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Tuberculose : dépister, traiter et guérir

Chaque année, 9 millions de personnes dans le monde contractent la Tuberculose. 3 millions d’entre elles ne reçoivent pas les soins dont elles ont besoin. A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la Tuberculose, le 24 mars 2014, il s’agit d’appeler tous les partenaires à contribuer aux approches innovantes qui garantissent à toute personne atteinte d’avoir accès au diagnostic, au traitement et à la guérison.

Il est possible de soigner la tuberculose. Mais les efforts déployés pour dépister, traiter et guérir toutes les personnes qui la contractent, ne suffisent pas encore. Sur les 9 millions de personnes victimes de cette maladie chaque année, un tiers n’a pas accès aux soins. Le communiqué de presse de Stop TB Partnership écrit qu’il s’agit, en grande partie, de « personnes qui vivent dans les communautés les plus pauvres du monde et les plus vulnérables, appartenant à des groupes tels que les migrants, les mineurs, les toxicomanes ou les professionnels du sexe »

L’édition 2014 a pour slogan « Atteindre les trois millions manquants ». La tuberculose demeure, avec les autres grandes pandémies, un défi majeur dans les pays en développement. Bien que la France fasse partie des pays désormais peu touchés par la tuberculose, cette maladie reste une préoccupation de santé publique, notamment depuis l’apparition d’un nombre croissant de formes résistantes. Les autorités sanitaires surveillent alors régulièrement l’évolution de la situation. Le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH), de l’Institut National de Veille Sanitaire (InVS), annonce que la fréquence de nouveaux cas de tuberculose a nettement diminué en France, entre 2000 et 2010.

Très contagieuse, elle se transmet par voie aérienne.

La tuberculose est une maladie infectieuse, causée par le bacille de Koch, qui atteint généralement les poumons. Très contagieuse, elle se transmet par voie aérienne, et se manifeste par les postillons expectorés comme de la toux, de la fièvre, de la fatigue, des douleurs thoraciques ou encore un amaigrissement inexpliqué et des sueurs nocturnes. Devenu résistant aux réactions immunitaires, il s’attaque aux tissus pulmonaires, créant des cavités dans lesquelles il prolifère. Cette infection peut s’accompagner d’une tuberculose extra pulmonaire : les bactéries s’attaquent alors aux reins, aux os, ou encore au système nerveux. Afin de s’en prévenir, il existe un vaccin, le BCG, obligatoire jusqu’en 2007 pour les enfants, et désormais seulement « recommandé ». Il reste, cependant, fortement conseillé dans certaines zones à risque. 

Seules les formes touchant l’appareil respiratoire, soit plus de 70% des cas, sont contagieuses. L’infection ne provoque pas systématiquement une maladie tuberculeuse. L’organisme peut, en effet, maintenir la bactérie en dormance, sans autres conséquences pendant des années. Il s’agit alors d’une tuberculose latente. Dans 90% des cas, la maladie ne se développe jamais. Lorsque l’organisme n’est plus (ou pas) en mesure de maintenir le bacille de Koch sous contrôle, notamment chez les plus jeunes et les personnes âgées, le germe s’installe et se multiplie dans les poumons, voire dans d’autres organes. Ce phénomène est d’autant plus vrai en cas d’immunodépression ou de dégradation des conditions de vie. Une inflammation se développe alors localement et conduit à une nécrose des tissus qui, dans le poumon, se traduit par un creusement en « caverne » visible par radiographie.

Plus les patients sont identifiés et traités rapidement, moins ils risquent de contaminer leur entourage.

Dès qu’il soupçonne un cas de tuberculose, le médecin effectue des prélèvements pour recherche un possible bacille de Koch, et confirmer ou infirmer le diagnostic. L’imagerie médicale, comme la radiographie des poumons, est particulièrement utile pour les formes respiratoires. Si le diagnostic est confirmé, le médecin doit immédiatement isoler le patient, afin d’éviter toute contagion. Il déclare ensuite le cas pour déclencher le processus de surveillance et de prise en charge par le Centre de Lutte Antiberculeux (CLAT) dont il dépend. Cet organisme mène une enquête autour du patient atteint, pour identifier toutes les personnes, en contact avec lui, qui devront également bénéficier d’un traitement. Plus les patients sont identifiés et traités rapidement, moins ils risquent de contaminer leur entourage. Ils sont, effectivement, moins contagieux au début de la maladie ; le risque de propagation du bacille est alors moindre.

Dès les premiers signes indicateurs de tuberculose ou la confirmation du diagnostic, le traitement est immédiatement engagé. Le patient devra rester en isolement respiratoire, au moins pendant les premières semaines du traitement, jusqu’à ce que les prélèvements confirment qu’il n’est plus contagieux. Pour les formes respiratoires, le traitement dure en moyenne 6 mois. Pour les autres formes, il atteint 1 an, voire 18 mois ou plus lorsque le bacille est résistant à un ou plusieurs antibiotiques. Le traitement, bien que parfois difficile à suivre, bien appliqué, est le principal facteur de guérison.

En 2012, 1,3 million de personnes sont décédées de la tuberculose.

Afin d’éviter les échecs de traitement et la contagion, les patient peuvent être accueillis dans des centres spécialisés. En 2012, 1,3 million de personnes sont décédées de la tuberculose. « Les grandes villes et leurs banlieues proches sont davantage concernées par les mouvements de population et accueillent un nombre important de personnes, nées dans un pays où le taux d’incidence est élevé, de personnes à risque d’immunodépression infectées par le VIH, de personnes sans domicile fixe ou vivant en milieu carcéral, où la circulation du Mycobacterium tuberculosis est élevée », avancent les experts sur le sujet. En 2012, le nombre d’enfants tombés malades de la tuberculose s’élève à 530 000, et à 74 000 pour les enfants séronégatifs morts de la tuberculose.

Le BEH souligne que les personnes vivant dans des conditions socioéconomiques difficiles consultent plutôt tardivement, favorisant « la transmission de la tuberculose ». Les autorités sanitaires surveillent la situation et veillent à réduire le délai entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic, un « enjeu majeur de la lutte antiberculeuse ». Plus de 95% des décès par tuberculose se produisent dans les pays à revenu faible, dans lesquels la maladie est l’une des principales causes de décès chez les femmes âgées de 15 à 44 ans. La tuberculose est également une cause majeure de décès chez les personnes porteuses du VIH. Le tabagisme accroît fortement le risque de tuberculose et de décès. Plus de 20% des cas de tuberculose dans le monde peuvent être attribués au tabac.

1,6 milliard de dollars sont nécessaires pour poursuivre la lutte.

La tuberculose reste d’actualité. L’Agence Régionale de Santé a indiqué qu’un cas de tuberculose avait été détecté, ce mardi 8 avril, chez une nounou d’une crèche d’Enghien-les-Bains (Val d’Oise). Les autorités sanitaires ont donc demandé le placement de 38 bébés sous antibiotique, afin d’éviter qu’ils ne tombent malade. Un dépistage de « tous les enfants en contact avec la personne malade »  a également été entrepris, soit près de 80 enfants en bas âge. La vigilance est donc essentielle.

Chaque année, 1,6 milliard de dollars sont nécessaires pour poursuivre la lutte contre la tuberculose, présente dans 118 pays. Grâce aux traitements et à la mise en œuvre de la stratégie Halte à la tuberculose, 20 millions de vies ont été sauvées. Cette stratégie, mise en place par l’OMS, vise à réduire, de manière drastique, la tuberculose, moyennant des actions publiques et privées, au niveau national et local. Cette lutte, espérons-le, permettra aux "trois millions manquants" de recevoir les soins dont ils ont besoin.

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