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Zoom sur l'avenir des professions paramédicales

Adaptation aux nouvelles technologies, vieillissement de la population… Le secteur du paramédical garantit des métiers au carrefour de la technique et de l’humain. Mais, entre mutations du secteur, craintes, attentes, conditions de travail et perspectives d’évolution de carrière, les soignants doutent.

Scolaire, libérale, hospitalière … Aujourd’hui, le visage de l’infirmière est multiple. Au plus près du patient et de sa famille, l’infirmière joue un rôle prépondérant dans le cadre du suivi, de l’éducation, de la prévention, mais aussi de la coordination. Même si la filière infirmière est amenée à se modifier, elle continue de se heurter à des inquiétudes, relatives au changement et au manque de soutien des autorités de tutelle. Ces mutations génèrent autant d’inquiétude que d’intérêt.

Malgré les difficultés rencontrées par les nouveaux diplômés pour trouver un emploi, ces derniers ne s’orientent, pourtant, pas forcément vers le secteur médico-social, qui offre de nombreux emplois. Mais, malheureusement, l’orientation vers ce secteur, et notamment dans les EHPAD, se fait plus par défaut que par choix. Le monde médico-social souffre d’un manque d’attractivité auprès des professionnels de santé, et surtout des jeunes étudiants et jeunes diplômés. Pourtant, les études infirmières préparent les étudiants à la prise en charge en établissement médico-social. Le problème se trouve donc ailleurs.

Les métiers liés à l’âge vont générer de nombreux emplois.

« Passionnant » pour les uns, « épanouissant » pour les autres, le métier d’infirmier ou celui d’aide-soignante reste une vocation, et un choix. Même si les métiers du paramédical sont impactés par la crise, la sécurité de l’emploi à moyen et long termes y reste assurée. A l’heure actuelle, la nouvelle génération de professionnels de santé va devoir allier sens de l’humain et maîtrise de la technologie. Cette adaptation aux technologies est amenée à devenir plus présente dans le domaine de la santé, avec l’utilisation des réseaux sociaux internes pour la transmission des dossiers des patients, l’utilisation d’outils nomades, ou encore des nanotechnologies, qui devraient amener une véritable révolution dans le monde de la santé. 

Au-delà de ces mutations, les métiers liés à l’âge vont générer de nombreux emplois, notamment pour les ergothérapeutes et les psychomotriciens. Par ailleurs, des fonctions en rapport avec le management de la qualité vont prendre de l’importance, puisque les patients sont aussi des clients. 

A terme, les professions du paramédical ne seront accessibles que par PACES.

Pour certains intervenants pédagogiques, à terme, les professions paramédicales ne seront accessibles que par PACES. Les concours d’accès à ces métiers deviennent de plus en plus difficiles. Ils attirent de plus en plus de candidats alors que les numerus clausus n’évoluent pas de manière significative. La plupart des concours sont basés sur le programme de terminale S, c’est pourquoi, il est recommandé, aux étudiants qui ne sont pas issus de cette filière, de suivre une année de mise à niveau scientifique. Certains responsables pédagogiques recommandent, aux jeunes, de passer un ou deux jours à suivre un professionnel du métier qui les intéresse, ou de faire un stage dans un IME (Institut Médico-Educatif), par exemple, pour appréhender la réalité de ces professions.

Selon le Syndicat National des Prestataires de Santé à Domicile, du fait du vieillissement de la population et de l’augmentation des maladies chroniques, le nombre de patients des prestataires de santé à domicile ne cesse d’augmenter. Les besoins en diététiciens et infirmiers seront également croissants. Leur présence est obligatoire dans la mise en œuvre et l’accompagnement de certains dispositifs de traitement, comme l’insulinothérapie et la nutrition artificielle. Il existe une palette de métiers dans ce domaine : infirmiers, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, ou encore techniciens médico-techniques.

Besoin majeur de recrutement.

Pour d’autres professionnels de santé, la réforme des formations et leur intégration dans le système LMD (licence, master, doctorat) « désenclave » la formation et génèrent des opportunités de progression, voire d’évolution, qui devraient aider à éviter l’usure professionnelle. Cette évolution est liée à celle du système de santé, avec un glissement de certaines tâches, du médecin vers l’infirmier. Cela impacte jusqu’au métier d’aide-soignant, qui connaît un besoin majeur de recrutement d’ici à 2015, notamment pour travailler avec les personnes âgées.

La réforme permet d’accéder à des masters, par exemple, en coordination des parcours de soins ou en pratique. Elle renforce également les possibilités d’accès à des parcours menant au doctorat, voire à la filière médicale, mais aussi à d’autres métiers ou une possibilité d’évolution européenne.

Décloisonnement des métiers et un besoin de coordination entre médecine de ville et hôpital.

Les infirmiers sortent désormais avec une licence, la spécialité des infirmiers-anesthésistes est, quant à elle, reconnue au niveau master 2. Celle des IBODE est en cours de reconnaissance. C’est également le cas pour les kinésithérapeutes, qui privilégient l’exercice en libéral, et dont les hôpitaux ont beaucoup de mal à les recruter. 

Selon l’Union Nationale des Professions de Santé, le vieillissement de la population et l’accroissement des maladies chroniques entraînent un « décloisonnement des métiers et un besoin de coordination entre médecine de ville et hôpital, mais aussi entre médical et social ». Par ailleurs, pour trouver un emploi, il est important d’être mobile.

Les mutations du secteur de la santé génèrent autant d’inquiétude que d’intérêt.

Le métier d’infirmier reste une fierté : les infirmiers sont profondément attachés à leur métier, qu’ils exercent avec enthousiasme, et ce malgré le manque de reconnaissance éprouvé et des craintes sur l’avenir. Les forces du métier sont la relation avec le patient, la technicité du métier et la diversité de leurs tâches, quel que soit le secteur. 

Depuis quelques années, les sentiments négatifs prédominent dans la profession. Importante démotivation, perte d’espoir, sentiments négatifs pour 70% des professionnels, dégradation des conditions de travail, charge de travail augmentée, voire niveau de stress accru. Certains regrettent également l’organisation des plannings. C’est le résultat d’un sondage réalisé en 2013, par le Syndicat National des Professionnels Infirmiers. Les mutations du secteur de la santé génèrent autant d’inquiétude que d’intérêt.

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