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Stage : les ESI sous pression

Aussi attendu que redouté, le stage pour les Etudiants en Soins Infirmiers reste un moment très important au cours de la formation infirmière. Le stage offre une vision concrète du métier, mais est également le lieu d’harcèlement moral, parfois très dur à vivre par les étudiants.

« T’es nul », « T’es pas fait pour être IDE » : voici les exemples de remarques fréquemment entendues par les ESI au cours de leurs stages. Exemples que la Fédération Nationale des Etudiants en Soins Infirmiers (FNESI) a exposé à travers sa campagne de sensibilisation lancée sur Facebook il y a maintenant deux mois. En effet elle a pu constater une augmentation  des signalements d’harcèlements, et ce depuis la réforme de la formation en 2009. 

« Les maîtres de stage, que ce soit en libéral, à l’hôpital ou encore en clinique ne sont pas compréhensifs vis-à-vis des étudiants. Ils considèrent souvent que le nouveau référentiel n’est pas adapté et qu’il n’offre pas une mise en situation professionnelle. Les infirmières font des remarques désobligeantes et font preuve d’incompréhension à l’égard des étudiants. Elles infantilisent les ESI, ne proposent ni aide ni écoute » déclare Clarisse Amiot, vice-présidente en charge de la communication et des relations presse à la FNESI.

Avec une flexibilité des horaires et des remplacements de dernières minutes, l’expérience peut être dure à vivre autant physiquement que psychologiquement.

Le manque de formation au nouveau référentiel est également un problème récurrent, car les infirmières sont mal renseignées sur la formation. « Je vais bientôt être tutrice. Mais franchement, je ne sais pas en quoi cela consiste. C’est l’IFSI qui m’a appelée pour me le proposer. Je n’ai pas reçu de formation pour ça » déplore une IDEL.

Arrivé en stage avec une boule au ventre, un ressenti qui devient courant chez les ESI. Pourtant rares sont les étudiants qui font preuve de mauvaise volonté, le métier d’infirmier n’est pas le fait d’une erreur d’orientation mais est souvent choisi par vocation. 

« Alors, toi,  tu seras étudiant numéro 1, et toi, étudiant numéro 2 ; je n’ai pas le temps d’apprendre vos prénoms et je m’en fous »

Au-delà des commentaires désobligeants et des critiques, le personnel encadrant, à force de harcèlement, fait vivre de réelles situations de mal être aux étudiants. Avec une flexibilité des horaires et des remplacements de dernières minutes, l’expérience peut être dure à vivre autant physiquement que psychologiquement. Une étudiante rapporte les paroles de son maître de stage, auprès de la FNESI : « Alors, toi,  tu seras étudiant numéro 1, et toi, étudiant numéro 2 ; je n’ai pas le temps d’apprendre vos prénoms et je m’en fous ».

L’ajout d’une pression supplémentaire de la part des professionnels peut devenir difficile à supporter et avoir des conséquences plus lourdes, comme l’abandon de la formation. La Fnesi relate des chiffres inquiétants : 37 % de cas d’abandon de la formation, causés par la pression subie par les étudiants.

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