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Rencontre avec la nouvelle voix de la Fédération Nationale des Etudiants en Soins Infirmiers

La Passion du Soin a interviewé Loïc Massardier, le nouveau Président du bureau national de la FNESI.

Bonjour Loïc, est-ce que tu peux te présenter ?

Bonjour, je suis étudiant en soins infirmiers en 3ème année. 

Je suis également président de la Fédération Nationale des Etudiants en Soins Infirmiers depuis le 24 mai dernier.

Comment se passent tes études en IFSI (institut de formation en soins infirmiers) ?

Mes études se passent pour le mieux, je suis rentré dans la formation en septembre 2011 à l'Institut Régional de Formations Sanitaires et Sociales de la Croix-Rouge française de Saint-Étienne. J'ai intégré l'IRFSS après quelques années passées à travailler dans un autre secteur d'activité.

Je me suis de suite retrouvé dans mes études, autant dans la formation théorique que pratique. Il m'a bien fallu un petit temps d'adaptation pour reprendre le statut d'étudiant que j'avais lâché quelques années plutôt, mais nous avons une formation très professionnalisante. Nous sommes très tôt au contact des patients, et très vite nous entendons parler de responsabilité, de positionnement professionnel et de compétence.

Quel est ton regard sur ton métier d’infirmier en France ?

C'est un métier très central dans le système de santé en France, l'infirmier est à la fois le premier contact du patient mais également l'interlocuteur de tous les professionnels de santé.

Le champ de compétences et les domaines d'activité de l'infirmier sont extrêmement larges !

C'est également un métier d'avenir, qui peut répondre aux enjeux de santé publique de demain et qui ne demande qu'à évoluer. Le vieillissement de la population, la chronicité des maladies, la prévention, la prise en charge à domicile avec véritable parcours de soin sont autant de questions auxquelles peut répondre un infirmier. Depuis l'annonce par François Hollande des recommandations du Plan Cancer 3, nous entendons de plus en plus parler "d'infirmière clinicienne" et de création de métiers intermédiaires. D'ailleurs, Marisol Touraine l'a encore affirmé dans son discours, lors de la présentation des grandes orientations de la future loi de santé ce jeudi 29. S'il est important de bien définir ces nouveaux métiers, et sans se couper du métier socle, c'est vers ça que doit se tourner le métier d'infirmier selon moi.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir infirmier ?

C'est une bonne question !

J'ai toujours voulu faire un métier tourné vers l'autre, vers l'humain. Je crois qu'il faut avant tout aimer ce contact avec les gens, nous ne pouvons pas passer à côté dans ce métier.

Ensuite, j'ai toujours aimé travailler en équipe, avec d'autres professionnels. Avant de reprendre mes études, j'étais gendarme adjoint dans un Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne, j'ai donc appris que le travail d'équipe, la confiance mutuelle que devaient avoir les différents professionnels est primordiale. J'ai retrouvé cet esprit dans le métier d'infirmier.

Ensuite bien sûr il y a le soin, la prise en charge de la personne, ce rapport unique que l'on établit avec une personne dans des circonstances où la maladie, la détresse, un choc ou la mort même vient toucher quelqu'un et souvent ceux qui l'entourent.

A quel moment t’es-tu décidé à devenir infirmier ?

C'est difficile à dire, j'ai un parcours qui m'est propre. Je rêvais de faire infirmier quand j'étais un petit garçon !

C'est venu plus tard, j'ai quitté la gendarmerie avec le concours de pompier professionnel dans la poche et l'idée de m'en servir, mais les recrutements ne se faisant pas j'ai très vite fait le choix de passer mes concours infirmiers.

J'avais déjà eu dans l'idée de les passer quelques années auparavant et je me suis lancé. Entre temps, j'avais quand même mis les pieds dans un hôpital à plusieurs reprises, en tant qu'agent des services hospitaliers et brancardier.

J'ai aussi des parents médecins, peut-être que ça joue dans la balance ! 

Dans quels services as-tu effectué tes stages ? As-tu déjà une préférence/un projet ?

J'ai eu un parcours de stage très complet : je suis passé de l'institut médico-éducatif au service d’hospitalisation gériatrique de longue durée en première année. Puis, un service de médecine général à orientation gastro-entérologie, un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et une expérience internationale à Madagascar, en deuxième année. Pour finir par une expérience en réanimation polyvalente et au bloc opératoire pour cette année.

C'est très difficile de vous dire où je voudrais pratiquer en tant que jeune diplômé. J'ai connu le milieu du secours donc je serais certainement plus attiré par un service type urgence, réanimation etc... Maintenant, je ne me ferme pas de portes, on peut s'enrichir partout et la période où un jeune professionnel choisissait son service en sortant de ses études n'est plus d'actualité. Nous avons heureusement la chance d'être dans un métier où les opportunités et la diversité d'exercice sont grandes.

Quel est ton ressenti en ce qui concerne l’incivilité de certains patients ?

Je ne la tolère pas plus que dans la vie de tous les jours. Pour autant, je crois qu'il faut que nous soyons en capacité de la comprendre, de comprendre d'où elle émane et ce qu'elle traduit.

J'ose espérer que les gens qui produisent des incivilités sans raisons sont rares, il faut donc sans pour autant l'accepter, y apporter une réponse.

Il faut aussi prendre en compte le fait que nous sommes humains, et que si un patient est capable d'incivilités, tout le monde peut y céder également.

Abordons à présent un sujet d’actualité. En mars, la FHP avait décidé d’arrêter de prendre des stagiaires. Quelle a été ta réaction ? Es-tu satisfait de la situation actuelle ? As-tu des revendications à l’heure actuelle ?

Ma première réaction est de trouver que malheureusement la situation se renouvelle trop souvent. J'entends par là que, trop souvent, les étudiants, pour ne parler que de ma paroisse, sont coincés dans des conflits ou des enjeux sans qu'on prenne le temps de les consulter ou de les écouter.

Nous en avons d'ailleurs encore eu la démonstration avec les élèves IADE (Infirmiers Anesthésistes Diplômés d'Etat) qui ont dû également descendre dans la rue pour se faire entendre des universités et des pouvoirs publics pour le grade master !

Dans ce cas particulier de mars dernier, les étudiants ont quand même servis de monnaie d'échange dans des négociations entre la FHP et le gouvernement. Ce n'est simplement pas tolérable !

Si la situation a évolué dans le bon sens, je ne suis pas totalement satisfait de la situation actuelle. Les étudiants ont retrouvé leurs stages, mais nous avons soulevé à cette époque des problématiques qui sont encore, comme depuis des années, sur la table des négociations. J'espère donc que cette fois et à l'avenir nous seront écoutés et pris en considération.

Nous attendons avec impatience les prochains mois, nous avions demandé à ce que nous soient ouvertes de nouvelles places de stages, notamment dans le secteur ambulatoire et en particulier dans les cabinets d'infirmiers libéraux, avec en parallèle un véritable cadrage national de la formation des tuteurs de stage et une reconnaissance de la mission d'encadrement des étudiants au sein des établissement de santé.

La réponse devrait en partie être apportée par la future loi de santé de Marisol Touraine.

Mais nous avions également demandé une réforme de la gouvernance des instituts de formation et des aides sociales pour les étudiants des formations sanitaires et sociales. Nous devrions très prochainement commencer à travailler sur ce sujet avec nos ministères de tutelles et les différents acteurs institutionnels concernés.

As-tu des activités en dehors de tes cours ? 

Depuis les universités d'été de la FNESI et l'élection du nouveau bureau national, je me consacre à plein temps à mon mandat. Nous avons de nombreux projets pour cette année, et nous voulons mettre toutes les chances de notre côté pour les mener à bien.

Nous avons fait le choix de nous engager pour les étudiants en soins infirmiers, 90 000 étudiants à représenter laissent relativement peu de place pour mener des activités en parallèle, sans être pour autant un sacerdoce !

Cette année est chargée pour nous, de nombreux groupes de travail sur la réforme des études vont être engagés, les élections des représentants des étudiants au sein des CROUS (Centres Régionaux des Œuvres Universitaires et Scolaires ), la participation au congrès de FINE Europe et au salon infirmier en début d'année, la réactivité que nous devons avoir sur les sujets d'actualité et l'accompagnement quotidien des étudiants qui font appel à nous pour les renseigner, les guider et les défendre si nécessaire.

Pourquoi t’es-tu engagé dans une association, telle que la FNESI ?

Quand nous commençons les études en soins infirmiers, nous entendons souvent la petite phrase : "vous devez être acteur de votre formation". Ça a sûrement dû avoir un écho particulier chez moi, comme chez tous ceux qui s'engagent dans les associations étudiantes du réseau de la FNESI.

Je crois que les valeurs d'engagement à la FNESI sont proches de celles que l'on prend quand on devient infirmier, c'est en plus une occasion unique de participer à sa formation, en participant directement à son évolution et en étant au cœur de sa construction.

Qu’espères-tu en t’y engageant ?

J'espère, comme nous tous, que la formation évolue dans le sens de l'étudiant. J’entends par là que si nos études doivent être capables de former de bons professionnels, nous ne devons pas oublier qu'elles doivent le faire en tenant compte de l'étudiant, de ses attentes, de ses besoins.

J'espère également permettre à d'autres de suivre cette voie, s'engager à la FNESI, c'est s'engager en tant que personne, c'est s'engager dans ses études et pour ses études, mais c'est aussi s'engager en tant que futur professionnel. La formation participe pleinement à ce que nous serons plus tard en tant qu'infirmier, à notre identité professionnelle, c'est aussi pour ça que nous nous y engageons.

Quels conseils donnerais-tu à des lycéens qui ont envie de passer le concours infirmier ?

Je lui dirais que ce sont sans nul doute des études et un métier dans lequel il peut s'épanouir ! 

Mais je lui dirais également qu'il faut de l'engagement pour ça, qu'il faut savoir où l’on met les pieds. Infirmier est un métier extrêmement exigeant, à responsabilités, qui demande de la compétence et où il ne faut jamais oublier l'humain.

Je lui dirais également qu'actuellement c'est un métier où il est de plus en plus difficile de s'insérer professionnellement, il faut en avoir conscience. Cependant, et je crois qu'il faut le rappeler, c'est également un métier d'avenir, qui tend à évoluer et dont les enjeux sont majeurs pour le système de santé et la prise en charge des patients.

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