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Sages-femmes : un nouveau statut mais pas celui de praticien

Marisol Touraine, ministre de la Santé, a promis lundi 3 mars que le statut des sages-femmes, en grève depuis octobre, allait changer, et qu’elle préciserait les contours de cette évolution mardi.

«D’ores et déjà (…), je peux dire que le statut des sages-femmes à l’hôpital va changer, que leur rôle médical, leurs compétences spécifiques seront pleinement reconnues, mieux reconnues à l’hôpital public », a-t-elle dit sur Europe 1. Plus de détails ont été apportés le lendemain de ce discours.

« La valeur médicale de notre profession n’a jamais été reconnue ».

Le collectif des sages-femmes, à l’origine du mouvement de grève depuis octobre, espère sortir de la fonction publique et obtenir un statut de praticien hospitalier équivalent à celui des médecins. Les sages-femmes sont, pour le moment, assimilées aux professions paramédicales, à l’instar des infirmiers et des aides-soignants. Elles se sentent invisibles et inaudibles. Certaines sages-femmes interrogées s’inquiètent : « la valeur médicale de notre profession n’a jamais été reconnue. » En faisant grève, elles réclament la reconnaissance de leurs compétences. Ce nouveau statut leur conférerait davantage d’autonomie ainsi qu’une plus grande indépendance par rapport à la hiérarchie hospitalière. Elles perdraient cependant leur statut de fonctionnaire.

Cette revendication n’est cependant pas soutenue par une intersyndicale de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, SUD, Unsa), qui craint la précarisation de la profession.

Une nouvelle rémunération et de nouvelles responsabilités.

Cependant, la ministre de la Santé a annoncé mardi que ce ne sera pas le statut de praticien, tant espéré, mais un nouveau statut : celui de sage-femme des hôpitaux. Les sages-femmes seront ainsi représentées au sein de la Commission médicale. De plus, la gestion de leur activité relèvera, non plus des cadres paramédicaux, mais de la direction en charge du personnel médical. « Il s’agit d’une rupture totale avec le passé, puisque leur profession n’est plus paramédicale », se félicite la ministre.

La ministre a également expliqué qu’une large communication auprès du grand public et des autres professionnels de santé sera lancée pour rappeler que les sages-femmes peuvent réaliser des « consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention. »

Par ailleurs, le plan, annoncé par Marisol Touraine, concerne une nouvelle rémunération et de nouvelles responsabilités pour les sages-femmes. La ministre s’engage donc à ce que les sages-femmes soient mieux rémunérées et que de nouvelles responsabilités leur soient confiées, comme la gestion d’une unité physiologique au sein des établissements, entre autres. L’amélioration concerne aussi la reconnaissance à part entière de leurs compétences médicales, aussi bien en ville qu’à l’hôpital, la rémunération des étudiants en maïeutique de 4ème et 5ème année, qui sera alignée sur celle des étudiants en médecine, ou encore l’exercice de mission d’intérêt général.

« Le mouvement continue, on ne lâche rien. »

L’annonce ne suffit pas aux sages-femmes. Selon Marisol Touraine, ce nouveau statut médical « s’inscrira au sein de la Fonction publique hospitalière ». Or, cela ne correspond pas aux attentes des sages-femmes, qui restent fonctionnaires et réclament la sortie de la Fonction publique. Leur colère n’est donc pas apaisée, « le mouvement continue, on ne lâche rien ».

« Mieux vaut la création d’un statut de profession médicale à part entière et unique que le rattachement au statut de praticien hospitalier assure la ministre, le statut de praticien hospitalier étant celui des médecins des hôpitaux ». Elle tient à souligner qu’elle ne souhaite pas « opposer les professions les unes aux autres ». Interrogée sur la colère persistante des sages-femmes, Marisol Touraine « ne comprend pas la démarche et les propos tenus ». Elle estime que « des avancées sans précédent » avaient été annoncées et appelle les sages-femmes à « regarder concrètement les avancées qui peuvent être réalisées ».

« On ne peut que s’en réjouir »

D’un côté, les sages-femmes, loin d’être totalement comblées par ce statut, continuent la grève. Malgré ces annonces, elles restent fermes et campent sur leur position. De l’autre côté, les syndicats sont très satisfaits. Rassurée, la représentante CGT de l’intersyndicale, Anne-Claude Ottan estime que « c’est un gros poids qui tombe, on ne peut que s’en réjouir. Rester dans la fonction publique mais avec un statut médical, c’était notre revendication depuis plus de 20 ans ». Autrement dit, le mouvement est loin d’être enterré.

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