Bienvenue

Un tiers des cabinets dentaires refuseraient de soigner les patients séropositifs

Environ un tiers des cabinets dentaires opposeraient un refus direct ou déguisé de soigner des patients séropositifs, selon une opération de "testing" effectuée par l'association Aides dont les résultats ont été publiés jeudi.

L'enquête d'Aides a été conduite entre le 7 et le 10 avril auprès de 440 cabinets dentaires choisis aléatoirement dans 20 villes françaises. Les praticiens étaient sollicités par téléphone, par deux équipes de 17 "testeurs" présentant les mêmes caractéristiques sociodémographiques, et dont l'une faisait état de sa séropositivité.

Le choix des zones géographiques s'est opéré en fonction du nombre d'habitants, de l'incidence du VIH et de la densité départementale pour la chirurgie dentaire, tandis que les praticiens ont été choisis par tirage au sort parmi les 2.297 professionnels exerçant dans les villes concernées.

Le motif de la consultation était un détartrage, choisi pour son caractère simple et "ne justifiant pas une orientation vers un médecin spécialiste ou vers un service d'urgences", souligne Aides dans le dossier de presse.

Sur 440 cabinets dentaires, Aides a relevé 33,6% de refus de soins directs ou déguisés imputables au VIH et 16,8% de "discriminations et de disparités de traitement en raison du statut sérologique".

Dans 3,6% des cas (16 cabinets), le refus est directement imputable au VIH, selon l'association, avec des motifs soit annoncés "de manière frontale lors de la demande de rendez-vous, soit mis en évidence par l'observation de traitements différenciés entre le testeur séropositif au VIH et son binôme ne déclarant pas sa sérologie au VIH".

S'agissant des "refus déguisés", l'association cite des motifs de refus "douteux" ou des stratégies de "découragement".

Elle évoque des horaires contraignants notamment en fin de journée justifiés par un besoin de stérilisation ou de nettoyage du matériel, des dépassements d'honoraires, des demandes visant à s'assurer de la "solvabilité financière" du patient, une orientation vers un service hospitalier ou un confrère, un manque de connaissance de la pathologie et de sa prise en charge ou un matériel non adapté voire la dangerosité des soins.

"Les pratiques discriminatoires à l'égard des personnes vivant avec le VIH sont moralement, éthiquement et pénalement tout aussi condamnables que les refus de soins. Rien ne justifie des propos désobligeants, des atteintes au secret médical ou la mise en place de protocoles spécifiques d'hygiène", constatés dans 16,8% des cabinets, relève par ailleurs Aides.

L'association juge toutefois "important de noter que de nombreux dentistes/secrétaires ont donné des rendez-vous aux testeurs séropositifs au VIH sans évoquer aucun des motifs jugés discriminatoires".

"Pour 57,9% des dentistes/secrétaires, les pratiques de soin, l'accueil et la communication ont été conformes à la déontologie médicale. Certains ont aussi fait preuve de bienveillance avec une approche globale de la prise en charge médicale de la personne", souligne Aides.

6% DE REFUS DE SOINS CHEZ LES GYNECOLOGUES

Un autre volet de l'enquête a visé 116 gynécologues-obstétriciens situés dans les mêmes villes, par deux équipes de cinq testeuses qui réclamaient un frottis, selon la même méthodologie.

Chez les médecins, l'association a constaté 6% de refus de soins directs ou déguisés imputables au VIH et 17,2% de discriminations et disparités de traitement en raison du statut sérologique.

"Les résultats de ce testing prouvent qu'il existe une véritable méconnaissance du VIH dans certains cabinets dentaires, aussi bien de la part des dentistes que des secrétaires médicaux, aboutissant à des attitudes négatives et discriminatoires à l'égard des personnes vivant avec le VIH", relève Aides.

Pour l'association, cela confirme "la nécessité d'aller plus loin contre les refus de soins que la seule disposition actuellement envisagée dans le projet de loi santé", à savoir adapter la définition du refus de soins et prévoir un cahier des charges précis pour encadrer le testing en lui donnant une base légale.

Le projet de loi "de modernisation de notre système de santé", en cours de navette au Parlement, prévoyait initialement l'autorisation encadrée de test de situation pour mesurer les refus de soins mais les députés ont opté pour une évaluation des situations par l'ordre des médecins excluant le testing.

www.apmnews.com - vg/eh/APM polsan

1 commentaire

Déjà inscrit

 Se souvenir de moi

Pas encore inscrit ? Rejoignez La Passion du Soin !

 J'accepte les conditions générales d'utilisation de La Passion du Soin

A lire aussi

La ministre de la Santé Marisol Touraine a haussé le ton après la parution d'une pétition anti-vaccin, lancée par le Professeur Joyeux et ayant récolté près de 500.000 signatures. En réponse à la ministre le cancérologue montpelliérain lui propose un face à face télévisé.