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L'Unof appelle les généralistes à entamer un mouvement de contestation tarifaire

L'Union nationale des omnipraticiens français (Unof) a appelé mardi les médecins généralistes à entrer en résistance contre le projet de loi de santé et l'absence de perspectives sur l'évolution de leur rémunération, en entamant un mouvement de contestation tarifaire.

Après MG-France, qui avait invité fin mars les généralistes à porter le tarif de leur consultation (C) de 23 à 25 euros, la branche généraliste de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a pris position à son tour dans une lettre électronique diffusée à ses adhérents et sympathisants.

L'Unof appelle l'ensemble des médecins à "mener le combat au travers de deux actions" : la "désobéissance civile" par le refus d'appliquer le tiers payant une fois qu'il sera généralisé en prévenant leurs patients par des affiches, et l'incitation à ne prendre désormais en charge qu'un seul motif de consultation par patient.

"Dès [vendredi] 15 mai 2015, et tant que les médecins généralistes n'auront pas une cotation adaptée aux consultations complexes, les médecins informeront leurs patients que la qualité du travail médical exige du temps et que désormais 'au-delà d'un motif de consultation et en-dehors de toute urgence, le patient reprend rendez-vous'", détaille l'Unof.

Il ajoute qu'en cas "d'exigence particulière du patient, le médecin généraliste appliquera un dépassement d'honoraire".

L'Unof entend ainsi maintenir la pression sur les pouvoirs publics s'agissant du projet de loi de santé, actuellement en cours de navette au Parlement, tout en dénonçant les nouvelles économies annoncées sur l'assurance maladie d'ici à 2017, avec une progression de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) qui serait finalement revue à 1,75% au lieu de 2%.

Le syndicat fait valoir plusieurs priorités pour la médecine générale, notamment la revalorisation de la consultation "pour prendre en compte les consultations complexes, de plus en plus nombreuses, que l'on peut assimiler à des C2 rémunérées 23 euros au lieu de 46 euros".

"Ce gouvernement a fait des choix qui, non seulement ne permettent de répondre à aucune des priorités des médecins généralistes mais, de plus, met en place l'asphyxie financière de la médecine générale et de la médecine libérale", estime le syndicat.

Il appelle par ailleurs à poursuivre les actions déjà engagées depuis plusieurs mois comme la "grève administrative" à l'égard des caisses d'assurance maladie et le "boycott" des délégués de l'assurance maladie (DAM) et des médecins-conseils.

Fin avril, la Cnamts ne recensait que 600 médecins généralistes ayant coté épisodiquement leur consultation à 25 euros au lieu de 23, suite au mouvement initié par MG France.

Le directeur général de la Cnamts, Nicolas Revel, s'est dit prêt à conclure une nouvelle convention avec les syndicats de médecins libéraux courant 2016, après les élections professionnelles. Mais tant la progression de l'Ondam envisagée pour 2016 et 2017 que les stabilisateurs automatiques des dépenses d'assurance maladie, éloignent la perspective de revalorisations tarifaires pour les médecins avant 2017 au mieux, note-t-on.

www.apmnews.com - vg/ab/APM polsan

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