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Urgences : pour 7 patients sur 10, les soins débutent dans l'heure qui suit leur arrivée

Pour sept patients sur 10, les soins débutent dans l'heure qui suit leur arrivée dans le service des urgences, constate la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) dans une étude publiée jeudi.

Cette étude exploite les données collectées lors de l'enquête nationale sur les urgences menée le 11 juin 2013 sur 24 heures dans 734 des 736 points d'accueil recensés en France métropolitaine et dans les départements d'outre-mer.

Ces données ont déjà fait l'objet de plusieurs analyses, notamment sur le profil des patients, l'accueil des personnes âgées, l'existence de points d'accueil ou encore l'organisation.

De premiers résultats avaient été présentés en novembre 2014 lors d'un colloque organisé au ministère de la santé, rappelle-t-on.

Dans l'étude publiée jeudi, la Drees décortique les temps d'attente entre l'arrivée et l'enregistrement du patient, puis son évaluation, le début des soins, les actes complémentaires réalisés, et l'obtention d'un lit dans un autre service quand c'est nécessaire.

L'enregistrement à l'accueil des urgences s'effectue dès l'arrivée, constate la Drees : "Les trois quarts des patients sont enregistrés dans le service des urgences dans les cinq minutes qui suivent leur arrivée, et seulement 5% d'entre eux attendent au moins 15 minutes entre l'entrée et l'enregistrement".

"Au cours de cet enregistrement, un motif de recours est généralement précisé", indique-t-elle.

90% DES PATIENTS EVALUES EN MOINS DE 30 MINUTES

Une fois enregistrés, les patients sont évalués par un infirmier, "le cas échéant avec l'avis d'un médecin". Là encore, les délais sont courts puisque "la moitié des patients sont vus par un infirmier moins de quatre minutes après l'enregistrement, qu'il y ait ou non un lieu d'accueil et d'orientation clairement identifié". Selon la Drees, ce délai "peut être considéré comme un indicateur de la qualité d'évaluation, pour qu'une prise en charge rapide des cas graves soit assurée au mieux".

Elle rappelle que selon les recommandations de la Société française de médecine d'urgence (SFMU), un délai de 30 minutes ne doit pas être dépassé avant la première évaluation et précise que 90% des patients sont justement évalués en moins d'une demi-heure.

Les variations de délais dépendent logiquement du niveau de fréquentation du service: 12% à 13% des patients attendent plus d'une demi-heure l'après-midi et en soirée -là où l'activité est la plus importante- alors que la moitié des patients sont vus en moins de deux minutes par un infirmier entre minuit et 8 heures du matin.

L'attente avant la première évaluation dépend aussi des caractéristiques des patients. "Ceux qui sont amenés par les pompiers ou par le service mobile d'urgence et de réanimation (Smur) [respectivement 7% et 4%] attendent moins souvent plus d'une demi-heure que l'ensemble des personnes accueillies en urgence", note la Drees.

Par ailleurs, "les patients de 75 ans ou plus attendent un peu moins souvent plus d'une demi-heure (11% contre 9% pour les moins de 75 ans)", de même que "les très jeunes enfants".

Le délai d'attente dépend enfin aussi du motif de recours donné au moment de l'enregistrement. Par exemple, les patients qui viennent aux urgences pour des problèmes respiratoires, cardio-vasculaires ou neurologiques "sont moins nombreux à attendre plus d'une demi-heure que les patients qui consultent pour des motifs gynécologiques ou rhumatologiques", indique la Drees.

LES PERSONNES AGEES ATTENDENT LES SOINS PLUS LONGTEMPS

Une fois l'état de santé évalué, place à la "prise en charge médico-soignante", selon le terme utilisé dans l'étude. "La moitié des patients préalablement triés sont pris en charge en 20 minutes", assure la Drees.

Mais là encore, le délai dépend du moment de la journée et des caractéristiques du patient. Ainsi, 23% des patients attendent plus d'une heure le jour, contre 14% la nuit.

Toutes choses égales par ailleurs, "les personnes âgées attendent plus longtemps que l'ensemble de la population entre l'évaluation et leur prise en charge (plus d'une heure pour 22% d'entre elles contre 20%), alors qu'elles sont évaluées plus vite lors de leur arrivée aux urgences", relève la Drees.

Les enfants, eux, sont pris en charge un peu plus rapidement que les adultes : "les moins de 5 ans sont 19% à attendre plus d'une heure", donne-t-elle en exemple.

A noter aussi que "12% des patients pris en charge dans une salle d'accueil des urgences vitales attendent plus d'une heure avant leur prise en charge médicale".

"Le temps d'attente avant le début des soins résulte du cumul du délai entre l'enregistrement et l'évaluation et du délai entre l'évaluation et le début de la prise en charge médico-soignante", explique la Drees, qui ajoute que "ce temps d'attente reflète le triage dans les structures des urgences".

Au total, si 70% des patients sont pris en charge dans l'heure qui suit leur entrée aux urgences, les soins débutent logiquement plus rapidement pour ceux dont le pronostic vital est engagé, mais aussi pour ceux qui étaient attendus, ceux qui sont arrivés par le Smur (87% dans l'heure) et ceux arrivés en dehors des pics d'activité. Par ailleurs, "le délai est également plus court dans les petites structures".

La Drees remarque aussi que, outre les patients âgés, "ceux qui se présentent avec des motifs liés à la dermatologie, à la rhumatologie ou à la traumatologie, qui vont dans des points d'accueil qui reçoivent une importante patientèle, attendent plus longtemps le début des soins".

Globalement, "la moitié des patients qui ne sont ni hospitalisés en unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD), ni hospitalisés à la suite de leur passage aux urgences, restent moins de 112 minutes aux urgences (délai entre l'enregistrement et la sortie des urgences)".

Pour autant, "les durées diffèrent fortement suivant les éléments techniques de la prise en charge: biologie, radiologie, etc.", remarque la Drees. Ainsi, "un patient qui vient uniquement pour une consultation et qui ne bénéficie d'aucun acte reste, dans la moitié des cas, moins de 74 minutes, et moins de 53 minutes quand le point d'accueil a eu peu de patients ce jour-là".

En revanche, les délais s'allongent "fortement" lorsque la consultation comprend la réalisation d'un acte de biologie : "La moitié des patients restent aux urgences plus de 168 minutes, soit une heure et demie de plus que la simple consultation".

"Quand la consultation s'accompagne d'un acte de soins (pansements, points de suture, etc.), la durée médiane n'augmente que de quelques minutes", constate aussi la Drees.

La Drees répète aussi que l'âge n'est pas neutre dans la durée du passage aux urgences, puisque "même au sein d'un type de parcours (consultation, consultation et soins, etc.), les personnes âgées [y] passent plus de temps", alors que les durées sont plus courtes pour les enfants, "sauf les nourrissons".

UN PATIENT SUR 10 ATTEND UN LIT PENDANT QUATRE HEURES

L'étude s'intéresse aussi au délai entre le moment où la décision d'hospitalisation est prise et celui où le service des urgences trouve un lit.

"Dans près de la moitié des cas, la place est trouvée en moins de 15 minutes, mais dans un cas sur 10, il faut attendre presque quatre heures", note la Drees.

Par ailleurs, "dans 80% des cas, un seul appel suffit pour trouver un lit au patient" et, quand ce n'est pas le cas, "les délais s'allongent mécaniquement, passant d'une médiane de 10 minutes à 50 minutes".

La Drees remarque qu'il est "plus difficile" de trouver un lit pour les personnes âgées "comparées aux personnes plus jeunes, en particulier les enfants. Les délais médians sont ainsi de cinq minutes pour les enfants et de 25 minutes pour les 75 ans ou plus".

"L'absence de tableau de bord des lits disponibles, qui se rencontre parfois dans les établissements publics ou privés à but non lucratif et concerne 8% des patients hospitalisés, va de pair avec des durées médianes d'obtention de lits plus longues", indique-t-elle aussi.

Urgences: sept patients sur 10 attendent moins d'une heure avant le début des soins, Etudes & Résultats n°0929, Drees, août 2015

www.apmnews.com - vl/ab/APM polsan

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