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Surcharge des urgences : le service du CH d'Auxerre en grève

Le service des urgences du centre hospitalier (CH) d'Auxerre est en grève depuis le 10 avril et au moins jusqu'à jeudi, a indiqué jeudi à l'APM Marc Moncey, représentant CGT.

Ce mouvement est l'expression d'un "ras-le-bol des professionnels face au manque de moyens" et fait suite à un regain de fréquentation. "On nous promet des améliorations depuis 2007" mais "rien ne se passe", a dénoncé le syndicaliste, qualifiant de "mesurettes" les réponses apportées jusqu'à aujourd'hui.

La situation "ne va pas se régler sans moyens supplémentaires", a-t-il insisté. La CGT entend donc renouveler son préavis de grève "jusqu'à ce que des mesures concrètes soient annoncées".

Dans un communiqué, l'agence régionale de santé (ARS) Bourgogne indique avoir reçu le 30 avril des représentants des personnels du CH d'Auxerre ainsi que la direction de l'établissement. Contacté lundi par l'APM, le directeur de l'hôpital, Pascal Gouin, a rapporté que les sections régionales et nationales de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) étaient également présentes.

"Les hôpitaux bourguignons ont été fortement mobilisés par l'épidémie de grippe qui, de mi-décembre 2014 à mars 2015, a entraîné un niveau très élevé de fréquentation des urgences", souligne l'ARS dans son communiqué.

"La durée de l'épidémie a pu conduire à un épuisement des équipes", poursuit-elle.

L'établissement a adopté une "feuille de route qui prévoit notamment, à court terme, la création d'une commission de concertation réunissant les différents chefs de pôles, médecins urgentistes et de spécialité". Il est aussi prévu d'augmenter le temps d'aide-soignant pour le service des urgences et d'amplifier la mobilisation des services d'aval pour faciliter les sorties, indique l'agence.

Selon Pascal Gouin, le constat d'une période difficile est "partagé par tous". Il a rapporté une augmentation de 20% de la fréquentation des urgences auxerroises depuis deux ans et demi. Durant l'hiver, cette hausse a même atteint 35%.

Selon le directeur, ce phénomène s'explique par le manque de praticiens privés, un maillage territorial de premier recours pas assez développé et le vieillissement de la population. Il a regretté qu'un grand nombre de patients admis aux urgences soient des personnes âgées, et que dans le même temps les aidants et établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) soient "aussi absents".

Un tel pic d'activité "suppose des ajustements", a confirmé Pascal Gouin, estimant que ces derniers devaient s'opérer en aval des urgences. Le directeur a indiqué s'atteler "immédiatement" à la création de 10 lits de médecine polyvalente, avec l'objectif qu'ils soient "pérennes pour l'hiver prochain".

Une lettre de mission "va arriver très prochainement" de l'ARS, a-t-il rapporté. Les pistes qu'elle devrait évoquer sont "déjà connues", selon Pascal Gouin, qui mentionne le renforcement de l'ambulatoire, de l'hospitalisation à domicile et une collaboration étroite avec les filières gériatriques.

Dans son communiqué, l'ARS Bourgogne affirme que des "actions seront menées dans le cadre de la communauté hospitalière de territoire Sud Yonne-Nord Nièvre", à travers la Fédération médicale interhospitalière (Fmih) regroupant les CH d'Auxerre, d'Avallon, de Tonnerre et de Clamecy.

www.apmnews.com - pm/ab/APM polsan

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