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Une pince chirurgicale oubliée dans son ventre

Pendant 5 mois, Cécile, 24 ans, victime d’une erreur médicale, vit avec une pince chirurgicale de 15 cm dans l’abdomen.

En Novembre 2012 à l’hôpital Saint Louis de Paris, Cécile est opérée d’une chirurgie réparatrice suite à une précédente opération de l’ablation de l’estomac. Dès les suites de l’opération, elle ressent de fortes douleurs au niveau de l’estomac et se rend à l’hôpital. Après une prise en charge de 5 minutes elle se verra renvoyer chez elle par le personnel hospitalier, qui lui indique que ces douleurs sont courantes après une opération.

Contacté par RTL, la jeune femme raconte  son calvaire : « C'était extrêmement gonflé du côté droit. J'ai des photos : on croit carrément que je suis enceinte. Je ne pouvais pas marcher si je ne prenais pas d'antidouleur. On m'a dit que c'était normal. Je ne suis pas médecin, je me suis dit que ça allait passer… ».

6 mois et 10 rendez-vous plus tard, Cécile obtient toujours les mêmes réponses et décide de consulter son médecin généraliste. Après examen, il détectera un corps étranger dans son abdomen, et par précaution il l’envoie passer une échographie à l’hôpital. Le scanner révèle alors la présence d’une pince métallique de 15 cm au niveau du bassin de la jeune femme.

« A la sortie du bloc j'ai demandé à la chirurgienne comment ça avait pu arriver. Elle m'a répondu avec un petit sourire en disant « ça arrive » … »

Elle prend alors contact avec la chirurgienne qui l’avait prise en charge, afin d’être opérée en urgence. « A la sortie du bloc j'ai demandé à la chirurgienne comment ça avait pu arriver. Elle m'a répondu avec un petit sourire en disant « ça arrive ». C'est quoi cette réponse ? » s’indigne Cécile.

L'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) lui a proposé 5 400 euros d'indemnisation, que la jeune femme a refusé. Une somme bien insuffisante, selon la victime, qui a été licenciée de son CDI en raison de ses douleurs alors qu'elle était en période d'essai.

L'AP-HP évoque une erreur exceptionnelle de comptage et de surveillance des instruments avant et après l'opération. L’avocat de la jeune femme a réclamé la nomination d'un expert indépendant pour déterminer son préjudice réel.

Un cas qui n'est pas isolé puisqu'en 2001 une lyonnaise de 31 ans a vécu la même souffrance que Cécile, en gardant une pince chirurgicale dans le ventre pendant 6 mois. Cette même année, une petite fille de 3 ans et demi manque de s’étouffer après l’oubli d’une compresse dans sa gorge après que son médecin l’a opérée des amygdales. En 2003, un chirurgien et deux infirmières sont condamnés à 3 mois de prison avec sursis pour l'oubli d'une compresse de 15 cm dans l'abdomen d'une adolescente.

Des erreurs médicales impressionnantes et difficilement imaginables, mais qui restent heuresement très rares.

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