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Trois médecins libéraux sur quatre ont un à deux rendez-vous non honorés par jour

Près de trois médecins libéraux sur quatre (71%) ont un à deux rendez-vous non honorés par jour, indique une enquête de l'union régionale des professionnels de santé (URPS) médecins libéraux d'Ile-de-France.

La commission "accès aux soins" de l'URPS a initié en février une enquête sur les rendez-vous non honorés et les soins non programmés auprès des 17.762 médecins libéraux franciliens (hors chirurgiens, gériatres et néphrologues).

Un questionnaire de 20 questions leur a été envoyé. La commission a enregistré 2.822 réponses, soit un taux de réponse de 15,9%, précise le rapport donnant les conclusions de l'enquête.

Un quart des médecins ayant répondu exercent à Paris, 16% dans les Hauts-de-Seine, 14% dans les Yvelines, 10% en Seine-et-Marne, dans le Val-de-Marne et en Essonne, 9% dans le Val-d'Oise et 7% en Seine-Saint-Denis. Ils exercent quasiment autant en groupe (52%) qu'en individuel (48%), en majorité en secteur 1, à tarifs opposables (56%).

En matière d'organisation, 74% n'ont pas de plage de consultation libre sans rendez-vous, les 26% qui en ont réservant en moyenne 12 heures par semaine à ces consultations sans rendez-vous. Par ailleurs, 84% des médecins ont un secrétariat.

Les médecins interrogés font donc état de un et deux rendez-vous non honorés par jour pour 71% d'entre eux, et plus de trois rendez-vous non honorés par jour pour 23%. Seuls 6% voient tous les patients prévus. Le temps moyen estimé de consultation perdu sur une journée est de 40 minutes.

"Les dermatologues, les gynécologues (hors suivi de grossesse), les ophtalmologues et les radiologues sont les spécialistes qui constatent significativement le plus grand nombre de rendez-vous non honorés par jour", soit plus de trois, précise l'URPS.

D'un point de vue géographique, les médecins des Hauts-de-Seine constatent entre un et deux rendez-vous non honorés par jour, quand ceux du Val-d'Oise et de Seine-Saint-Denis enregistrent plus de trois rendez-vous non honorés par jour.

Les patients qui ne viennent pas aux rendez-vous prévus "sont plutôt des nouveaux patients pour un premier rendez-vous (39%), des patients en tiers payant (23%) et/ou des patients dont le rendez-vous est programmé depuis plus de 15 jours (22%)", note l'URPS.

Pour éviter ces désagréments, 59% des médecins ont mis en place des procédures de rappel (par téléphone, courriel ou SMS) et "41% des médecins anticipent ces rendez-vous non honorés en doublonnant les rendez-vous sur certains créneaux horaires", précise l'union. Ce sont les généralistes qui pratiquent le plus le "surbooking", note-t-on.

Les médecins des Hauts-de-Seine privilégient les procédures de rappel et ceux de Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis pratiquent plus souvent le doublonnage des rendez-vous.

SOINS NON PROGRAMMÉS: 40% DES MEDECINS Y REPONDENT SOUS 24 HEURES

Dans son enquête, l'URML s'est également intéressée à la gestion des demandes de soins non programmés, qu'elle définit comme "des soins pris de manière inhabituellement rapide sans être nécessairement urgents".

Sur ce sujet, 40% des médecins ayant participé à l'enquête répondent aux demandes de soins non programmés sous 24 heures, 33% sous 48 heures et 27% sous 72 heures.

Les pédiatres et les généralistes répondent "plus souvent" aux demandes de soins non programmés sous 24 heures que les autres spécialistes, précise l'URPS. "A l'inverse, les autres spécialistes répondent 'plus souvent' à ces demandes sous 72 heures", indique-t-elle. Elle constate aussi que les médecins de Seine-Saint-Denis répondent plus souvent à ces demandes sous 24 heures que ceux des autres départements.

Les trois quarts (74%) des praticiens interrogés reçoivent entre zéro et cinq demandes de soins non programmés par jour et 26% entre six et 10 par jour. Les pédiatres et les généralistes constatent de façon significative entre six et 10 demandes de soins non programmés par jour.

C'est à Paris que les médecins recensent le moins de demandes (entre zéro et deux). Le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis en recensent entre trois et cinq, et les Yvelines, la Seine-et-Marne et l'Essonne en comptabilisent entre six et 10.

Plus de la moitié (56%) des répondants assurent parvenir à satisfaire l'ensemble de ces demandes, qui se concentrent pour 97% des médecins en fin de journée, de 18 heures à 20 heures.

Dans 92% des cas, la demande émane directement du patient. S'il s'agit d'un patient déjà suivi, sa prise en charge en soins non programmés est facilitée dans 89% des cas, note l'URPS. "De même, si la demande émane d'un professionnel de santé, sa prise en charge en soins non programmés est facilitée dans 87% des cas", précise-t-elle aussi.

"EDUQUER LES PATIENTS SUR LA NOTION D'URGENCE"

En conclusion, l'URPS liste quelques "pistes de réflexion", soulignant notamment la "nécessité d'éduquer les patients sur la notion d'urgence via la prévention [et] l'éducation pour la santé" et l'importance de "ne pas céder à une logique du tout de suite".

Elle insiste aussi sur la "nécessité de conserver le caractère non marchand de la relation médecin-patient qui s'avère être une qualité précieuse".

Elle invite aussi les praticiens à "rester disponibles et efficients", avec "une organisation adaptée à son territoire, à sa pratique et à sa spécialité". Elle leur conseille d'"intégrer les nouvelles technologies" en proposant des prises de rendez-vous par internet "pour libérer les lignes téléphoniques".

"Ces conditions participeront sans doute à l'équilibre à trouver pour les médecins libéraux dans l'organisation des soins de demain", conclut-elle.

www.apmnews.com - vl/nc/APM polsan

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