Bienvenue

Un service d'urgences psychiatriques devrait voir le jour au CHS Le Vinatier

Dans le cadre d'une réorganisation territoriale des urgences psychiatriques dans la Métropole de Lyon, un service spécifique devrait ouvrir au centre hospitalier spécialisé (CHS) Le Vinatier, à Bron, a-t-on appris mardi auprès du directeur de l'établissement, Hubert Meunier.

A ce jour, une unité médicale d'accueil (UMA) remplit officieusement ce rôle. Pensée à l'origine comme un "service-porte" voué à centraliser les arrivées dans l'établissement, elle a été, avec le temps, "de plus en plus fléchée comme un service d'urgences".

La future structure d'Urgence psychiatrique Rhône Métropole (UPRM) devrait donc reprendre son activité et signer sa disparition, a expliqué le directeur.

Les détails du projet sont encore en discussion avec l'agence régionale de santé (ARS) Rhône-Alpes, mais le nouveau service d'urgence devrait compléter les activités des Hospices civils de Lyon (HCL) et d'un établissement de santé privé d'intérêt collectif (Espic) du centre-ville, Saint Joseph-Saint Luc.

L'UPRM est l'"un des volets" d'un large plan de réorganisation de la prise en charge des urgences psychiatriques dans la Métropole de Lyon, a expliqué Hubert Meunier. Trois établissements spécialisés sont concernés : Le Vinatier, Saint-Jean de Dieu et Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Des lettres de mission ont été confiées à chacun par l'ARS.

Ce "projet de très longues années" a été relancé par l'agence il y a un an et demi. Il répond aux "efforts sur l'ambulatoire" réclamés à l'échelle nationale, "en psychiatrie comme ailleurs". "La tendance n'est pas à la création de lits d'hospitalisation classique", a fait remarquer le directeur du centre hospitalier spécialisé, estimant que si l'établissement n'avait pas supprimé de lui-même, en 2013, 40 lits de ce type, l'effort lui "aurait été demandé" par la suite. Une dizaine de lits d'hospitalisation complète ont par ailleurs ouvert "au printemps" pour accueillir des enfants âgés de 6 à 13 ans.

Le protocole sur la réorganisation territoriale des urgences devrait être signé par les établissements concernés d'ici à la "fin septembre". Concédant que le CHS n'avait, "jusqu'à présent, pas la capacité" de répondre à l'ensemble des demandes, Hubert Meunier a jugé que cette évolution constituerait "une réponse" et une "très grande amélioration". "Nous devrions être en meilleure position" pour gérer les pics d'activité rencontrés par l'établissement, à ce jour au nombre de deux pour 2015 (en janvier et en juillet).

Joint mardi par l'APM, Jean-Louis Guglielmetto, représentant CGT de l'hôpital, a affirmé quant à lui que l'ouverture du service des urgences dans l'établissement devait s'accompagner d'une "réduction" de l'offre de soins à l'hôpital Edouard Herriot. L'offre étant, selon lui, "globalement réduite", il s'est déclaré sceptique quant à l'amélioration de la prise en charge que constitue le projet de réorganisation. "Nous ne sommes pas contre", a complété le représentant syndical, jugeant cependant que "le problème de fond" était "le manque de lits [d'hospitalisation complète] en aval".

Au Vinatier, la restructuration se déroulera en deux temps : il y aura tout d'abord une phase transitoire, amorçable avant la fin de l'année, et qui verra la création officielle du service d'urgences psychiatriques au sein des locaux actuels. Un nouveau bâtiment spécifique à cette activité, devrait, dans un second temps, être construit. D'un coût estimé à 16 millions d'euros par le directeur, il est actuellement en étude de faisabilité et pourrait "voir le jour avant trois ans". Hubert Meunier a par ailleurs assuré que des personnels médicaux et non médicaux seront recrutés.

UN DEBUT D'ANNEE "DIFFICILE"

Le CHS a connu un "début d'année compliqué", a rapporté son directeur, en référence à la "série noire" qui a touché l'établissement. En moins d'une semaine, entre le 28 janvier et le 1er février, un infirmier avait été attaqué au couteau par un jeune patient, et deux autres patients s'étaient suicidés dans leurs chambres respectives, rappelle-t-on. Début février, un infirmier du Vinatier avait lui aussi mis fin à ses jours.

S'agissant de l'agression au couteau, Hubert Meunier a rappelé qu'une enquête de l'ARS avait été sollicitée par la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, Marisol Touraine. Il a qualifié de "prémédités" les actes du jeune patient, âgé de 17 ans, qui avait dissimulé un couteau au moment de pénétrer dans l'établissement pour une consultation de jour. L'ARS a conclu au "caractère imprévisible" de l'attaque et n'a pas relevé de "dysfonctionnements dans le service", a rapporté le directeur.

Interrogé par l'APM sur l'incendie survenu le 20 août dans une chambre, il a expliqué qu'"un patient avait réussi à introduire un briquet" dans l'établissement, avant de mettre le feu à son matelas. Aucune blessure n'était cependant à déplorer à l'issue de l'incident, et l'activité était revenue à la normale le soir même.

Le dispositif d'appel d'urgence (DAU), permettant à un professionnel de sonner l'alerte en cas de problème, est suspendu au CHS depuis septembre 2014. Hubert Meunier a sollicité une expertise judiciaire visant à déterminer le ou les points de dysfonctionnement dans la chaîne des prestataires.

L'enquête pourrait encore durer "quelques mois", pendant lesquels des talkies-walkies feront office de dispositif de substitution.

Tous ces événements, auxquels s'ajoutent "quelques ratés" consécutifs au transfert de l'activité de blanchisserie vers un groupement de coopération sanitaire lyonnais, ont été à l'origine de tensions sociales. Cela a été particulièrement vrai en janvier-février, période marquée par un regain d'activité. Jean-Louis Guglielmetto a fait part à l'APM une "série de manifestations" à la suite de l'agression de l'infirmier. Un "rassemblement" le lendemain avait été suivi, deux semaines plus tard, de "protestations" contre l'ARS et la préfecture, puis de la participation à la journée nationale de grève, le 25 janvier.

Le CHS du Vinatier est "en bonne santé financière", a assuré Hubert Meunier à l'APM. L'établissement de 700 lits n'était pas déficitaire au terme de l'année 2014, et a même pu "épurer une partie du déficit cumulé". Son budget, estimé à 175 millions d'euros pour 2015, "est tout à fait dans les clous" de ce que prévoit le contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens (CPOM) passé avec l'ARS pour la période 2011-15. "En fin d'année", une nouvelle "trajectoire financière" pour les cinq prochaines années devrait être décidée avec l'agence.

www.apmnews.com - pm/ab/APM polsan

0 commentaire

Déjà inscrit

 Se souvenir de moi

Pas encore inscrit ? Rejoignez La Passion du Soin !

 J'accepte les conditions générales d'utilisation de La Passion du Soin

A lire aussi

Un tiers des étudiants en médecine en France ont déjà consommé des psychostimulants dans le but notamment d'obtenir de meilleurs résultats à leurs examens, avec la particularité de recourir pour certains à des corticoïdes oraux, montre une enquête menée par six médecins.