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Simplification administrative : un certificat médical bientôt valable trois ans ?

Le président de la République, François Hollande, a annoncé un « choc de simplification », qui viserait à réduire, de manière significative, les démarches administratives des entreprises. Il a présenté l’idée d’un nouveau certificat médical pour les activités sportives des enfants.

Le nouveau certificat médical serait valable trois ans, contre un an actuellement. Il ne serait plus nécessaire de le faire renouveler chaque année. Les parents devront remplir un document, en ligne, pour déclarer l’aptitude de leur enfant à pratiquer une activité sportive. L’objectif du gouvernement est d’instaurer cette mesure dès septembre 2015, pour faciliter la délivrance du certificat.

Pour Jean-Marc Galinon, médecin généraliste à Paris, cet allongement représente un vrai risque. « En médecine, le problème n’est pas de soigner, mais de prévenir, a-t-il expliqué à la radio RTL. Le certificat d’aptitudes aux sports d’un enfant est quand même un acte responsable, c’est un vrai examen, qui n’est pas fait à la va-comme-je-te-pousse »

Une exception cependant, pour les sports extrêmes. Le contrôle annuel reste obligatoire. « L’idée, qui devra être confirmée, est que cette visite ne soit faite que tous les trois ans, sauf pour certaines disciplines un peu plus à risque, par exemple la plongée, le parachutisme ou la boxe. Pour ces disciplines, le certificat resterait annuel », précise une collaboratrice de l’actuel ministre des sports, Patrick Kanner.

« C’est une mesure de bon sens ».

Valérie Fourneyron, ancienne ministre des sports dans le gouvernement Ayrault, est pour cette mesure. "C'est une mesure de bon sens : la simplicité et l’accessibilité au sport. Tous les parents ont ce souvenir de début d’année, où il faut faire la course au certificat médical. Si on avait tout simplement, sur le carnet de santé de l’enfant, un certificat médical qui soit pour plusieurs sports. C’est une vision d’un sport outil de santé publique qui doit être accessible à tous".

Quant à Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, il est contre. Cela peut mettre la santé des enfants en danger. « Concernant les gamins, c’est une hérésie parce que le gamin change morphologiquement, il va peut-être aussi changer de sport, donc ne pas faire le même effort. L’adulte va peut-être prendre du poids ou, au contraire, commencer un entraînement intensif. Une visite annuelle, c’est bien, une visite tous les trois ans, je trouve que c’est faire prendre des risques de santé aux gens ».

La consultation médicale de non contre-indication comprend notamment, outre des questions sur l’état de santé actuel du patient : 

  * un examen clinique complet

  * l’écoute du cœur et des facultés respiratoires

  * une prise de la tension

  * un test d’effort.

« Cet examen permet en effet de détecter certaines maladies sans symptômes ».

Le sujet du certificat suscite un large débat chez les médecins, et ce, depuis déjà plusieurs années. Pour certains, cette obligation annuelle ne se justifie pas. « A titre personnel, je suis favorable à un allègement du rythme de ces consultations. C’est une disposition qui, par exemple, n’existe pas dans les pays anglo-saxons », souligne le professeur Pierre Rochcongar, président de la commission médicale de la Fédération Française de Football. 

Pour d’autres, ces certificats sont signés un peu « à la va-vite », par le généraliste. « Il vaudrait mieux faire une vraie bonne première visite avant de démarrer une activité sportive avec un questionnaire détaillé, un large examen clinique, et la réalisation d’une électrocardiogramme (ECG) », explique le professeur François Carré, chef du service d’explorations fonctionnelles du CHU de Rennes et président du Club des cardiologues du sport. « Cet examen permet en effet de détecter certaines maladies sans symptômes, mais pouvant entraîner des contre-indications pour la pratique d’un sport »

« Promouvoir un rôle essentiel de la médecine générale dans l’éducation à la santé ».

Favorable à une visite médicale tous les trois ans, avec, dans l’intervalle, un questionnaire adressé, chaque année, à la personne désireuse d’obtenir une licence sportive, le professeur Carré explique qu’« une personne en bonne santé peut faire du sport sans voir obligatoirement un médecin tous les ans. Sauf si un événement nouveau s’est produit dans sa vie. Le sportif serait donc invité à répondre par oui ou non à des questions simples pour savoir si, par exemple, au cours de l’année écoulée, il s’est mis à fumer ou à prendre un médicament contre l’hypertension. Et en cas de réponse positive à une question, il serait incité à aller voir son médecin ».

La suppression du certificat annuel ne fait pourtant pas l’unanimité. «  Je ne trouverais guère opportun qu’on supprime cette visite annuelle alors que, dans le même, on s’efforce de promouvoir le rôle essentiel de la médecine générale dans l’éducation à la santé, la prévention ou le dépistage. Ce certificat est, pour nous, l’occasion de voir au moins une fois par an des patients jeunes qui, pour le reste, ne voient quasiment jamais un médecin », explique le professeur François Renard, président du Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE).

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