER

Brigitte Ludwig a par ailleurs assuré que l'Unaibode soutenait l'ordre infirmier "dans ses turbulences actuelles".

Les députés ont adopté le 9 avril, par 19 voix pour et 10 contre, un amendement supprimant cette instance. Le texte doit être examiné mi-septembre en séance publique au Sénat, et le gouvernement a fait savoir qu'il soutenait le "rétablissement juridique" de l'ordre.

La présidente de l'Unaibode a dit approuver les plaintes déposées par l'ordre contre des établissements de santé suspectés de confier des tâches d'infirmier circulant au bloc à des aides-soignants ou agents des services hospitaliers (ASH). Le centre hospitalier de Thann (Haut-Rhin) va ainsi être jugé pour complicité d'exercice illégal de la profession d'infirmier, rappelle-t-on.

"Déposer des plaintes n'est pas une fin en soi, mais nous voulons que la sécurité des soins soit mieux assurée", a fait valoir Brigitte Ludwig. Même si toutes les plaintes ne sont "pas allées au bout", "certains établissements se sont remis dans la légalité", a-t-elle observé.

Elle a constaté que de tels glissements de tâches perdurent "dans de nombreuses régions", "dans le public et dans le privé". Même si "les choses tendent à s'améliorer", la mise en oeuvre des textes est "trop peu" contrôlée, et "il est malheureux de devoir arriver à des dépôts de plainte contre les établissements pour que les choses bougent".

Dans son discours d'ouverture des journées prononcé mercredi, dont elle a transmis une version écrite à l'APM, Brigitte Ludwig plaide aussi pour que l'article 30 du projet de loi de santé, qui crée le cadre d'un exercice paramédical en pratique avancée soit effectivement voté.

"Nous constatons l'évolution rapide de la chirurgie, mêlant chirurgie, imagerie et interventionnel et de ses conditions de réalisation, telles que la chirurgie ambulatoire, la robotisation, la télémédecine. Nous savons que l'hôpital se resserrera sur l'hospitalisation des cas médicaux lourds, et sur les actes chirurgicaux", explique la présidente de l'Unaibode. "Oui, il existe une place pour l'exercice des Ibode en pratique avancée!", clame-t-elle.

www.apmnews.com - nc/ab/APM polsan

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